‹ Manuel de médecine operatoire v.2Chapitre 142 sur 201 · VI. — Réseetion de Tos maxillaire Inférieur · texte numérisé non relu

VI. — Réseetion de Tos maxillaire Inférieur

Dupaytren le premier a pratiqué la résection du corps de cet os en 1812; puis on a enlevé la moitié de la portion horizontale ; puis on a emporté la portion horizontale tout entière, en ne laissant de l'os que la partie supérieure de ses deux branches ; puis on a désarticulé Tune de ses branches, et enûn on a séparé Tos de ses deux articulations à la fois. Mais ceci se rattache aux résections articulaires, et il ne sera question ici que des trois premières sortes de résections.

1* Résection du corps de Vos; procédé de Dupuytren, — Le malade assis comme pour la résection de l'os maxillaire supérieur, le chirurgien commence par diviser de haut en bas, sur la ligne médiane, toute l'épaisseur de la lèvre inférieure jusqu'à la base de la mâchoire ; puis, après s'être assuré avec l'indicateur gauche de la saillie de l'os hyoïde, il prolonge jusque-là son incision, qui ne doit plus diviser que la peau et le tissu cellulaire. De là résultent deux ^beaux que l'on dissèque de chaque côté jusqu'aux limites du mal, en rasant l'os pour éviter les artères labiales. Ces lambeaux sont renvei*sés en dehors et confiés à des aides ; on incise le périoste sur l'os, dans les points où la scie doit porter ; el, après avoir bien reconnu les limites de la résection, on arrache de chaque côté la dent correspondante pour faciliter l'action de la scie. A ce moment, l'opérateur armé d'une scie à main très -fine, ou d'une scie en crête de coq, passe derrière le sujet : dans cette position, la section de l'os est plus facile, landis que, si l'on demeure en avant, l'extrémité de la scie entre dans la bouche et heurte contre la voûte palatine, ce qui double la difficulté de l'opération. On garantit d'ailleurs le nez et la lèvre supérieure avec une lame de plomb, une

feuille de carton ou une compresse épaisse. La portion d*os ma&ade étant sciée, le chirurgien se reporte en avant, la saisit de la mai gauche, plonge un bistouri droit de bas en haut derrière Vos, et ! incise les chairs qui s'y rattachent en rasant F os de gauche à dnÀe; | tandis qu*un aide écarte la langue, soit avec une spatule, soit aia le pavillon d'une sonde cannelée. L'opération est faite ; on lie la vaisseaux ; on rapproche les os et les lambeaux de peau, <pi'« réunit par suture, en laissant toutefois à Tangle inférieur unespM suffisant pour y placer une petite mèche de charpie, et fayotint au besoin l'écoulement de la suppuration.

Quand retendue de la résection osseuse oblige à retrancheras partie de la peau, on circonscrit le lambeau à enlever entre den incisions qui figurent un V, de manière à rapprocher toujours ks bords sur la ligne médiane.

Si l'incision longitudinale ne suffisait pas, à raison de TéteiàM du mal^ on la ferait cruciale, en longeant la base de Tos maxillaire

Les artères sous-mentales, labiales, linguales, donnent en géiè*, rai peu de sang ; on applique dessus les doigts d'un aide, ou oolei lie à mesure qu'on les coupe.

Un accident beaucoup plus grave est la rétraction de la 1 en arrière, après la division de ses attaches à Tos maxillaire; se renverse alors dans le pharynx, abaisse Tépiglotte sur lel de là une suffocation imminente, et, au dire de Bégin, Lall fut même obligé, pour sauver un de ses opérés^ de pratiquer laryngotomie. Certes on ne comprendrait plus aujourd'hui chirurgien s'avisât d'une pareille ressource ; et il suffît de rameMf la langue en avant avec une érigne. Toutefois, pour prévenir o4 accident, Delpech a eu recours au procédé suivant.

Procédé de Delpech. — Avant de scier l'os, on plonge un en arrière, et l'on fait passer par cette incision un gorgeret de bii» qui garantit les chairs ; un autre gorgeret protège la langue et k lèvre supérieure. La section de l'os pratiquée, on saisit la laof* à sa pointe avec une érigne double confiée à un aide ; alors ment on divise ses attaches. Puis, en pratiquant la suture, on a saâ de faire passer une anse de fil à travers le frein de la langue, même à travers les muscles sus-hyoïdiens ; cette anse de fil brasse également les lambeaux cutanés, si l'on fait la suture eBtl^ coupée, ou elle s'attache à l'une des épingles, si l'on préfère F tortillée. Dans un cas, Delpech traversa la pointe de la langue a^ un fil d'or qu'il fixa aux dents voisines ; peu à peu le fil coup* 4 portion du tissu lingual embrassée, mais l'adhésion était ^^ suffisante.

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