‹ Manuel de médecine operatoire v.2Chapitre 99 sur 201 · LIGATURE DE L'ARTÈRE THYROÏDIENNE · texte numérisé non relu

LIGATURE DE L'ARTÈRE THYROÏDIENNE

à k millimètres au-dessus et dans ^ une direction parallèle, une in> cision d'environ 3 centimètres, comprenant la peau et le peaucier; on tombe ainsi sur le bord inférieur de la glande sous-maxillaire : premier point de ralliement.

Cette glande un peu repoussée en haut, on trouve au-dessous le tendon du digastrique. remarquable par son brillant nacré : deuxième point de ralliement.

A un millimètre au-dessous se présente un cordon blanchâtre^ quelquefois caché par quelques fibres du stylo-hyoïdien ; dégagez-le au besoin avec la pointe du bistouri : c'est le nerf hypoglosse.

Ce troisième point bien reconnu, à 2 millimètres au-dessous, divisez transversalement le muscle hyoglosse, et vous tomberez exactement sur l'artère, qui n'est accompagnée d'aucune veine ni d'aucun nerf. La veine faciale est plus superficielle : elle croise obliquement l'incision de dehors en dedans et de bas en haut; il faut donc attaquer la peau et le peaucier avec précaution, et si ct»ttc veine, qui est assez considérable, était mise à découvert, la repousser en dehors.

J'ai pratiqué cette opération dans un cas de cancer de la langue avec engorgement d'un ganglion sous-maxillaire ; en sorte que l'os hyoïde était profondément caché sous les chairs, et qu'il y eut quelque difficulté à s'assurer de sa position. Une autre difficulté vint des mouvements de déglutition du malade, bien qu'endormi à l'aide du chloroforme ; il fallut accrocher avec le ténaculum les tissus fibreux adhérents à l'hyoïde, pour l'assujettir et l'attirer au dehors.

Je dois avertir aussi que chez quelques femmes, l'os hyoïde remonte si haut sous la mâchoire, que la glande sous-maxillaire recouvre sa grande corne, et la dépasse même de plusieurs millimètres en bas : alors l'artère linguale est à une profondeur si considérable, que l'opération exige une énorme incision extérieure, même sur le cadavre, et que, sur le vivant, elle serait probablement impossible à mettre à exécution.

Appréciation, — [J'ai pu réunir, en y comprenant le cas cité plus haut par Malgaigne^ 13 cas de ligature de la linguale. Colomb, à la fin du siècle dernier, opéra, par la ligature de la linguale et l'ouverture du sac, un anévrysme de cette artère. Liston lia les deux linguales dans Tespoir de combattre une hypertrophie de la langue ; Flaubert, Mirault, Roux, Roser (3 cas). Bruns, Tiersch (2 cas), eurent recours à cette ligature, quelquefois dans l'espoir de guérir la maladie, le plus souvent pour se mettre à l'abri de l'hémorrhagie pendant l'extirpation d'un cancer de la

langue. Aucun des opérés, sauf peut-être Tun des deux malades de Thiersch, mort le onzième jour, ne succomba par le fait de k ligature.

Aujourd'hui qu'il est démontré que la ligature de Vartère piincipale ne peut guérir un cancer, et que nous avons à notre disposition l'écrasement linéaire et la galvano-caustique, on ne voit guère d'indication à pratiquer la ligature de la linguale, et si Tod avait affaire à une hémorrhagie de la région sus -hyoïdienne ou sublinguale, il serait préférable de lier la carotide externe.]

XI II. — Ugature de la thyroïdienne supérieure.

[L'artère thyroïdienne supérieure a été liée U fois, par Morgan, Butcher, Tiersch et Jameson, pour des hémorrhagies conséculives à des plaies de la région. J'ai pu rassembler 31 cas de ligatures pratiquées dans le but de guérir le goitre ou les tumeurs vasculaires des corps thyroïdes. C'est en faisant l'histoire de ces maladies que j'examinerai la valeur thérapeutique de cette opération. Ce que je puis dire ici, c'est qu'elle n'a guère donné de résultat; que souvent elle a été suivie d'hémorrhagie, et que 7 fois elle a été suiTif de mort. Cette ligature n'a presque jamais été pratiquée que par des chirurgiens étrangers. Si l'on voulait y avoir recours, ce qu'on ne saurait conseiller, on découvrirait l'artère à son origine par b procédés employés pour la ligature de la carotide exlenie.]

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