INCISIONS
dedans et de dedans en dehors. Mais la manière de s'en servir étant suffisamment connue, nous ne nous occuperons que des incisions au bistouri. Elles se pratiquent avec ou sans conducteur.
i^ Sans conducteur. Premier procédé . — Le bistouri droit, tenu en seconde position (fig. 6), pénètre d'abord par ime ouverture déjà existante, ou plonge lui-même presque perpendiculairement dans une collection de liquide ; puiss'abaissantde telle sorte que le dos de rinstrument fasse avec la peau un angle de ^5 degrés, il marche ainsi en tendant et en divisant sur son tranchant oblique la portion de peau à diviser, et se relève perpendiculairement pour finir Tincision.
Si Ton veut inciser contre soi par ce procédé, il faut tenir le bislouri en première position, lapoin^te en arrière ^g. 5).
Deuxième pi^océdé, — Le bistouri droit tenu en quatrième position, on fait un pli à la peau; on traverse ce pli à sa base, en enfonçant le bistouri jusqu'au talon, et Ton coupe le pli en entier en retirant l'instrument, et faisant agir le tranchant du talon à la pomte.
Si le pli était petit, du même coup on traverserait sa base et on l'inciserail tout entier ; c'est ce qu'on fait aussi pour quelques abcès superficiels.
Troisième procédé, ^ Une première incision étant faite, si Ton veut l'agrandir ou y en joindre une autre, on enfonce le bistouri à plat, en quatrième position, sous la peau, aussi loin qu'on le juge nécessaire ; alors on retourne le tranchant en haut ; par un mouvement d'abaissement du poignet, on traverse la peau avec la pointe, et Ton relire ainsi le bistouri avec la peau qu'il soutient, et qui se conpede la pointe au talon sur son tranchant oblique.
C'est ce procédé que l'on suit quelquefois pour les dernières branches des incisions en T ou en croix.
Quatrième procédé. Incision à lambeau, — On n'en use guère que dans les amputations. La portion qui doit être taillée en lambeau est soulevée avec les doigts de la main gauche ; on la traverse à la base, de part en part, avec le bistouri tenu en troisième position, mais à plat; et, en retirant le bistouri et par des mouvements de scie, s'il est nécessaire, on coupe un lambeau demi-circulaire aussi long et aussi épais qu'on le désire.
2* Avec un conducteur. Premier* procédé. — Une sonde cannelée étant introduite sous la peau jusqu'au point où doit finir l'incision, on place la pointe du bistouri sur sa cannelure, l'instrument en
quatrième position, incliné à ^5 degrés. On le fait marcher ainsi en incisant jusqu'au cul-de-sac de la sonde; là on le relève perpendiculairement, et on le retire, soit seul, soit en môme temps que la sonde.
Deuxième procédé, — La sonde introduite à F ordinaire, on glisse le bistouri à plat en quatrième position, jusqu'au cul-de-sac ; alors on relève à la fois le tranchant et la pointe ; celle-ci traverse les téguments, et l'on achève l'incision comme il a été dit.
ÎII. — locislon» soiia-ciitanées.
Elles se pratiquent soit avec le bistouri droit ordinaire, soit avec le ténotome, ou quelque autre instrument spécial. Elles ont pour objet essentiel de laire à la peau la plus petite ouverture possible, afin que la cicatrisation de cette petite plaie s'opère du jour au lendemain et permette aux tissus divisés plus profondément de se réunir à leur tour hors du contact de l'air, et sans qu'une inflammation trop vive y appelle la suppuration.
Premier procédé. — La peau tendue comme pour une incision ordinaire, on porte à plat le bistouri sous la peau jusqu'à l'endroit où doit commencer l'incision ; alors on dirige le tranchant en bas, en haut, ou de côlé, selon le sens dans lequel on veut couper, et on le relire en pressant, de telle sorte que l'incision finit à Tendroit même de la piqûre.
Deitxièm.e procédé, — On fait faire un plia la peau, et l'on traverse ce pli à la base, sans faire cependant sortir la pointe de l'autre côté; après quoi, le pli étant abandonné à lui-même, on se comporte comme dans le premier procédé.
Troisième procédé. — On attire fortement les téguments d'un côté, de telle sorte que la piqûre ne réponde plus à l'une des extrémités de l'incision ; mais que, quand l'incision est faite et l'instrument retiré, les téguments, revenant sur eux-mêmes, éloignent la plaie sous -cutanée de la piqûre extérieure. On est ainsi bien plus assuré encore contre la pénétration de l'air ; précaution quelquefois surabondante, quelquefois aussi indispensable.
Quatrième procédé. — On commence par faire une piqûre à la peau avec une lancette, et par cette piqûre on fait pénétrer un ténotome mousse. Ce procédé est beaucoup plus prudent que les autres, quand on opère sur une région où l'on pourrait piquer des nerfs ou des vaisseaux.