ARGILE
0 D q r s É u Magnésie » Cu0,25 Zn 0,74 0,44 4,76 41,05. 0,06 Soude » S0,63 S0,83- traces traces » 0,06 Eau 26,75 35,85 M,12 21,13 20,05 30,80 30,45
On voit que la plupart des substances précédentes n’offrent pas une composition constante, ce qui en rend à peu près impossible une classification rationnelle. D’après la manière dont elles se sont en général formées, on doit les considérer plutôt comme des mélanges que comme des minéraux nettement définis.
ARGILE. Thon. Les diverses substances auxquelles s'applique le nom d’argile peuvent être divisées en un grand nombre de variétés lorsque l’on a égard à leur structure comme roche et aux usages qu'en font les arts et l’industrie. Nous nous contenterons d'indiquer ici; 4° les principales argiles proprement dites ou argiles à poteries, produites par voie de transport et de sédiment; 2° les argiles produites par décomposition sur place ou kaolins ; 3° les terres à foulon et les argiles produites par dépôt chimique.
1° Argile. Substance grenue à grains fins. Cassure terreuse. Opaque. Blanche; grisâtre; jaunâtre; noirâtre; quelquefois marbrée de diverses teintes. Happant fortement à la langue. Gonflant et se délayant dans l’eau, avec laquelle elle forme une pâte liante et plastique susceptible d’être étirée et modelée de toutes les facons. Onctueuse au toucher. Très-tendre et se polissant sous l'ongle. Dens. —1,7à 2,7. Au contact de l’air sec, perd une partie de l’eau qu’elle absorbe très-facilement, prend un retrait considérable et se fendille en tous sens. Le retrait paraît augmenter indéfiniment,
par une calcination graduée. Perd à peu près toute son eau de combinaison à la chaleur blanche, et, lorsqu'elle est en fragments, devient assez dure pour faire feu avec l'acier. Infusible au chalumeau, mais éprouvant un ramollissement sensible dans les fourneaux à haute température. Attaquable, en partie par les acides chlorhydrique et azotique bouillants, presque en totalité par l'acide sulfurique. Après une calcination au rouge naissant, l'attaque est aussi facile et quelquefois même plus facile qu'à l’état cru; mais elle est tout à fait nulle si la calcination a eu lieu au rouge blanc. Une lessive de potasse caustique enlève aux argiles préalablement traitées par un acide une quantité de silice proportionnelle à la quantité d’alumine dissoute par l'acide.
Hydrosilicate d’alumine de composition variable, par suite de son mélange avec une certaine proportion de silice, de calcaire, d'oxyde de fer, etc. La plupart des analyses peuvent être représentées par lune des formules,
202 SMÉLITE.
À $i5 + 4 H donnant : Silice 51,89 Alumine 35,65 Eau 12,46; ou ÀI Si5 + 311 donnant : Silice 65,64 Alumine 22,54 Eau 11.82.
Analyses par Berthier : a, d’une argile d’un gris clair (servant à la fabrication des gazettes à porcelaine, à la manufacture de Sèvres), d'Abondant près Dreux, Eure-ét-Loir; b, d'une argile plastique (terre à pipe), grise tachetée de jaune, faisant bien pâte avec l’eau, de Strasbourg ; c, d’une argile d’un gris clair (excellente pour les pots à verrerie), de Forges, département de la Seine-Inférieure; d, d’une argile d’un gris foncé tachetée de jaune, avec paillettes de mica (servant à la poterie commune dite cuite en grès), de Saint-Amand, département de la Nièvre; e, d’une argile d’un blanc un peu blond (alimentant des fabriques de faïence dite anglaise), de la Colonne près Montereau, Seine-et-Marne; f, d’une argile d’un blanc un peu grisâtre (excellente pour la fabrication des briques réfractaires), du Montet près du Creusot, département de Saône-et-Loire; g; d’une argile très-chargée d’anthracite (plombagine renommée pour la fabrication des creusets), de Passau en Bavière.
a b c d e f q Silice 50,6 66,7 65,0 66,7 644 617 41,2 Alumine 35,2 18,2 24,0 24,6 924,6 947) "MENT Oxyde ferrique 0, 1,6 traces 2,5 traces 2,2 8,2 Magnésie » 0,6 » » » + » 1,0 Eau REX 12,0 11,0 9,0 140,0 40,0 1,0 Sable * » 1,5 » » » » CO 33,9
Les argiles mélangées de calcaire dans une proportion qui peut varier de 25 à 50 p. 100 constituent les marnes.
2 Kaolin, Porzellanerde, Porcelain-Clay.
Voy. aux espèces amphigène, feldspath et émeraude.
Smélite. Masses argileuses compactes. Cassure écailleuse ou unie, rarement inégale. Les écailles minces offrent à la loupe une structure fibreuse. Opaque. Mate dans la cassure. Raclure ayant un faible éclat cireux. Blanc grisâtre légèrement bleuâtre. Développant par l’insufflation une odeur fortement argileuse. Happant légèrement à la langue. Dans l’eau froide, dégageant de petites bulles d'air et devenant onctueuse en s’écrasant sous le doigt. Ductile. Se laissant couper au couteau en copeaux minces. Durelé comprise entre celle du gypse et celle du talc. Dens.—2,168. Infusible au chalumeau, mais durcissant et offrant la cassure des poteries de grès. En poudre, peu soluble dans lacide chlorhydrique, presque entièrement dans l'acide nitrique chaud, sans faire gelée.
TT ES rs. bé aa du
ANAUXITE. SAVON DE MONTAGNE. PÉLICANITE. CIMOLITE. 203
Forme une couche au-dessus des porphyres trachytiques dont elle paraît être une altération, aux environs de Telkibänya en Hongrie; se rencontre aussi près Karlsburg en Transylvanie.
Anauxite;Breithaupt. Masses argileuses à structure semi-cristalline. Translucide sur les bords. Eclat faiblement nacré, Blanc verdâtre ou jaunâtre. Dur. —2à3. Dens.—2,264à 2,374, Dans le tube, dégage de l’eau et noircit. Au chalumeau, devient blanche et s’'arrondit sur les bords minces. Avec le nitrate de cobalt, se colore en bleu. Se trouve au mont Hradischt près Bilin en Bohème, dans un filon de basalte altéré; elle renferme fréquemment dans son intérieur de petits cristaux nets d’augite pseudomorphosés en cimolite d’un blanc jaunâtre auxquels se rapportent les analyses et 2, pag. 64.
Savon de montagne. Oropion, Glocker. Bergseife; Werner, Bockseife. Substance à cassure terreuse, quelquefois unie ou raboteuse, ou imparfaitement conchoïdale. Offrant l'apparence du savon à l’état frais, mais se gercant à l'air. Translucide sur les bords ou opaque. Eclat gras dans la raclure. Blanc veiné de bleu; rose nuancé de noir; gris de fumée; jaune d’ocre; brun rougeûâtre; brun noir. Happant fortement à la langue. Se délitant dans l'eau et devenant visqueux. Très-tendre. Onctueux au toucher. Ne tachant pas les doigts, mais laissant un trait sur un corps noir. Imfusible au chalumeau. Faiblement attaqué par l'acide chlorhydrique; complétement décomposé par l'acide sulfurique chauffé, avec résidu de silice gélatineuse. En partie soluble dans une lessive de potasse. Se trouve aux environs de Plombières où il paraît dû à l’altération des granites; en veines ou en nodules dans différentes roches, près de Gôttingen en Hanovre; près de Cassel en Hesse; à Artern et à Waltershausen en Thuringe; près de Dillenburg; à Kutterschütz près Bilin en Bohème; à Olkuez et Miedziana Gora en Pologne; à l’île de Skye, etc. Quelques variétés sont employées au dégraissage des étoffes grossières.
Pélicanite. Masses amorphes à cassure conchoïdale. Translucide sur les bords. Mate dans lacassure. Blanc verdâtre. Déga- * geant l'odeur argileuse quand on l’humecte. Dur.—3,5, Dens.— 2,256. Au chalumeau, blanchit sans fondre. Avec le nitrate de cobalt, devient d’un bleu foncé. Paraît être un produit d’altération du feldspath, qu’on rencontre dans les granites des districts de Berditchef, Lipovetz et Ouman, gouvernement de Kiew.
Cimolite; Klaproth. Amorphe. Cassure terreuse. Opaque. Eclat un peu cireux dans la raclure. Blanc grisâtre ou rougeûtre. Happant fortement à la langue. Absorbant les graisses et se délitant dans l’eau. Très-tendre. Dens. —2,18à 2,21. Au chalumeau, blanchit sans fondre. Se trouve à l’île d’Argentiera ou Kimoli (Kyuwhos des anciens) dans l'archipel grec, où elle paraît constituer:
20% EHRENBERGITE. SMECTITE.
un produit de décomposition des roches irachytiques; au village d'Ekaterincwska, district d’Alexandrowsk, en couche puissante. Comme nous l’avons dit plus haut, c’est à la cimolite qu'on rapporte les cristaux pseudomorphes d’augite engagés dans l’anauxite du mont Hradischt près Bilin.
Ehrenbergite; Nôggerath. Amorphe. Presque gélatineuse à l’état frais; se fendillant, devenant fragile, pulvérulente et opaque par la dessiccation à l'air. Rose clair. Dans l’eau, tombe en morceaux et reprend son aspect primitif. D’après Ehrenberg, une faible calcination lui fait perdre entièrement sa couleur rose, qui reparaïît au contact de l’eau. Forme des enduits dans les fentes du trachyte aux carrières de Steinchen et de Wolkenburg, Siebengebirge.
Analyses : a, de la smélite de Telkibanya, par Oswald ; b, de l’anauxite du mont Hradischt, par de Hauer (moyenne de deux analyses); du savon de montagne, c, de Plombières, par Berthier; d, de Thuringe, par Bucholz; e, de la pélicanite (abstraction faite de 10 p. 100 de quartz), par Ouchakoff; f, de la cimolite d’Argentiera, par Klaproth; 9, de l’'Ehrenbergite, par Schnabel.
a b CHERE e f g Silice 50,0 62,30 46,8 44,0 65,66 63,00 56,77 Alumine 32,0 24,23 93,4 926,5 22,84 93,00 15,17 Oxyde ferrique 2,0 » » 8,0 0,44 4,25 1,65 Oxyde manganeux » D » DL UN » 0,86 Chaux » 0,87 » 05 P0,17 » 2,16 Magnésie » traces 2,1 » 0,56 » 1,30 Soude 2,1 » » » KO,30 » etK 3,18 Perte au feu 43,0 42,34 26,6 920,5 9,31 12,00 ‘47,11 99,1 99,74 98,9 99,5 99,28 99,25 100,00
Densité : » 2,316 » » 2,256 » »
Le savon de montagne que l’on rencontre près de la source savonneuse de Plombières, et qui est connu dans le pays sous le nom de pierre à savon, a été récemment examiné et désigné à tort comme saponite par M. Nicklès. L'analyse a fourni à ce chimiste :
Si 42,30 Al 19,20 H 38,50 — 100 avec de petites quantités de chaux, d'oxyde de fer et de chlore.
3° Smectite. Argile smectique. Terre à foulon. Walkerde; Werner. Walkthon; Hausmann. Walkererde; Mohs. Fullers Earth; Angl. Cassure inégale, terreuse cu écailleuse. .Translucide sur les bords; plus fréquemment opaque. Prenant un éclat gras dans la raclure. Brune; jaune; rouge; gris verdâtre ; blanche, souvent bigarrée. Happant peu ou point à la langue. Dans l'eau, formant rapidement une masse spongieuse ou plastique. Absorbant
MALTHACITE. STÉARGILITE. SCOULÉRITE. CATLINITE. 205
les graisses. En partie onctueuse, en partie maigre au toucher. Dens. — 1,7 à 2,4 Au chalumeau, fond en émail gris opaque. Forme des couches plus ou moins puissantes intercalées dans les terrains oolitique et erétacé. Les principales localités sont : Condésur-Vègre près Houdan, département de Seine-et-Oise; Nutfeld près Reigate, comté de Surrey (renommée pour le foulage des étoffes); les environs. de Maidstone, comté de Kent; Woburn en Bedfordshire, etc.; Vaels près Aix-la-Chapelle ; Rosswein en Saxe; Zwikowetz en Bohème; Lettowitz et Karthaus en Moravie; Fohnsdorf, Eibiswald , Reïfenstein, Friedberg, Gilly, ete., en Styrie; Zengg en Croatie, Olählapos, Offenbänya, Mühlbach, Nagy Bâr, etc., en Transylvanie.
Malthacite. Malthazit; Breithaupt. En petites masses ou : en plaquettes minces. Cassure raboteuse ou imparfaitement écailleuse. Translucide. Blancgrisâätre. Sans happement à la langue. S'amollissant dans l’eau et se délitant un peu. Très-tendre; presque malléable; facile à briser. Dens. — 1,95 à 2,0. Infusible au chalumeau. Forme des enduits dans les fentes d’un basalte près Steindôrfel, non loin de Bautzen en Saxe, et dans un trapp (greenstone) a Liten près Beraun en Bohème.
Stéargilite; Meillet. Amorphe. Semitranslucide. Eclat gras. Blanche; jaune; vert pistache. Dans l’eau, se fendille et finit par se déliter complétement. Se laissant facilement couper en copeaux qui ressemblent à de la cire ou à du savon. Insoluble dans les acides. Trouvée par M.Meillet en amandes engagées dans une argile traversant les calcaires de l’oolite inférieure près du village de Virolet, sur le chemin de fer de la Rochelle, et au tunnel de Poitiers.
Scoulérite. Pierre de pipe. Pipestone,; Thomson. Masses compactes renfermant de petites écailles, ressemblant à une argile schisteuse. Cassure terreuse. Opaque. Bleu grisâtre pâle. Poussière bleu clair. Craquant sous la dent. Se laissant couper. Dur. — 1,5. Dens. —2,61. Infusible au chalumeau. Rapportée par le D° Scouler de la côte Nord-ouest d'Amérique entre le Nootka Sound et la rivière Columbia, Orégon, où les indigènes l’emploient a tailler des pipes.
Thomson a décrit sous le nom de Scoulérite un minéral de Port Rush en Irlande, complétement différent du précédent et qui paraît se rapporter à la Thomsonite (voy. à l'espèce Thomsonite).
Catlinite; Jackson. Sorte d'argile dure ressemblant assez à la Scoulérite, à structure peu homogène et offrant souvent l'aspect de la sanguine ou d’un grès rouge à grains fins. Cassure schisteuse dans un sens, raboteuse dans le sens opposé. Rouge brunâtre ou rouge brique; bigarrée. Poussière plus claire. Se laissant couper au couteau et scier en plaques. La poudre est un peu
206 MILOSCHINE. OCHRAN. STOLPÉNITE,
onctueuse au toucher, Susceptible d’unbeau poli. Dur. = 2 à 3. Dens. — 2,54. Constitue, d’après M. Catlin, des couches horizontales très-étendues au coteau des Prairies dans le pays des Indiens Sioux, à l’ouest du Mississipi, et s’exploite pour la fabrication des pipes.
Farine fossile des Chinois. Matière terreuse hlanche pos-
sédant une odeur et une saveur aromatiques légères. Réduite en poudre et délayée dans l’eau chaude, la couleur tire sur le jaune orangé et l'odeur s’exalte beaucoup. Calcinée dans un tube fermé, elle se charbonne légèrement et dégage des vapeurs ammoniacales. On y a constaté la présence de l'azote dans la proportion de =. La petite quantité de substance organique contenue dans cette terre lui donne en Chine la réputation d’être alimentaire.
Razoumoffskine; John. Substance ressemblant assez à une pimélite altérée ou à une Halloysite d’un blanc verdâtre. Trouvée à Kosemitz en Silésie.
Miloschine; Von Herder. Serbian; Breithaupt. Compacte. Cassure conchoïdale et unie, quelquefois terreuse. Translucide sur les bords. Mate ou faiblement luisante. Bleu indigo ou vert céladon. Poussière un peu plus claire. Happant à la langue. Dans l'eau, se séparant en petits fragments. Un peufriable; facile à briser. Maigre au toucher, Dur.—2. Dens. —2,13. Infusible au chalumeau. Difficilement soluble dans le borax avec réaction du chrome. Incomplétement attaquée par l'acide chlorhydrique. Se trouve à Rudniak en Servie.
Ochran; Breithaupt. Amorphe. Cassure conchoïdale. Faible éclat gras ou vitreux, devenant plus prononcé par le frottement. Jaune. Happant fortement à la langue. Dans l'eau, se brise en fragments: Légèrement onctueux au toucher. Dens, —2,483, Au chalumeau, décrépite, dégage de l’eau pure et colore la flamme en vert par suite de la présence de l'acide borique qui se reconnaît également en faisant digérer le minéral dans l'alcool. Facilement altaqué par l'acide chlorhydrique avec séparation de silice demi-gélatineuse. Trouvé à Oravicza en Banat.
Stolpénite. Bol de Stolpen. Substance argileuse fusible en émail blanc, se trouvant entre des colonnes basaltiques à Stolpen en Saxe. .
Analyses de la smectite : &, de Condé, près Houdan, par Salvêtat; b, de Cilly en Styrie, par Jordan; c, de Reiïgate, par Klaproth; de la malthacite de Steindürfel, d, par Meissner; de la stéargilite des environs de Poitiers, e, par Meillet; de La Scou-
lérite (pipestone), f, par Thomson : de la Catlinite, 9, par Jackson.
Oxyde ferrique Fe1,20 2,07 975 3.1 Fel,A 696 5,0 Ox. de manganèse » » » » Mn4,:8 p 0,6 Magnésie 0,30 4,89 1,25 » » 0,20 6,0 Chaux 1,02 : 2,13 0,50 0,2 D. 9.161096 Soude et potasse 0,40 » trace » 1,70 42,48 »
Eau 21,70 27,89 24,00 35,8 27,00 4,59 8, Silice gélatineuse 1,50 » NaC10,10 » » » »
Analyses : h, de la farine fossile de Chine, par Payen; 2, de la Razoumoffskine de Kosemitz, par Zellner; 7, de la Miloschine de Rudniak, par Kersten; k, de l’ochran d'Oravicza, par Kersten; £, de la $Stolpénite de Stolpen, par Rammelsherg,
h û Î ke l Silice 50,6 ‘54,50 97,50 31,3 45,92 Alumine 26,5 27,95 45,01 43,0 92,14 Oxyde ferrique 0,2 Fe0,25 Gr 3,64 1,2 »
Magnésie 9,1 0,37 0,20 » »
Chaux 0, 2,00 0,30 » 3,90
Eau et matière organique 13,2 H14,25 H23,30 H 21,0 H 25,86
BOL. Bol de Sinopis; Beudant. Bohl; Werner. Bole; Angl. Nous réserverons ce nom pour désigner les substances argileuses contenant une proportion notable d'oxyde de fer. Cassure conchoïdale ou terreuse. Opaque ou. faiblement translucide sur les bords. Généralement mat; prenant un faible éclat cireux par le frottement ou dans la raclure. Brun de diverses teintes, depuis le brun de chàtaigne jusqu’au brun noir; quelquefois rouge ou jaune isabelle. Happant fortement à la langue. Dans l’eau, se brisant en petits fragments avec un léger bruit, sans se ramollir, Gras au toucher. Dur. — 1,5 à 2,5. Dens. — 1,6 à 2 Au chalumeau, fusible en émail jaunâtre ou brun foncé. Donnant avec le borax la réaction du fer. En partie attaqué par l'acide chlorhydrique. Les bols se trouvent principalement en nodules dans les basaltes, les wackes, les amygdaloïdes et les conglomérats basaltiques ; souvent ils-paraissent n'être qu'un produit métamorphique formé au contact du basalte avec le granite ou le grès bigarré. Leurs principales loca-
208 SPHRAGIDE. SINOPITE. RHODALITE. ERINITE.
lités sont : l’'Habichtswald près Cassel et les environs de Marburg en Hesse; le Säsebühl près Gôttingen; l’'Ochsenberg près Dransfeld et le Steinberg près Münden en Hanovre; Striegau en Silésie ; le Scheibenberg en Saxe; le Kausawer Berg en Bohème; le Puy de Pradelles près Clermont en Auvergne; Wildenstein près Büdingen en Hesse-Darmstadt ; Éttingshausen dans le Vogelsgebirge ; les îles Hébrides. J'en ai trouvé un d'un brun foncé, facilement fusible en émail brun noir, dans le lambeau de calcaire pense de Laversines près Beauvais, Oise.
Sphragide; Hausmann. Terra Lemnia. Terra sigillata. Siegelerde des anciens auteurs. Lemnian Earth; Phillips. Cassure terreuse. Gris jaunâtre ou brun jaunâtre. Happant faiblement à la langue. Se transformant dans l’eau en une masse spongieuse. Maigre au toucher. La substance à laquelle Klaproth et Karsten avaient donné le nom de sphragide, en la distinguant des “bols, vient de l’île de Stalimène (Lemnos des anciens). Elle a été longtemps employée en médecine.
Sinopite. Sinopis des anciens. Sinopische Erde; Klaproth. Cassure terreuse. Opaque. Mate. Rouge brique moucheté de blanc. Happant fortement à la langue. Se divisant dans l’eau en gros fragments sans tomber en poussière. Friable. Noircissant au chalumeau. La sinopite analysée par Klaproth venait de l'Asie Mineure ou Anadoli. Dans l'antiquité, la terre de Sinope employée pour la peinture était expédiée de la Cappadoce à Sinope, d’où le commerce la tirait. Il est à peine besoin de faire remarquer que cette substance n’a aucun rapport avec le quartz hématoïde ou Sinopel, de Hongrie.
La plinthite de Thomson paraît voisine dé la sinopite. Cassure conchoïdale et structure terreuse. Opaque. Rouge brique. Sans happement à la langue. Dur. —2,75. Dens.—2,342. Au chalumeau, devient noire sans fondre. Trouvée dans le comté d’Antrim en Irlande.
Rhodalite; Thomson. Masses terreuses probablement pseudomorphiques, paraissant composées d’une multitude de petits prismes rectangulaires à base carrée. Rose clair. Dur. — 2 environ. Dens. — 2. Infusible au chalumeau. Donnant avec le carbonate de soude un verre bleu verdâtre dans la flamme oxydante, jaune dans la flamme réductive. Se trouve disséminée avec calcaire terreux et petits cristaux de chabasie, dans une amygdaloïde, en Irlande.
Erinite; Thomson. Compacte. Cassure conchoïdale. Opaque. Eclat résineux. Rouge jaunâtre. Toucher savonneux. Dur. = 1,75. Dens. — 2,04 Au chalumeau, blanchit sans fondre. Trouvée près de la Chaussée des géants, comté d'Antrim en Irlande.
TÉRATOLITE. HVERLERA. MELINITE. 209
(On sait que le nom d’érinite a aussi été employé pour désigner deux arséniates de cuivre différents.)
Tératolite;Glocker. Eisensteinmark; Breithaupt. Festes Steinmark; Hausmann. Verhärtetes Steinmark; Werner. Argile lithomarge violacée; Haüy. Lithomarge de Rochlitz; Beudant. Terra miraeulosa Saxoniæ, en partie. Sächsische Wundererde des anciens auteurs. Cassure conchoïdale ou raboteuse. Opaque. Mate; prenant de l'éclat par le frottement. Gris bleu de lavande tirant au rouge ou au gris de perle, et offrant des marbrures. Maïgre au toucher. Happant à la langue. Dur. — 92,5. Dens. — 2,496. Infusible au chalumeau. Donnant avec le borax la réaction du fer. Forme des couches compactes, quelquefois poreuses et offrant des empreintes végétales, intercalées au milieu de la formation carbonifère des environs de Planitz près Zwickau en Saxe.
Hverlera; Forchammer. Substance argileuse blanche ou rouge produite par l’action des acides sulfurique et carbonique sur les argiles ferrifères provenant des roches trappéennes de Krisuvig en Islande.
Mélinite. Gelberde; Werner. Ocre jaune, en partie. Argile ocreuse jaune; Haüy. Yellow Earth. Cassure terreuse. Structure plus ou moins feuilletée. Prenant de l'éclat par le frottement. Jaune d'ocre. Happant fortement à la langue. Se brisant dans l’eau et y devenant quelquefois plastique. Très-tendre et mème friable. Tachantles doigts. Un peu grasse au toucher. Dens. — 2,24. Infusible au chalumeau. Devenant noire et magnétique à la flamme réductive. En partie attaquée par l'acide chlorhydrique. Forme des couches mélangées d’argile et de sable ou des rognons au milieu des sables argileux. Les ocres les plus estimées ou les plus connues sont exploitées à Vierzon, département du Cher (vierzonite de quelques auteurs); à Pourrain près d'Auxerre, département de l'Yonne : à Saint-Amand-en-Puisaye, département de la Nièvre; près de Münden et à Schoningen en Hanovre; à Wehrau, dans la Lusace (Lausitz), en Prusse; à Robschütz près Meissen en Saxe. La variété nommée m élinite vient d’Amberg dans l’Oberpfalz en Bavière.
Analyses des bols : a, du Säsebühl près Dransfeld, par Wackenroder; b, d'Ettingshausen; c, du Puy de Pradelles, toutes deux par Lôwig; d, de Striegau en Silésie, par Zellner; du sphragide de l'ile de Stalimène, e, par Klaproth; de la sinopite d'Asie Mineure, J, par Klaproth;, de la plinthite du comté d'Antrim, g, par Thomson.
210 NONTRONITE. PINGUITE.
a d c d e f ne Silice 1,9 42,00 41,05 42,00 66,00 32,0 30,88 Alumine 20,9 924,04 25,03 20,12 44,50 26,5 20,76 Oxyde ferrique 12,9, 40,03 : 8,09, 18,53 216,00) M2 02616 Magnésie » 0,43 0,50 2,01 0,25 » »
Chaux » 0,52 0,45 2,81 0,25 NaClA,5 2/60 Potasse » » » 0,50 Na 3,50 DC »
Eau 24,9 2h03 24,02 24,00 8,50 17,0 19,60
Analyses : de la rhodalite d'Irlande, hk, par Thomson; de l’érinite du comté d'Antrim, 2, par Thomson; de la tératolite de Planitz, ÿ, par Schüler; de la Hverlera de Krisuvig, k, par Forchammer; de la mélinite; Z, d'Amberg, par Kühn; m, jaune pâle, de localité inconnue, par de Hauer.
k t Î k l m Silice 55,9 47,03 41,66 60,99 ,33,23 46,5% Alumine 8,3 18,46 22,85 7,39 AE 26,79 Oxyde ferrique A1,k 6,36 42,98 21,21 37,76 14,92 Oxyde manganique trace » 1,68 » » »
Magnésie DORE IE e 04 »
Chaux 1,1 1,00 3,04 Ti0,46 » 0,39 Potasse » NaCI10,90 0,93 » » »
Eau 22,0 25,28 14,20 » 13,24 11,36
NONTRONITE. Amorphe. Cassure ifégale ou écailleuse. Opaque. Mate; offrant un éclat cireux dans la raclure. Jaune paille; blanc jaunâtre ou jaune serin un peu verdâtre. Très-tendre, Onctueuse au toucher. Devenant translucide dans l’eau en dégageant des bulles d'air. Dens. — 2,08. Au chalumeau, brunit d'abord, puis noircit et devient magnétique sans fondre. Facilement soluble à chaud dans les acides, en faisant gelée. Se trouve en rognons de diverses grosseurs, à S'-Pardoux, arrondissement de Nontron, département de la Dordogne, au milieu de minerais de manganèse; à Montmort, arrondissement d’Autun, département de Saône-et-Loire, dans le granite; à Andréasberg au Hartz; à Tirschenreuth dans l’'Oberpfalz en Bavière; dans le duché de Nassau, tapissant les fentes d'une couche d'hématite rouge; à Marcognac près Saint-Yrieix, Haute-Vienne, (On trouve dans la minéralogie de Beudant la description d'une nontronite d'Andréasberg sous le nom de fossile terreux vert serin d'Andréasberg.)
Pinguite; Breithaupt. Masses amorphes, quelquefois pseudomorphiques de fluorine. Cassure conchoïdale ou esquilleuse.
GRAMÉNITE. FETTBOL. CHLOROPALE. 211
Translucide sur les bords ou opaque. Eclat gras faible, plus prononcé dans la raclure. Vert serin; vert olive ou blanc verdâtre. Poussière plus claire. Ductile; se laissant couper comme du savon, à l’état frais. Onctueuse au toucher. Sans happement à la langue. Se ramollissant très-lentement dans l’eau. Dur.= 1. Dens.— 92,315. Au chalumeau, devenant noire et fondant sur les bords. Donnant avec le borax la réaction du fer. Facilement attaquée par l'acide chlorhydrique avec dépôt de silice pulvérulente. Se trouve dans des filons de barytine traversant le gneiss à Wolkenstein et Geïlsdorf en Saxe; dans une couche d'hématite rouge à Rothehütte près Elbingerode au Hartz; dans les fentes du basalte aux environs d'Eisenach en Saxe-Weimar.et près de Suhl dans le Thuringer-Wald.
Graménite; Krantz. Graminit. En veines minces composées de fibres ou de petites lamelles serrées les unes contre les autres et ressemblant quelquefois à un gazon. Vert d'herbe. Douce au toucher. Happant faiblement à la langue. Ne se divisant pas dans l'eau. Dur.—1. Dens.—1,87 (séchée à 100°. Au chalumeau, devient brun foncé et magnétique. Difficilement mais complétement soluble dans les acides avec séparation de silice écailleuse. Se colore en brun comme la pinguite dans une lessive de potasse ou de soude. Se trouve engagée dans la masse même ou remplissant les cavités d'une wacke près du Menzenberg dans le Siebengebirge sur les bords du Rhin.
Fettbol; Freiesleben. Amorphe. Cassure unie ou conchoidale. Opaque. Brun. Eclat cireux faible, plus prononcé dans la raclure. Un peu onctueux au toucher. Sans happement à la lanque. Dens.—2,249. Au chalumeau tombant en fragments. Soluble dans les acides avec dépôt de silice. On l’a rencontré dans des filons aux environs de Freiberg et dans des calcaires, à Miltitz et Scheibenberg en Saxe. Le nom de fettbol s'applique plutôt à un ensemble de bols gras au toucher, qu'à une espèce particulière.
Chloropale. Unghwarite; Glocker. Amorphe. Cassure conchoidale, esquilleuse, ou terreuse. Translucide sur les bords ou opaque. Eclat faible, un peu plus prononcé dans la raclure. Vert serin ou vert pistache, avec des taches brunes. Poussière plus claire. Happant faiblement à la langue. Maigre au toucher. Dur. — 9,5 à 4,5. Dens.—92,1à 2,2. Au chalumeau, les variétés à cassure conchoïdale noircissent d’abord, puis brunissent sans fondre. en devenant magnétiques; les variétés terreuses fondent sur les bords en scorie noire. Avec les flux, réaction du fer. En partie attaquée par l'acide chlorhydrique. Devient immédiatement d'un brun foncé dans une lessive concentrée de potasse. La chloropale se trouve plus ou moins intimement mélangée à l’opale #laquelle elle parait passer insensiblement, d'après les quantités variables de silice qu'elle contient. On la trouve à Ünghvär et Munkäcs en
LA
212 DEGÉROITE. ”
Hongrie, avec quartz résinite (halbopal) jaune, à Luckau en Moravie dans un calcaire, avec une opale vert serin dont elle semble être un dérivé; à Haar et à Leiïtzersdorf près Passau en Bavière ; au Meenser Steinberg près Gôttingen; à Andréasberg au Hartz, accompagnée d’hématite rouge, dans un filon au milieu du schiste argileux.
Analyses de la nontronite : a, de Montmort, par Jacquelain; b, vert clair, d’Andréasberg, par Mehner; c, de Tirschenreuth, par Müller; d, de la pinguite de Wolkenstein en Saxe, par Kersten; e, de la graménite du Menzenberg, par Bergemann, j, dufettbol de Halsbrücke près Freiberg, par Kersten.
a b € d e f Silice L1,31 40,49 ETA0 36,90 38,39 46,40 Oxyde ferrique 35,69 33,70 35,75 29,50 25,46 23,50 Alumine 3,34 1,09 7,15 1,80 6,87 3,01 Oxyde ferreux » 2,25 » 6,10 2,80 »
Oxyde manganeux da » » 0,14 0,67 trace Magnésie Cu 0,90 » » 0,45 0,75 »
Chaux 0,19 4,11 » » 0,56 »
Potasse D) » » » 4,1% »
Eau 48,63 21,84 10,00 25,14 23,36 24,50
Analyses : de la chloropale, g, terreuse, de Hongrie, par Bernhardi et Brandes; À, à cassure conchoïdale, t, à cassure terreuse, du Meenser Steinberg près Gôtiingen, par Hiller; 7, de l’unghwarite d'Unghvär, par de Hauer,
g k è j Silice 45,00 74,6 39,7 . 58,12 Oxyde ferrique 32,00 16,3 28,0 Fe 24,27 Alumine 0,75 2,1 3,1 »
Magnésie 2,00 4,5 2,4 »
Chaux » » » 0,66 Eau 20,00 8,3 26,1 20,27 99,75 99,8 99,9 14100,32
Il est probable que c’est à l’état d'oxyde ferreux que le fer existe dans toutes les variétés de chloropale, comme M. de Hauer la constaté pour l’'unghwarite.
DEGÉROITE ; Kutorga. Amorphe. Brune. Paraît se rapporter à la formule : Fe Si? + 3H. L'analyse a donné à Thoreld :
m TE pe ù ; ; :
Si 36,60 Fe41,40 A10,80 Fe1,16 Ca2,90 Mg 2,50 H13,70 — 99,06. Observée à l’île Degerd près Helsingfors en Finlande.
“WOLKONSKOÏTE. CHROMOCRE. URANOPHANE. 213
WOLKONSKOITE ; Kokscharow. Wolchonskoit ; Kämmerer.
Amorphe ; en nodules ou en rognons. Cassure conchoïdale. Opaque. Mate ou offrant l'éclat cireux dans la raclure. Vert émeraude; vert pistache ou vert noirâtre. Poussière un peu plus claire. Grasse au toucher. Dur. — 2 à 2,5. Dens. — 2,2 à 2,3. Donne de l’eau dans le matras. * Infusible au chalumeau. Réactions du chrome et de la silice avec le sel de phosphore. Forme de petits filons ou des amas au milieu de sables ferrifères appartenant à la formation permienne , dans le cercle d'Ochansk, gouvernement de Perm en Russie, où on l’emploie pour la peinture.
Chromocre. Chrome oxydé natif. Chromocher; Allem. Oxyde chromique; Beudant. Mélanges terreux d'oxyde chromique en proportions variables avec différentes substances. Vert émeraude; vert céladon; vert pomme. Infusible au chalumeau. Donnant au borax une couleur vert émeraude. Se trouve en petits enduits dans le fer chromé, à l’île d'Unst, une des Shetland; à Hoboken, New-Jersey; dans le comté d'Harford, Maryland; en petits nodules engagés dans une sorte de conglomérat de quartz et d'argile, dans les montagnes des Ecouchets entre Conches et le Creusot, département de Saône-et-Loire; dans des matières feldspathiques à Elfdalen en Dalécarlie; dans le porphyre près de Halle et dans le cercle de Waldenburg en Silésie; dans des roches serpentineuses ou diallagiques, en Savoie, en Piémont, en Toscane.
Analyses de la Wolkonskoïte du cercle d'Ochansk; a, par Kersten; b, par Illimoff; c, par Iwanow; du chromocre, d, du Creusot, par Drappiez; e, de Halle, par Wolff (dens. = 2,701); f, du Waldenburg, par Zellner; g, de Volterra en Toscane, par Bechi.
a b € d e fe g Silice 37,01 36,06 36,8% 6#,0 4644 58,50 28,36 Oxyde chromique 47,93 31,24 18,85 10,5 4,28 2,00 8,11 Oxyde ferrique 40,43 SO NUATSS » 3,45 3,00 »
Alumine GAIN 0 3090 035601230014 3053 0 30,00 1 0E1233 Chaux » 1,90 4,39 95 » » »
Magnésie 4,91 6,50 » ? » » »
Oxyde de plomb 1,01 0,16 » » » > »
Potasse Mn 4,66 » » » 3,44 » NES Soude » » » » 0,46 » »
Eau 21,84 12,40 22,46 5 42,82 6251002275
URANOPHANE; Websky. Prisme rhomboiïdal droit d'environ 446°. Cristaux microscopiques offrant la combinaison mg" qui leur donne l'apparence d’aiguilles à six pans. Transparente ou translucide. Eclat vitreux; nacré sur g'. Les cristaux isolés sont d'un jaune de miel, et les masses qu'ils forment par leur agrégation,
214 GEHLÉNITE.
d’un jaune serin verdâtre çà et là tacheté de vert noir. Dur. = 3 environ. Dens. — 92,6 à 2,7. Dans le matras, donne de l’eau et devient brun rouge. Au chalumeau, fond difficilement en un verre noir. Avec les flux, réactions de l’urane et de la silice. Soluble dans les acides chlorhydrique et sulfurique étendus. D’après une analyse de Grundmann , si du total égal à 99,78 on sépare 7,25 d'un mélange comprenant de la chalcolite, de la Covelline, de la galène, de la pyrite, de la tétradymite, de la bismuthine, de la stibine et du soufre, il reste pour la composition de l’uranophane : Silice 15,81 Oxyde d’urane 49,33 Alumine 5,65 Chaux 4,69 Magnésie 1,35 Potasse 1,71 Eau 13,99 — 92,53. Les aiguilles sont ordinairement réunies en masses amorphes dont la structure cristalline n'est reconnaissable qu'au microscope; quelquefois il en existe d'isolées dans les cavités de ces masses. Trouvée près de Kupferberg en Silésie.
GEHLÉNITE. Tetragonaler Stylobat; Breithaupt. Pyramidaler Adiaphanspath; Mohs.
Prisme droit à base carrée.
k ANGLES MESURÉS; | ANGLES MESURÉS ; ANGLES CALCULÉS. ANGLES CALCULÉS,.
DES GLOIZEAUX. DES CLOIZEAUX:
| mom 90° 90° p pas 44797! 14650! à 447° ml 161034" 461015" | pair 131 28 130°30' à 131° | 433 126°52’ sur A! 126°40" \ pb3T 136058! 135° à 136e | *pat 15030’ 450030" pm 90° »
Combinaisons observées : mp; mA? p a! a!?; ml pa"; ms p at al? b"T, fig. 92 pl. XVI. Les faces m sont toujours prédominantes, souvent unies et assez miroitantes; les faces p et a'® sont aussi assez brillantes; les faces a! et a”? sont ternes; la face O5" est généralement creuse et son symbole présente quelque incertitude. Clivage imparfait suivant p; traces suivantm. Cassure conchoïdale ou inégale. Translucide sur les bords des cristaux; transparente en lames très-minces. Double réfraction peu énergique à un axe négatif. Eclat résineux passant au vitreux. Grise; brunâire; verdâtre. Poussière blanche. Dur. = 5.5 à 6. Dens. — 2,9 à 3,01.
Au chalumeau, difficilement fusible en verre verdâtre ou gris. Facilement attaquable par l'acide chlorhydrique, en faisant gelée, avant ou après calcination.
D'après une analyse de M. Rammelsberg, le rapport entre l’oxy--
HUMBOLDTILITE,
gène des bases et celui de la silice est très-approximativement
R:R:$i:3:3:4, ce qui estindiqué par la formule : À, KR, Si’;
BR — (Ca, Mg, Fe) et R — (Al, Fe).
Analyses de la Gehlénite du Monzoni, vallée de Fassa : a, par de Kobell; b, par Damour; c, par Kühn; d, par Rammelsberg.
a b c d OxYGÈNE
Silice SON SITES NOUS 15,88 Alumine 21, 19,80 49,00 22,02 40,26 l ps Oxyde ferrique H0N 0 "5597 8,05 9,22 10000 À Chaux 37,4 38,12 36,55 37,90 10,83 Magnésie ca None) 4,4 38811 PES De Oxyde ferreux » » » 1,73) 110,38 17 Oxyde manganeux » » » 0,19 0,04
La Gehlénite ne s’est jusqu'ici rencontrée qu’au mont Monzoni, vallée de Fassa en Tyrol, cristallisée ou massive, engagée dans un calcaire cristallin dont elle est souvent imprégnée; les cristaux s’altèrent facilement à l'air.
Une substance de la même localité, qui a tous les caractères de la
Gehlénite compacte, a donné à M. de Kobell: Si39,80 A1142,80 Ca
31,64 Mg£,64 Fe 2,31 H 2,00 — 99,19. Cette Fins Eu R se Le proche de celle de la Humboldtilite. te
La Gehlénite a été observée dans les scories cristallisées de plusieurs hauts-fourneaux. Elle s’y présente en petites tables carrées irès-minces ou en petits prismes octogonaux clivables suivant les faces d'un prisme carré, translucides, blancs ou jaunâtres, d’un éclat vitreux, d’une dens. = 2,87 à 2,98, difficilement fusibles en verre gris et faisant gelée avec l'acide chlorhydrique. Les premiers cristaux signalés par M. Percy dans le haut-fourneau de Dawes près Oldburyÿ en Angleterre ont une composition presque identique à celle de la Gehlénite ; dans ceux du haut-fourneau de Holzhausen en Hesse, décrits par Hausmann: et analysés par Bunsen, une partie de la chaux est remplacée par de la soude.
HUMBOLDTILITE. Mélilite. $Somervillite de Brooke. Zurlite.
Prisme droit à base carrée,
216 HUMBOLDTILITE.
ANGLES MESURÉS ; ANGLES MESURÉS ; ANGLES CALCULÉS. LS TRS. ANGLES CALCULÉS. Dee Ce mm 90° 90° *pb1 147415" 447015" mh? 153°96" 153030" | btb1 65030 sur m D mi 435° 135° L pm 900 900 R172 461°3%' 161035" b'b1 adj. 43504" 4359
Combinaisons observées : m p; m h!p, habituelles à la mélilite de Capo di Bove; mk°p;, mh!hp; m pb; mhh°?pb!, fig. 88 pl.-XV, Humboldtilite de Ja Somma. Dans la combinaison représentée fig. 88, la base p se réduit quelquefois à un très-petit carré; les faces b! deviennent prédominantes et les faces m et h! ont une égale étendue. Clivage, parfait suivant p, à peine indiqué suivant m, dans la Humboltilite; inobservé dans la mélilite. Cassure conchoïdale ou inégale. Translucide ; transparente en lames minces. Double réfraction peu énergique à un axe négatif. Eclat vitreux inclinant au résineux dans la cassure. Blanche ou jaune très-pâle (Humboldtilite de la Somma); jaune de miel passant par divers teintes pour arriver au brun foncé (mélilite de Capo di Bove). Poussière blanche. Dur.—5à5.5. Dens. — 2,90 (Humboldtilite); 2,95 (mélilite).
Au chalumeau, la Humboldtilite fond lentement en verre jaunâtre; la mélilite donne aussi un verre jaunâtre pâle, lorsqu'on opère sur des cristaux peu colorés, et un verre noir quelquefois magnétique lorsqu'on emploie des cristaux bruns. Ces cristaux bruns, fondus avec du borax additionné d’un peu de nitre, accusent la présence d’une petite quantité de manganèse. Facilement soluble en faisant gelée, dans l'acide chlorhydrique.
Re, Re, SP; À — (Ca, Mg, K, Na) et = (À, Fo).
Analyses de la Humboldtilite de la Somma : a, par de Kobell; b, par Damour; de la mélilite de Capo di Bove, c, jaune, d, brune, toutes deux par Damour.
a b c d OxYGÈNE. Rapr.
Silice 43,96 40,69 39,27 38,34 20,45 3 Alumine . 11,20 4088 6,42 8,61 2,9 ) Lo y Oxyde ferrique Fe 2,32 4,43 10,17 40,02 3,01 | ?
Soude L:98 PKR AIS NA Ne AA PA DES Ë
Potasse 0,38 0,36 1,46 1,51 0,26
ZURLITE. ILVAÏÎTE. 217
La Humboldtilite,en cristaux souvent assez volumineux, translucides et recouverts d’une pellicule calcaire, forme ordinairement une roche caverneuse pénétrée de caleaire cristallisé et de mica verdâtre qu'on trouve en blocs disséminés à la Somma, Vésuve; plus rarement, de petits cristaux éclatants, transparents, accompagnés de cristaux de néphéline et de sarcolite rose, y tapissent des cavités dans des blocs d'une roche pyroxénique. et micacée. La mélilite associée à de très-petits cristaux noirs d’augite et d’'amphibole et à de la néphéline souvent capillaire (pseudo-néphéline) est abondammant répandue dans les géodes d’une lave compacte, à Capo di Bove, près Rome.
La Zurlite se présente en prismes carrés ou octogonaux allongés dans le sens de leur axe vertical. La surface des cristaux est rugueuse et souvent recouverte d'un enduit blanc cristallin, concrétionné. Clivage indistinct. Cassure conchoïdale. Opaque. Gris blanchâtre ou vert d'asperge. Eclat résineux. Dur. — 6 environ. Dens. — 3,27. Infusible au chalumeau. Soluble dans l'acide nitrique. Se trouve à la Somma, dans des blocs imprégnés de cal: caire, avec de la Humboldtilite dont elle paraït n'être qu’une variété pénétrée par des matières étrangères. M. Monticelli avait fait de cette substance une espèce dédiée au ministre Zurlo. %
La Humboldtilite est un produit assez fréquent dans les scories des hauts-fourneaux. Les cristaux sont des prismes carrés ou octogonaux basés. Cassure conchoïdale ou inégale. Translucide sur les bords. Jaune verdâtre; brun verdâtre ou brun de foie dans les variétés riches en manganèse. Eclat vitreux ou gras. Dureté du feldspath. Dens. — 2,87 à 2,91. Fusible au-chalumeau en une perle vitreuse. Faisant gelée avec les acides. On l’a rencontrée dans les hauts-fourneaux au coke de Russel Hall, de Tipton, de Dowles, de Weiks, de Penny-Daran, de Nanty Glo en Angleterre, et dans les hauts-fourneaux au bois de Mägdesprung au Hartz : on l’a citée aussi à Janon près Saint-Etienne, Loire, et à Providence près Charleroi en Belgique. M..F. Bothe a observé dans les scories d’un haut-fourneau de Lebach en Prusse des cristaux de ; pouce de longueur offrant la combinaison des formes m k! p b! a, et donnant les incidences : b! bt — 66°43’ sur m; a? a? — 49°27' sur !.
ILVAÏTE. Liévrite. Yénite; Lelièvre. Fer calcaréo-siliceux : Haüy. Diprismatisches Melan-Erz; mobs.
Prisme rhomboïdal droit de 1412° 38’,
ANGLES MESURÉS