EXAMEN CLINIQUE DE L'AI'PAREIL OCI LAIRE SENSORIEL
avant d'atteindre la rétine, traverser les milieux transparenis de l'œil : cornée, humeur aqueuse, cristallin, corps \itré: une lésion d'un de ces milieux arrêtera les rayons lumineux et abaissera la vision. Cet examen se fait à la chambre noire.
L'examen à l'éclairage oblique, que nous connaissons déjà (voy. fig. 17), nous permettra d'étudier la cornée, l'humeur aqueuse et les parties antérieures du cristallin.
L'examen avec l'ophtalmoscope à miroir plan (qui sert aussi pour l'étude objective de la réfraction) montrera la teinte rouge du fond de WvW dans l'orifice pupillaire, mais sans qu'aucun des détails en soit visible: si une opacité quelconque siège dans le cristallin ou le corps vitré, elle apparaîtra sous l'aspect d'une tache noire, tranchant sur ce fond rouge. Il est utile d'avoir une lumière faible, afin qu'une opacité minime ne soit pas traversée par des rayons trop puissants et afin que la pupille reste élargie. On pourra même dilater la pupille par un mydrialique ; l'atropine est à rejeter, cai' son action est de longue durée et elle paralyse l'accommodation; on se servira soit d'une solution de cocaïne à 4 7o (la dilatation demande enviVon un quart d'heure) soit d'une solution de bromhydrate d'homatropine à 1 % ou d'euphtalmine à 2 ou 4 Cette dilatation ne devra jamais être provoquée chez les sujets memenacés de glaucome, aussi la recherche de la tension intra-oculaire (voy. fig. 95) devra toujours être pratiquée au préalable: si l'œil est plus dur que normalement, il faut éviter l'instillation de ces substances, y compris la cocaïne, qui peuvent provoquer une poussée aiguë de glaucome.
Examen du fond de l'œil. — Deux procédés peuvent être employés.
L'examen à l'image droite a le grand avantage de donner un grossissement considérable (10 à 12 fois) ; la papille optique, qui a 1 mm, 5 de diamètre, semble en avoir 15 à 18 ; il présente aussi cet avantage de permettre la mesure du relief ou de l'excavation des parties du fond de Vœil (stase papillaire, tumeurs, glaucome, etc ); il suffit pour cela d'ajouter ou de retrancher des dioptries à la combinaison optique nécessaire pour voir nettement le plan général du fond de l'anl; chaque tiers de millimètre, en saillie ou en excavation, nécessite une modification de 1 dioptrie. Par contre, ce procédé
d'examen a l'inconvénient de rétrécir beaucoup le champ d'observation, de nécessiter un ophtalmoscope compliqué, dit (( à réfraction », et surtout d'exiger une assez grande habitude, car le relâchement de l'accommodation et la correction de la réfraction de l'observateur et de l'observé sont nécessaires; il ne peut donc être pratiqué que par des médecins exercés.
L'examen à l'image renversée est plus simple : on devra toujours commencer par lui, afin d'avoir une vue d'ensemble du fond
[Fig. 65. — Examen du fond de l'œil (procédé dit à l'image renversée].
L'observateur tient de la main gauche une loupe, de la main droite un miroir concave; le doigt auriculaire relevé sert de point de fixation au patient, dont on examine l'œil droit.
de l'œil, car, si son grossissement est faible (5 à 4 fois), son champ est vaste. Une courte expérience suffit pour le bien pratiquer ; au début ou dans les cas difficiles, on pourra dilater la pupille, à moins de contre-indications.
On se sert pour cet examen de l'ophtalmoscope à miroir concave; il est donc nécessaire d'avoir un ophtalmoscope à bascule, portant d'un côté un miroir plan (examen de la pupille, de la réfraction.