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TUMEURS ÉRECTILES

Peut-être le procédé serait-il simplifié si l'on comprimait la circonférence de la tumeur et la tumeur même avant de faire l'incision ; on éviterait ainsi une hémorrhagie tout au moins inutile.

Sections lentes par les ligatures. — J'ai déjà noté que le procédé d'A. Bérard agissait en partie de celte manière, par une section horizontale ; FayoUe a employé les sections verticales.

Procédé de Fayolle. — A3 millimètres de la base de la tumeur, on enfonce une épingle qui traverse d'un côté à l'autre, en passant dans les tissus sains ; et l'on en place ainsi, parallèlement es unes aux autres, à intervalles égaux et plus ou moins rapprochés, autant qu'il en faut pour embrasser toute l'étendue de la tumeur. On passe ensuite autour des épingles un fil entortillé en huit de chiflre, comme dans la suture de ce nom, en prenant soin que ce fil passe successivement sous toutes les épingles, et soit

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Tumeurs ércctiles. — Procédé de Fayolle.

assez serré, pour que, s'il s'agit d'une simple tache, par exemple, elle soit convertie par le rapprochement de ses bords en un bourrelet saillant, allongé, et perpendiculaire à la direction des épingles.

^ Il convient de remarquer que la suture entortillée fait ici l'office d'une ligature simple, et serait remplacée par celle-ci avec autant d'avantages.

Troisième ^iétrode. — Ablation ou destruction de la tumeur. — On a employé ici tous les procédés usités contre les tumeurs en général : le bistouri, la ligature, l'écrasement linéaire, le fer rouge, les caustiques. Je pourrais renvoyer à ce qui en a été dit (page 116), cependant il sera bon d'ajouter quelques mots.

]<> Ablation par le bistouri. — Un précepte auquel on a attaché longtemps une grande importance était de s'éloigner autant que possible, dans la dissection, des limites de la tumeur, de peur d'avoir affaire, si l'on divisait la tumeur même, à une hémorrliagie en nappe presque incoercible. Celte précaution est sage pour les tumeurs d'un très grand volume; pour celles d'un volume médiocre, on peut l'omettre sans danger.

2° Ligature enmasse. — L'application delà ligature à l'ablation des tumeurs érectiles remonte à A. Paré : « Celles qui sont médiocrement larges et esleuées en tumeurs, dit-il, seront liées selon leur largeur et grosseur, passant une aiguille au travers de leur racine en trois ou quatre endroits, plus ou moins, que est le moyen de les faire tomber, n ayant plus de nourrissement et de vie. »

Tous les procédés de ligature sont applicables ici, et la striction est suffisante en serrant les fils par un double nœud. C'est pour ces sortes de tumeurs que Rigal a imaginé son procédé de suture (Voy. p. Ai), dont il a obtenu de très beaux résultats, et que Malgaigne a appliqué avec ,1e même succès. La tumeur, ainsi étreinte à sa base, se mortifie en bloc, devient dure et noire, et, en se détachant, laisse une surface couverte de superbes bourgeons charnus.

3° Ecrasement linéiaire. — Chassaignac y a eu recours avec succès et sans qu'il y ait eu d'hémorrhagie.

i" Cautère actuel. — Maunoir en a obtenu un succès complet. Dupuytren le regardait comme un des moyens les plus puissants et les plus rationnels ; mais les résultats étant plus graves que ceux de l'extirpation avec le bistouri, il convient d'en réserver l'emploi pour les tumeurs trop étendues, trop minces, trop confondues avec les tissus sains pour qu'il soit possible de les extirper ou pour consumer les débris du tissu morbide qui aurait échappé au bistouri.

5° Caustiques. — On a employé divers caustiques, Wardrop appliquait la potasse caustique, non pas pour cautériser la tumeur en masse, mais pour y déterminer une ulcération qui, d'après lui, s'étendait rapidement à la totalité du tissu érectile. A. Bérard, pour de petites tumeurs, préférait la pâte de Vienne; mais la pâte de Vienne exposant aux hémorrhagies. Bonnet la réservait pour attaquer les téguments, et y substituait immédiatement la pâte de chlorure de zinc.

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