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CHAPITRE XVn

Classement des Monnaies et Médailles antiques.

398. Les bonnes méthodes de classification et de nomenclature sont dans toutes les sciences les moyens les plus certains pour parvenir à en rendre l'étude

CLASSEMENT DES MONNAIES ET MÉDAILLES. HqZ

fkcile et profitable , à en tirer tous les genres d'utilité qu'elles peuvent fournir , à en inspirer le goût et à leur faire suivre une marche progressive d'avancement. La méthode est indispensable à toutes les connaissances humaines , mais plus particulièrement à celles qui ont pour base l'examen comparé d'un grand nombre d'objets, divers. L'étude des diverses branches de l'histoire naturelle n'a produit, par exemple, des résultats véritablement utiles que lorsque la méthode a eu établi et fait adopter des systèmes raisonnes de classification de tous les êtres et de toutes les substances.

399. Parmi les sciences qui ont pour but l'examen, et la connaissance des ouvrages de l'homme, aucune, phis que la ïïumismatique, ne demandait une marche méthodique, un système de classification raisonné et complet. Le nombre des monumens numismatiques est si considérable , leâ aspects sous lesquels on peut les considérer sont si variés, les points de séparation entre les diverses natures de ces monumens sont si peu déterminés, que la méthode est le seulitaoyen de tirer de ces restes des temps passés les notions que nous pouvons y puiser.

400. Comme dans les autres sciences, les premiers auteurs qui ont écrit sur la Numismatique se sont souvent égarés, parce qu'ils manquaient de bonnes méthodes. S'ils ont traité convenablement quelques parties séparées dis la science, les généralités n'ont pas été envisagées sous tous leurs aspects. Faute de bonne classification , les pièces qui ont des rapports entre elles ne se trouvaient pas placées sous le même

2Q/i - ÉLÉHENS, CHAPITRE XVII.

point de vue , et ne leur fourAÎ^^aient pas Fenseoible des potions qui auraient pu les éclaii^er. Le goût de ces temps étant de plus tourné vers un système d'é* rudition diffuse et trop abondante | les notions utiles se itrouvent souvent, dans les écrits de ces époques , obscurcies par des discussions étrangères au véritable but de la Npmismatiqpe et à Tiitilité réelle qu'on en peut tirer.

4o I . Lçs premiers écrivains punusmatistes, cougme les preniiers collecteurs , étabUrent donc de mauvaises classifications. Ne sachant pas ramener cette immens^ quantité de monnaies et de.médailles de temps et de lieu3^ si divers ^ un sçul système , ils en firent autant de séries qu'ils aperçurent de pièces d'espèces en apparence diverses. Ils s'attachèrent aux diffé-* rences de formes et de métaux pour forjner des classifications , au lieu de reconnaître que la forme et Iç métal passaient après les légendes et les types.

Ainsi Ton vit autant de séries que de natures de pièces f séries qui se trouvèrent non-seulement classées, mais étudiées séparément, parce qu'elles se présentaient constamment séparées. Ainsi l'on, divisait les pièces des Peuples et Villes de celles des Rois, et chacune de celles-ci par métaux et par modules; les pièces Impériales- Grecques et Coloniales formaient aussi des séries séparées. Enfin les pièces Romaines, divisées en -j^s^ Familles et Impériales, se tpouvaiei^t encore subdivisées pjir métaux et par inodules.

Une collection se trouvait ainsi inorcelée en plus de vingt séries, qui, ep appelant séparément l'atten-

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tioD, l'éloignaient du but unique; vers lequel on de^ vait tendre, l'avanc^oient de la science {mr l'examen comparé de toutes les pièces des mêmes lieux et des mém^. temps.

Le manque de méthode et de vues utiles était tel, que des auteurs ont classé, les monnaies Roinaioes par ordre de Revers sans tenir compte des têtes.

402. Les connaissances numismatiques firent peu à peu des progrès vers un môlleur système ; des écrivains, réunissant à l'érudition plus de sens et plus de goût que leurs devanciers, reconnurent Tinsufifisance des classifications usitées. ^Quelques idées plus justes furent émises sur ce jsujet. Enfin , un écrivain qui a fait faire de grands pas à notre science , Peilerin ^ admit, le premier, pour les monnaies des Peuples et Villes , une classification convenable. Dans ses premiers ouvrages, publiés en 1 762 et 1 763 , il classa ces pièces dans l'ordre géographique. C'était un grand pas; mais cet essaiétait imparfaitcommelesont tousles essais. Peilerin n'admit que des divisions territoriales trop vastes , et par une suite des arrangemens pratiqués jusque-là, il classa séparément les monnaies des Rois, celles des Iles, les Impériales -Grecques,

les Coloniales.

Il n'eq avait pas moins jeté Içs bases d'une classification rationnelle, complète et féconde eo^ résultats. Ce ncmveâu système fut généralement approuvée

4o5. Un homme qui devak tirer parti de ces premières tentatives s'occupa spécialement de perfec-

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