CONDUCTIBILITÉ POUR LA CHALEUR
La conductibilité des corps cristallisés pour la chaleur peut mettre en évidence, dans le cas des substances opaques, des caractères analogues à ceux qu'on tire des propriétés optiques biréfringentes pour les substances transparentes. En rapportant les phénomènes à trois axes thermiques rectangulaires entre eux, M. de Senarmont a en effet conclu de ses expériences les principes suivants (3). 1
4° Dans les cristaux du système cubique, la conductibilité est égale en tous sens et les surfaces isothermes sont des sphères.
(4} Mémoire sur un nouveau procédé propre à mesurer l'indice moyen et l’écartement des axes optiques dans certaines substances où cet écartement est trèsgrand. Comptes rendus des séances de l’Académie des Sciences, tom. LIT, avril 4861. Ê
(2) Dans les cristaux posihfs, on a À > 45° et V — 90° — à; dans les cristaux négatifs, À est < 45° et égal à V.
(3) Annales. de chimie et de physique, 3° série, tom. XXI, XXII et XX VII.
xxXVI INTRODUCTION.
2° Dans les cristaux des sysièmes quadratique et rhomboëédrique, il y a un axe de plus grande ou de plus petite conductibilité coincidant avec l'axe principal cristallographique, et les surfaces | isothermes sont des ellipsoides de révolution allongés ou aplatis dañs la direction de cet axe.
3 Dans les cristaux dérivant du prisme rectangulaire ou rhomboïdal droit, les surfaces isothermes ont trois axes inégaux coincidant avec les axes cristallographiques pris parallèlement aux arètes du prisme rectangulaire.
4 Dans les cristaux du système clinorhombique, les surfaces isothermes ont trois axes inégaux dont l’un coincide avec la diagonale horizontale de la base, tandis que les deux autres, compris dans le plan de symétrie, ont dés directions indéterminées à l’avance. È
5° Dans les cristaux dérivant du prisme doublement oblique, les surfaces isothermes ont trois axes inégaux sans position déterminée à l'avance.
Pour les cristaux à un axe, il ne paraît pas exister de relation constante entre l’axe d'élasticité optique maximum ou minimum et l’axe de plus grande ou de plus petite conductibilité calorifique. Ainsi parmi les substances examinées par M. de Senarmont, le quartz (+), le béryl (—), le calcaire (—), la cassitérite (+), le rutile (+), et le protochlorure de mercure (+) ont tous leur plus grand axe de conductibilité parallèle à l'axe principal; l'idocrase, le héryl, la tourmaline et le corindon, tous optiquement négatifs, ont au contraire leur plus petit axe de conductibilité parallèle à l'axe. Pour les cristaux dérivant du prisme rhombhoïdal oblique il y a rarement coincidence entre les axes thermiques et les axes d’élastieité optique; dans le gypse et dans le feldspath, les uns et les autres s’écartent même d’une quantité considérable. Malheureusement ce genre d'observations, réduit à l'étude de la conductibilité qui se manifeste autour d’un centre d'échauffement, n’est applicable qu'à des plaques d’une certaine étendue, et lorsque les courbes isothermes produites par la fusion de la cire ‘vierge dont ces plaques sont enduites ont une faible ellipticité, il est difficile d'orienter leurs diamètres
INTRODUCTION. . XEXIX par rapport aux arêtes cristallographiques; cependant, en employant des lames suffisamment minces percées à leur centre d'un très-petit trou et enfilées sur une tige métallique aussi fine que possible, on arrive à des résultats d’une régularité remarquable. |