INTOXICATIONS
la névrite alcoolique. Dans la majorité des cas, le sujet est doublement intoxiqué et l'afTection mérite le nom d'amblyopie, ou de névrite l'étro-bulbaire, « alcoolo-nicotinique ». Le pronostic de cette amblyopie est, en {général, assez bon; il est possible de voir survenir la guérison, complète ou presque complète, après 5 à 5 mois de traitement, si le malade cesse à temps l'usage de l'alcool et du tabac.
Thyroïdine. — La névrite rétro-bulbaire, produite par elle, est semblable à cille que cause l'alcool.
Sulfure de carbone. — Le nerf optique est frappé dans les 2/5 des cas d'intoxication générale qu'il produit. Le tableau clinique est à peu près celui de la névrite alcoolique, mais l'acuité visuelle est plus atleinte et le champ visuel est rétréci. Les altérations du fond de l'œil sont nulles au début; plus tard on constate une décoloration, partielle ou complète, de la papille (Offret). La lésion du nerf optique est toujours précédée de symptômes de dépression nerveuse (vertiges, crampes, céphalée, faiblesse, etc.).
Plomb. — Il retentit sur l'œil de façons multiples, hcs parai ijsies extrinsèques se voient quelquefois; elles portent surtout sur la Yl*^ paire. — Pendant la colique saturnine, les pupilles sont en mijdriase (Berger). — On a décrit une névrite rétro-bulbaire à marche aiguë, dont l'existence est encore disculée. La névrite rétro-hutbaire chronique par contre, assez fréquente; elle restemble à celle que produit l'alcool. — D'autres fois, on constate à l'ophta!moscope une rétinite, à la fois hémorrhagique et exsudât ive, ayant de grandes analogies avec la rétinite néphritique; il importerait de s'assurer que le saturnisme n'a pas provoqué au préalable une lésion rénale. — Knfm, dans certains cas, on observe des phénomènes corticaux : hëmianopsies et suilout amaurose.
Lamaurose saturnine est toujours bilatérale; elle survient sans aucun prodrome, ou est précédée de troubles visuels ou cérébraux. Elle peut faire partie du tableau de l'encéphalopalhie saturnine, quelle que soit sa forme, délirante, convulsive ou comateuse. Dans certains cas, elle ne s'accompagne d'aucune lésion ophtalmoscopique et les pupilles ont conservé leur réflexe photo-moteur; ou bien, on peut observer de la papillite ou de la rétinite. L'amaurose saturnine doit être séparée complètement des amauroses urémique
et hystérique, survenant chez les saturnins. Sa durée n'est en général que de quelques heures.
AtoxyL — La perte de la vision est fréquente; les troubles visuels commencent par une baisse de la vue, qui peut arriver à la cécité très rapidement, en quelques jours à peine (Morax). La baisse de la vision est ordinairement plus lente et on observe un rétrécissement du champ visuel; d'assez nombreuses observations indiquent que ce rétrécissement prédomine du côté nasal. L'examen ophlalmoscopique montre, tardivement, l'atrophie papillaire, qui n'existe pas au moment où commence le trouble de la vision.
L'amélioration se voit quelquefois ; le plus souvent, l'amblyopie ou l'amaurose restent stationnaires.
Alcool méthylique . — L'amblyopie est aiguë et entraine parfois l'amaurose en quelques jours ; la guérison ou l'amélioration se voient assez souvent.
Quinine. — On observe des troubles céphaliques, au milieu Fig. 106. ~ Amblyopie quininiquc. desquels apparaissent une sui -
dité et une cécité bilatérales et absolues. En général, la vision et l'ouïe reviennent, en partie, quelques jours après. Il est rare que la vision redevienne tout à fait normale; le champ visuel reste rétréci (fig. 106) et l'ophtalmoscopc montre une pâleur marquée de la papille, persistant même lorsque l'acuité visuelle est redevenue assez bonne.
Fougère mâle. — Sur 78 cas d'intoxication filicique, Sidlerlluguenin a noté M fois du trouble de la vision; 6 fois la guérison fut complète, 5 fois elle fut incomplète, 15 fois il persista une cécité unilatérale et 18 fois la cécité bilatérale.
Écorce de grenadier. — La pelletiérine produit des troubles analogues.
lodoforme. — La névrite rétro-bulbaire avec scotome central est relativement fréquente.