X. — Ligature de la carotide externe
La ligature de la carotide externe se fait suivant les mêmes principes que celle de la carotide primitive. L'incision est faite suivant une ligne partant un peu en dehors de l'angle de la mâchoire, au niveau du muscle slerno-mastoïdien, pour arriver en dehors du bord supérieur du cartilage thyroïde. On peut encore longer, avec l'incision, le bord antérieur du sterno- mastoïdien. Arrivé sur ce muscle, on le repousse en dehors, on écarte les veines volumineuses (jugulaire, facial, thyroïdienne), qui se présentent à ce niveau et l'on arrive sur la bifurcation de la carotide. 11 faut alors s'assurer du vaisseau qui se présente. La carotide externe, à son origine, est placée un peu pins profondément que l'interne; mais ce caractère induirait très facilement en erreur; il en est un autre beaucoup plus important, c'est l'existence des branches collatérales, l'interne n'en fournissant aucune. 11 faudra donc dénuder l'artère jusqu'à ce que l'on ait trouvé une branche secondaire. On peut encore, avant de serrer le lil, s'assurer de l'interruption de la circulation dans l'artère temporale.
Appréciation, — L'importance considérable qui s'attache à la conservation intégrale delà circulation encéphalique montre, tout de suite, que la ligature de la carotide externe devra être substituée, toutes les fois que cela sera possible, à celle de la carotide primitive. Ce conseil, déjà donné par Maisonneuve en 1351, acquiert la va'eor d'un précepte formel, depuis que nous avons montré par le rapprochement des observations la fréquence et la gravité des accidents cérébraux après l'oblitération de la carotide primitive. On ne peut expliquer que par la non-connaissance de ce fait important
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la si grande fréquence de la ligature du tronc commun carolidicn, et la si grande rareté des cas de ligature de la carolide externe. J'ai pu réunir ill observations de la première, je n'ai pu rassembler que 25 cas de la seconde.
La carolide externe a été liée pour des liémorrhagies dues à la blessure de cette artère ou d'une de ses principales brancbes accidentelle (Engel, de Czemowitz), soit pendant une opératioD (Widmer, de Toronto; Buslier, de Chalham; Wutzer, de Bonn; Foucher), soit pour une héraorrhagie consécutive à une opération (Gunther, de Leipzic) ; ou provenant d'une tumeur vasculairc ulcérée Roser, de Marbourg). D'autres fois, la carotide externe a élf liée pour permettre plus facilement, et à l'abri de l'hémorrbagie, l'enlèvement de tumeurs du crâne ou de la face (Wutzer, 2 cas; Bush, de Bonn ; Scott, de Londres, et Lizars, d'Udimbourg). Pour obtenir la guérison de tumeurs érecliles ou cirsoïdes (Richard, Bertherand, Maisonneuve, Sédillot, Wallace); enfin Maisonneurey eut recoui's neuf fois pour des cancers de la langue.
De ces 25 malades, un seul mourut, et sur ce malade opérf par Maisonneuve en 1849, on avait lié, pour arrêter une hémorrhagie survenue le quinzième jour, la carotide primitive.
Ce résultat est assez remarquable pour qu'on puisse espérer qo* les chirurgiens auront dorénavant recours à la ligature de la carotide externe et non ù celle de la carotide primitive, toutes les foi* que cette substitution sera possible . Dans beaucoup d*observaliofl> on a eu à eombaltre des hémorrliagies secondî\ires dues au réu blissement trop facile de la circulation par les Ihyroïdiennes; aussi croyons- nous qu'il serait prudent de lier séparément ceU^ artère, à une petite distance du tronc de la carotide externe.]