‹ Manuel de minéralogieChapitre 99 sur 159 · NÉPHÉLINE. DAVYNE · texte numérisé non relu

NÉPHÉLINE. DAVYNE

Combinaisons de formes observées : 5» p; mp b! (Beudantine); m p bi b12; m hi pb? (Davyne); mp bt b1?; m h! p b1 b12: m p b°P DA (pseudo-néphéline limpide de Ia Somma); m A! k?p at L? bY2 b1 bV2 p4, fig. 131 pl. XXIL. Clivage imparfait suivant p et m. Cassure conchoïdale ou inégale. Transparente ou translucide. Double réfraetion peu énergique à un.axe négatif. w—1,539 à 1,542 e—14,534 à 1,537 sur des cristaux de la Somma, pour la partie jaune du spectre. Eclat vitreux, parfois un peu résineux dans la cassure. Incolore; grisâtre; offrant quelquefois une succession de couches concentriques alternativement incolores et grises (gros cristaux du Katzenbuckel). Poussière blanche. Fragile. Dur. = 5,5 à 6. Dens. — 2,56 à 2,64.

Au chalumeau, la néphéline fond difficilement en un verre bulleux. Elle se dissout en faisant gelée dans l’acide chlorhydrique. Un fragment transparent plongé dans l'acide azotique, y devient nébuleux. La Davyne dégage un peu d’eau par calcination. Elle fond, avec bouillonnement et coloration de la flamme en jaune, en un verre clair bulleux, et elle se dissout avec effervescence dans les acides en donnant une liqueur claire qui se prend en gelée par évaporation. | “La majorité des analyses de la néphéline conduit à admettre la

relation, R : Al: Si::2:6:9; R se composant principalement de

soude avec un peu de potasse et de chaux, et BR ne comprenant que de l’alumine avec une très-petite quantité d'oxyde ferrique. La for-

mule Na*, Al, Si° donne : Silice 44,99 Alumine 34,34 Soude 20,67.

Analyses de la néphéline: a, de la Somma, par Scheerer et Francis ; b, de la dolérite du Katzenbuckel dans l'Odenwald, duché de Bade, par Gmelin; c, du néphélinophyre (Nephelinfels) de Lôbau en Lusace, par Heidepriem; de la Davyne de la Somma, d,e, par Rammelsberg.

a b c d e Silice 44,04 23,36 43,50 38:76 36,81 Alumine 3406 33,29 32,33 2810002866 Oxyde ferrique 0,4% 1,50 1,82 » »

Soude 15,94 43,36 44,13 15,72 . 45,85 Potasse k,52 7,13 5,03 1,16 1,21 Chaux 2,01 0,90 3,55 9,32 40:33 Acide carbonique » » » 5,63, 6,01

Densité : 2,56 » » » »

ÉLÆOLITE, 287

MM. €. Bromeis et Rammelsberg ont constaté des traces de chlore dans la néphéline et la Davyne.

D'après MM Scacchi, Mitscherlieh et Breithaupt, la Beudantine de Monticelli, la Davyne et la Cavolinite sont cristatlographiquement identiques avec la néphéline. Les eristaux de Davyne ne diffèrent de eeux de néphéline qu'en ce qu'ils sont généralement ternes à la surface, d’une dureté moindre et qu'ils renferment un peu de carbonate de ehaux. La Cavolinite qui offre à l'intérieur une multi tude de petites fissures longitudinales, se distingue par un éclat soyeux d'autant plus prononcé qu'ordinairement tous les cristaux d'un échantillon ont leurs faces verticales alignées parallèlement à un même plan.

Elæolite. Fettstein. Pierre grasse.

nairement en masses imparfaitement cristallines, difficilement elivables suivant les faces verticales et suivant la base d'un prisme hexagonal régulier. Cassure inégale et écailleuse. Translucide; transparente en lames très-minces. Double réfraction très-faible à un axe négatif. Eelat gras dans la cassure, quelquefois un peu nacré. Blane grisâtre ou rougeûtre; gris de diverses teintes; rouge de chair sale; brune; vert olive. Poussière blanche. Dur. — 6. Dens. — 2,61 à 2,65. Fond aisément au chalumeau. Facilement attaquable par les acides en faisant gelée.

Composition à peu près identique à celle de la néphéline.

Analyses de l’élæolite : f, verte, de Friedrikswärn, par Gmelin; g, brune, de Friedrikswärn (moyenne de deux opérations); », brune, de Brevig {moyenne de trois opérations); 2, blanche, de Miask {moyenne de deux opérations), toutes trois par Scheerer; 7, rouge de chair, de Magnet Coye, Arkansas, par Smith et Brusb; k, verte, de la mine Mariinskaja, monts Tunkinsk en Sibérie, par Pusirewsky.

f g k î 7 k Silice LLA9 45,53 4E46 4418 4,46 2k,94 Alumine 344 3206 31,84 ‘33,18 30,97 30,29 Oxyde ferrique 0,65 1 #1 ‘AAA 0,69 2,09 0,72 Soude 16,88 15,97 45,71 15,86 15,61 21,80 Potasse * 473 3,16 SAT. 575 5,94 1,48 Chaux . 0,52 0,40 0,28 0,29 0,66 1,15 Magnésie 0,69 » » 0,07 » 0,18

Perte au feu 0,60 0,78 2,07 0,45 0,95 »

Densité : » » » » 2,65 »

MM. C. Bromeis et Scheerer ont trouvé dans l’élæolite 0,04 à 0,06 de chlore et 0,67 d'acide sulfurique.

288 CANCRINITE. BEUDANTINE. CAVOLINITE.

Cancrinite; G. Rose Masses lamellaires ou bacillaires facilement clivables suivant les faces d’un prisme hexagonal régulier. Cassure inégale. Translucide; transparente en fragments minces. Double réfraction énergique à un axe négatif. Eclat un peu gras; vitreux ou nacré sur les faces de clivage. Incolore ou rose clair (Miask) ; jaune citron ou gris bleuâtre (monts Tunkinsk). Dans les parties les plus foncées des échantillons de Miask, on distingue trèsbien à la loupe des lamelles de fer oligiste hexagonales, rouges, excessivement minces, analogues à celles que M. Scheerer a signalées dans la pierre de soleil. Poussière blanche. Dur. = 5 à 5,5. Dens. — 2,45 à 2,46. Dans le tube, dégage de l’eau, devient blanche et opaque. Au chalumeau, bouillonne et fond aisément en émail blanc bulleux. Facilement attaquable par les acides faibles et faisant gelée dans l'acide chlorhydrique, même après avoir été calcinée. L'attaque a lieu également par les acides organiques ; avec l’acide oxalique il y a séparation de toute la chaux.

Composition très-voisine de celle de la Davyne, comprenant seulement un peu plus d'eau et un peu moins de chaux.

Analyses de la Cancrinite : rose clair, des monts Ilmen, /, par G. Rose (moyenne de deux opérations), m, par Pusirewsky; jaune, de la mine Mariinskaja, monts Tunkinsk, n, par Struye, o, par Pusirewsky; de Lichtfield, Etat du Maine, y, jaune (moyenne de trois opérations), g, verdâtre, toutes deux par ‘Whitney.

Silice 10,43, 235,96//2.038,33 23770 GT MISED Alumine a 2740 2987: © 28/58. 97178027 6B Ten

Oxydes ferrique et manganique » 0,19 » » 0,75 0,27 Soude. 17,52 18,53. 20,87 21,60. 20,27 20,6 Potasse 0,70 » » °» 0,67 0,50 Chaux 6,70 5,68 94 3,141 3,8% 00526 Eau » 3,69 | Les &,07 :2,821L0 328 Acide carbonique. 6,38 5,55 2 5,64 5,95 5,92 100,00 S0,32 100,00 99,86 99,60 400,48

Densité : 9,453 9,489 2,449 92,154 92,448 9,464

La néphéline, la Beudantine, la Cavolinite et la Davyne se trouvent avec augite, diopside, mica, Wollastonite, 1d0crase, grenat, orthose, etc. en cristaux tapissant des cavités dans les blocs rejetés de la Somma. La néphéline se rencontre encore, en longs prismes incolores, souvent aciculaires (pseudo-néphéline), dans une roche pyroxénique de la Somma et dans une lave basaltique avec mélitite, à Capo di Bove près Rome; en gros cristaux formés d’une succession d’enveloppes hexagonales alternativement incolores et grises, dans une sorte de dolérite (néphélinophyre), au Katzenbuckel

LYTHRODES. PHONITE. GIESECKITE. 289

près Heidelberg; au Hamberg près Trendelburg en Hesse; aux environs d'Aussig en Bohème et de Lübau en Saxe. L’élæolite forme des masses engagées dans la syénite zirconienne des environs de Laurvig, Friedrikswärn et Brevig en Norwège; elle constitue l’un des éléments de la roche granitoide désignée par G. Rose sous le nom de miascite, aux environs de Miask, monts Ilmen : on la trouve avec ozarkite, arkansite et schorlomite, à Magnet Cove, monts Ozark, Arkansas. La Cancrinite se présente en petites masses au milieu de la miascite des environs de Miask; dans le granite de la mine Marïinskaja, monts Tunkinsk, à 400 werstes d'Irkutsk, et à Lichtfield, Etat du Maine:

D’après Hausmann, le minéral décrit par Karsten sous le nom de Lythrodes et désigné autrefois sous celui de Wernérite écailleuse, parait très-voisin de l’élæolite. Il est imparfaitement feuilleté, à cassure écailleuse, mat, à éclat gras sur les faces de clivage, translucide sur les bords, jaunâtre, rouge de chair, rouge brunâtre ou mordoré, avec des points verdâtres ou d’un jaune isabelle ; sa dens. —9,51.

Il contient, d'après John: Si44,62 À137,36 fe1,00 Na 8,00

Ca 2,75 H6,00— 99,73 avec des traces d'oxyde de manganèse et de magnésie. Il provient de la syénite zirconienne de Norwège.

On a donné le nom de phonite à un minéral transparent, brun jaunâtre, de Norwège, qui a beaucoup d’analogie avec l’élæolite.

C’est très-probablement à la néphéline qu'ont été empruntées les formes hexagonales des cristaux pseudomorphiques de Gieseckite et de Liebénérite. La Gieseckite du Groënland se présente en gros prismes hexagonaux basés, sans modifications; celle de Diana, New-York, offre un prisme dont les arêtes basiques son tronquées par des faces faisant avec les faces verticales un angle d'environ 135°. Cassure écailleuse. Les cristaux de Diana se séparent suivant les faces verticales du prisme en lames extérieurement brillantes, mais à cassure compacte et terne. Translucide sur les bords ou en lames très-minces. Agissant sur la lumière polarisée à la manière des gommes. Mate; éclat cireux dans la cassure (cristaux du Groënland). Gris verdâtre ou blanc verdâtre. Dur. — 3 à 3,5 (cristaux de Diana). Dens. — 2,78 à 2,85 (Groënland); 2,14 à 2,15 (Diana). Dans le tube, dégage de l’eau. Au chalumeau, fond sur les bords en un verre blanc bulleux. Plus ou moins complétement attaquable par l'acide chlorhydrique.

Analyses de la Gieseckite du Groënland ; a, par Stromeyer, b, par de Hauer (moyenne de deux opérations); de Diana, New-York, c, par Brush (moyenne de trois opérations).

Si A1 Fe Fe Mn K Na Mg Ca ü

290 LIEBÉNÉRITE. AMPHIGÈNE.

.: La Gieseckite a été découverte par Giesecke en cristaux engagés dans un feldspath compacte, à Kangerdluarsuk et à Akulliarasiarsuk, Groënland. M. Brush l'a retrouvée dans une roche pyroxénique et micacée à Diana, comté de Lewis, New-York.

La Liebénérite offre de petits prismes hexagonaux non modifiés dont la cassure esquilleuse ou compacte, la couleur gris verdâtre, l'éclat gras et la faible dureté = 3,5 ont de grandes analogies avec les caractères correspondants de la Gieseckite de Diana. Elle agit aussi sur la lumière polarisée comme une substance gommeuse. Dens.=— 2,814. Chauffée dans le tube elle dégage un peu d’eau; au chalumeau elle blanchit et se fritte saris fondre complétement. Légèrement attaquable par l'acide chlorhydrique avec dégagement de quelques bulles de gaz.

Analyses de la Liebénérite; d; par Marignac (moyenne de trois opérations), e, par Oellacher.

Si Al Fe K Na Me H d. 8,66 36,51 4,75 9,90 0,92 4,40 5,05 — 100,19

Fe et Ca e. 4513 36,80 2,63 8,07 0,42 4,56 4,710 — 99,01

- Les cristaux sont fortement engagés dans un porphyre feldspathique rouge au monte Viesena près de Forno, vallée de Fleims en Tyrol.

AMPHIGÈNE. Leucite. Leuzit: Werner. Trapezoïdaler Am- PAR SRAR Mohs. Weisser Granat. Grenat du Vésuve. Leucolite.

Cubique. Cristaux offrant ordinairement la forme du trapézoèdre a. Traces de clivage suivant les faces du dodécaèdre rhomboïdal. Cassure conchoïdale ou inégale. Translucide ou transparent. n — 1,507 rayons rouges, cristaux transparents de. Frascati. Eclat vitreux, quelquefois résineux dans la cassure: Incolore; blanc grisätre ou rougeûtre; gris de cendre. Poussière blanche. Fragile. Dur, =5,5 à 6. Dens. — 2,45 à 2,5.

Imfusible au chalumeau. Complétement attaquable par les acides sans faire gelée.

La majorité des analyses conduit au rapport K:Al:$i::1:3:8

et à la formule K, Al, Si‘ qui exige: Silice 54,90 Alumine 23,58 Potasse 21,52; une quantité variable mais généralement faible de potasse est remplacée par de la soude. :

Analyses de l’amphigène : a, d’Albano, par Klaproth; b, de la Somma, en gros cristaux fortement translucides accompagnés de pyroxène vert, par Awdejew; c, en petits grains cristallins extraits

"AMPHIGENE. 291

de la lave du Vésuve de 4811, par Rammelsberg; en cristaux vitreux, éclatants, recouverts cà et là d'un peu de lave brune, de l'éruption du Vésuve du 22 avril 1845, d, par Rammelsberg (moy.-de trois opér.), e, par Bischof; f, en gros cristaux faiblement translucides, jaunâtres, à éclat gras, tendres, de la Rocca Monfina, par Rammelsberg (moyenne de deux opérations); en très-petits cristaux un peu altérés à la surface, de Rieden au lac de Laach, g et h, par Bischof.

a b c d e ÿf g h

Silice 54 56,05 56,25 56,48 57,84 56,36 54,36 56,22 Alumine 23 23,03 23,26 93,14 22,85 93,15 24,23 93,07 Potasse 22 20,40 920,04 49,78 (42,45 49,31 46,52 13,26 Soude » 4,02 0,43 0,50 6,04 0,25 3,90 6,40 Chaux » » 0,32 » 0520 01257005 0,23 Oxyde ferrique » » » » 0,14 C10,03 » 0,48 Perte au feu DER) » 0,52 0,59 O,7# 0,64 »

—— ————— ———— —— ——— — —————— mt

Les analyses de Bischof indiquent toutes plus de soude que celles d'Awdejew et de Rammelsberg. Abieh a trouvé pour un amphigène formant de petits grains cristallins dans une lave du Vésuve :

Si35.81 A124,23 K 10,40 NaS,83— 99,27. Une analyse de Rammelsberg, faite sur les très-petits grains blancs de la lave poreuse de

4857,a donné: Si57,24 A122,96 K18,614 Na0,93 Ca0,91— 100,65. D'après M. Ch. Sainte-Claire Deville, les grains blancs de la lave de 1856 et ceux de la lave du Fosso Grande contiendraient plus d’alealis que n’en comporte la formule de l’amphigène, et les cristaux

modernes du Vésuve se distingueraient généralement de ceux des

laves anciennes de la Somma par une plus forte proportion de soude. L'amphigène de la Rocca Monfina exposé aux actions atmosphé-

riques se transforme plus ou moins complétement sans perdre sa

forme, en une masse kaolinique friable contenant encore beaucoup

de grains durs, translucides. Quelques cristaux du Kaiserstuhl éprou-

vent une modification analogue, La composition se rapproche alors

de celle de l’analcime comme le montrent les analyses : 4, des grains

durs, j, de la masse friable des cristaux de la Rocca Monfina, par

Rammelsberg; 4, des cristaux du Kaiserstubl en Brisgau, par Stamm. Si Al Fe Nas: “6, Ca Mo: LE ;

Une roche trachytique de la Somma renferme de nombreux moules ayant la forme a°, entièrement remplis par un mélange d'orthose vitreux, de néphéline et de petits cristaux d’augite; le centre du remplissage est d'un vert pâle, le contour est incolore. La masse a une densité de 2,552 à 2,566 et elle n'est qu’en partie atta-

292 AMPHIGÈNE.

quable par l'acide chlorhydrique. M. Rammelsberg a obtenu dans deux essais :

I IL Partie attaquable — 40,83 45,29 Partie inattaquable — 59,14 55,00

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