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Ha bistouri et de ses dlweraes posltloas

Le bistouri mérite une attention spéciale. On trouve générale^ ment, dans les trousses dites complètes, quatre sortes de bistouris : trois d'abord, qui, d'après la forme du tranchant, sont appelés droit, convexe ) concave ; un quatrième, à pointe mousse, porte le nom de bistouri boutonné. Je dirai tout d'abord que le bistouri concave a disparu de nos trousses ; cependant, il figure encore dans celles des chirurgiens allemands, américains et italiens ; mais il ne sert guère que pour l'ouverture d'abcès faisant saillie à la surface de la peau, ou pour les débridements se faisant de dedans en dehors lorsqu'il existe déjà une ouverture permettant Tintroduction de l'instrument.

Fie. i.

Bistouri concave.

Le bistouri de Gooper (fig. 3, A), boutonné et tranchant seulemen dans une étendue de 2 centimètres, est à peu près le seul bis touri concave dont on fasse encore usage en France et seulemei dans le débridement des hernies.

La forme du bistouri convexe a beaucoup varié, suivant que 1 centre de la courbe se rapprochait plus ou moins de l'extrémité d la lame. Régulièrement convexe (fig. 2, A), l'instrument ne pei servir que pour de larges dissections faites en dédolant, aussi n'es il d'aucun usage en chirurgie, il n'est guère employé que sur cadavre. La seconde courbure (R) est plus usitée. La troisièn forme (G), qui ne se rencontre pas dans les trousses françaises, est t

BlttTOUHI. »

contraire celled'un bistouri convexe, dont se servent assez fréquemment, les chirurgiens anglais et américains pour l'extirpation des tumeurs. Le tranchant, reporté tout à fait à l'extrémité de la lariie, est presque perpendiculaire à son a\e longitudinal, disposition assez favorable pour les larges dissections, lorsqu'on n'agit pas dans les régions dites dangereuses.

droit, devenu tui-ro£me légèrement convexe, et si la plupart des chirurgiens l'emploient dans beaucoup de cas à la place du bistouri droit, c'est sans pi'éférence raisonnée, et uniquement parce qu'ils l'ont sous la main.

Le biitouri droit tel qu'il existait il y a quelques années, tel qu'on le retrouve encore dans quelque; trousses étrangères et dans DOS boites de scalpels, méritait tout ù fait ce nom. Le tranchant

formait une ligne droite du talon à la pointe (fig» 2, D Ë), condition des plus défavorables, car Tinstrument incliné sur la surface de la peau n'agissait guère par le tranchant, mais seulement par la pointe et déchirait plutôt qu'il ne coupait. Tel qu'on le fabrique aujourd'hui, ce bistouri a sa pointe à peu près sur l'axe de la lame; le tranchant, aussi droit que l'exigent les ponctions et lesincisions les plus régulières, offre une très-légère convexité qui le met en rapport avec les tissus dans une plus grande étendue, condition favorable pour les dissections ; le bistouri droit est donc devenu un bistouri légèrement convexe ; aussi est-il peu d'opérations ou le bistouri convexe ne puisse être remplacé par le bistouri droit.

Que l'on se borne au bistouri droit ou que l'on conset*ve le bistouri convexe, une considération assez importante s'applique également à tous les deux. J'ai fait voir que la majeure partie des incisions et des dissections ne demandent même pas 3 centimètres de tranchant ou droit bu convexe. Prenez, par exemple, un bistouri droit incliné de 1x0° à /i5° pour poursuivre une incision commencée (fig. 7), l'incision, pour 5 millimètres de profondeur, prend 4 0 millimètres de tranchant, juste le double ; en sorte qu'une incision profonde d'un centimètre, ce qui est beaucoup, n'exige qu'un tranchant de 2 centimètres.

Essayez maintenant le bistouri convexe incliné sur la peau le plus possible (fig. 9) ; la portion du tranchant qui agit ne dépasse pas 15 millimètres ; pressez davantage et avec un bistouri plus gros, vous n'atteindrez pas 3 centimètres.

A la vérité, le bistouri droit peut être appelé à découper à pleine lame des lambeaux palmaires, dans l'amputation des phalanges. Les phalanges les plus grosses, telles que celles du pouce, n'atteignent pas 2 centimètres et demi de largeur ; aux autres doigts la largeur est bien moindre. En donnant donc aux bistouris 3 centimètres et demi de tranchant, on a tout ce qui est nécessaire ; ces énormes lames qui ne respectent pas toujours les doigts du chirurgien font place à des lames fines, dont le talon mousse ne blessera jamais ; et en amincissant le dos, on peut donner à la lame et à la pointe l'épaisseur et la solidité des bonnes lames de canif.

Le bistouri boutonné avait naguère encore la lame aussi longue et aussi large que les autres, avec un bouton à la pointe, saillant de tous côtés. Ce bouton était un obstacle, dans la plupart des cas, au libre jeu de l'instrument; on l'a remplacé par une pointe émoussée. Il faut ajouter que le tranchant n'a pas besoin de plus de longueur que les autres ; et en rétrécissant encore plus la lame, on transforme l'ancien bistouri mousse ou boutonné en un ténotome mousse, instrument infiniment supérieur.

BISTOORI. 5

le bislouri droil et le lénolome mousse, tels sont donc les deux inslrumenis qui remplacent avec avantage tons les outres. D'un autre cûté, les dimensions nouvelles permettent de réunir facilement les deux lames sur un seul manche. Un bistouri double de ce genre se luge, sans trop la surcharger, dans la petite trousse du portefeuille ; la lame du bii'touri droit, large au plus de 5 milliinèlres avec une épaisseur d'un millimètre et demi environ, offre une solidité de pointe et de tranchant incomparable; la lame du ténolome n'a pas 3 millimèlres de largeur, avec un millimètre d'épaisseur.

La lame de l'instrument peut être fixe sur le manche, et alors il retient le nom descafpd/oubicnellepeulse fermer sur le manche, sans ressort, pour n'émousser ni le tranchant ni la pointe; mais quand le bistouri est ouvert, il faut que la lame soit solidement fixée au nnanche par quelque moyen que ce soit, de peur que son tranchant mobile n'aille blesser les doigts du chirurgien.

Les diverses manières de tenir le bistouri se réduisent à cinq principales, qu'on appelle positions du bistouri.

Première position. Comme une plume à écrire, te traw.hant en lins. — Le pouce et l'index placés sur l'articulation de la lame avec

le manche ; te doigt médius sur le plal ou sur le talon de la lame, à une dislance variable selon le besoin ; le trandiant tourné vers la paume de la main (lig h). L'annulaire et le petit doigt servent à prendre un point d'appui.

Cest ainsi qu'on se sert du scalpel pour disséquer ; mais en médecine opératoire, la position se modifie quelquefois de telle sorte, que le tranchant et même la pointe sont tournés vers le chirurgien

a OPËKATIONS ËLÉHENTA1RES.

(fig. 5): c'est ainsi, j)ar exemple, qu'on ouvre les abcès de l'aisselle.

Dmixi^e position. Comme une plume à écrire, le tranekant en haut (flg. fi). — MSine position que la précédente ; seulenaenlle Iranchant regarde du côté cle la face dorsale de la main.

Troisième position. Comme un couteau à découper, le tmnchant en bas (fig. 7), — Le pouce et le médius placés sur l'articulation, l'indicateur appuyant sur le dos et le cOlé externe de la lune, l'aBnulaire el le petit doigt assujettissant le manche dans le creox de la main ; le Iranchant regarde en bas.

(Jette position varie de plusieurs manières. Ainsi le pouce el l'an-

Qulaire avanceni davantage sur le lalon, et métae sur la partie ii-nnrhanle de la lame, surtout f|uand l'incisioD exige plus de pré-

cnution que de force. Si au coutraire la force est nécessaire, l'inilicaleur appuie uniquemeat sur le dos de h lame ; ou même encore

Fio. 8.

l'indicateur se replie avec les deux derniers doigts pour embrasser

le manche, el l'articulai! on du bïslourï est assujettie entre le pouce el la second» phalange de l'indicateur.

Quatriétne posiHon. Comme un couteau à découler, le tranehaitl en haut (fig. H). — C'est la même que la précédi^nte ; seulement l'indicaleur se place sur ta face externe de la lame, plus rarement sur le dos, et le traDchanl est tourné du côté de la Tace dorsale des doigls.

Cinquième position. Comme un archet {fîg. 9). — Le pouce ei le médius ^ ur l'articulatioa du histouri, l'indicateur sur le plat de la lame ; l'anaulaire sur le côté externe du manche, le peljt doigt relevé ; le tranchant tourné en bas. Si l'on veut plus de solidité el de

force, lepelitdoigts'applique également sur le manche, el le n lient assujetti contre le bord cubital de la main.

H. — Dca cls«aBB.

Les ciseaux sont droits, ou courbes sur le plat, ou courhes sur leiranchant ;ces derniers sont peuusilés. La pointe doit Être arrondie, l'articulation modérément serrée et laissant tous les mouvements bien lihres, les branches parallèles quand rinslniment est fermé : c'est ce qu'on nomme ciseaiia; à la Percy. M. Charrière a apporté à la consti-uciiun des ciseaux un perfectionnement réel, en les arliculantpar un tenon fixe qui maintient toujours les lames dans un rapprocliement convenable, et permet de les désarticuler pour

le neltoyage. On s'assure que les ciseaux coupent ca les essayant sur une feuille de papier gris mouillée (Garangeol) .

PosUioti des ciseaux, — Lu phalangette du pouce passée dans l'anneau supérieur, la phidangine de l'annulairB dans l'anneau inférieur ; le méilius placé en avant sous le manche inFérieur ; l'exlrémité de l'index appliqure au niveau du tenon; le petit doigt libre.

Manière d'agir du bistouri el des ciseaux, — On pensait autrefois que le bistouri agissait toujours en sciant, les ciseaux eu pressant, et de là on concluait an rejet des ciseaux comme devant faire des incisions moins nettes el contondre les parties. Aujourd'hui on admet que le bistouri agit aussi un peu en pressant, les ciseaux un peu en sciant; et l'on recommande d'ailleurs avec raison d'allier tes deux mouvements. Je vais plus loin, et je pense que la pression est, dans certains cas, le meilleur moyen d'obtenir des sections nettes; de là même la nécessité de tendre la peau sous le bistouri. Or, comme cette pression n'est nulle part si forte que sous les ciseaux, il en résulte que toutes tes fois que les parties pourront être tranchées d'un seul coup, tes ciseaiixseront l'instrument préférable. La contusion est une idée chimérique ; et quant à la nelleté de l'incision, il suffit de comparer, pour en juger, l'action du bistouri ou des eiscauK sur une compresse, une feuille de papier, une lame cellulaire, el sur toute l'épaisseur de la lèvre dans l'opération du becde-lièvrc. Enlîn, quand des malades intelligents ont pu comparer dans la même opération la douleur déterminée par les ciseaux et le bistouri, c'est généralement celle des ciseaux qui leur a paru la moindre.

Ponr faire scier le bistouri, il faut faire marcher le tranchant snr les tissus qu'on incise ; pour les ciseaux, quand on coupe

10 OPËKATIOMS ËLËMENTAIRES.

quelque parlie très-dure ou très-épaisse, il faut les faire légèrement reculer.

Od a conseillé, pour faire mieux couper les insimnients, de les tremper dans t'huile, idée théorique dont rien ne prouve rutilité. Un meilleur précepte serait d'élever toujours la température des instruments tranchants ou autres, au moins à la température extérieure du corps. On sait d'expérience que le rasoir coupe beaucoup mieux quand il est préalablement chauffé,

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