‹ Manuel de pathologie et de clinique chirurgicales v.2, 1958Chapitre 119 sur 188 · II. Blessures de l'orbite · texte numérisé non relu

II. Blessures de l'orbite

Nous décrirons dans ce chapitre : 1" les plaies qui intéressent les parties molles péri-orbitaires, plaies stiperficieHes ; 2" les plaies qui intéressent les parties contenues dans Torbite, plaiex pénétrantes,

5t. — Plaies superficielles.

Elles occupent surtout le bord orbitairo, et |>articuiièrcmoiit le bord supérieur et externe. Ces plaies ne présentent généralement pas d'indication particulière. Nous devons cependant mentionner certains accidents nerveux primitif attribués à l'ébranlement communiqué au cerveau ou conséentifii à l'inflammation qui se développe dans cette région.

Il est un point des plaies de l'orbite qui mérite d'appeler raltoulioii des praticiens. Nous voulons parler des troubles sensoriaux consécutifs à ce genre de lésion. On possède un assez grand nombre d'observations d'amaurose survenue à la suite de plaie des sourcils. Cette affection a

(1) Pour la rédaction de ee chapitre, nous nous sommes «^rvi des malériaiiv publia dans les Archivei d'fiphthalmolûgir, 1853 ù 1856, et snrtoul des ouvra^c^ t\c MM. Desraarresi, fîosselin et nfinonviUior», tie riroiiogmpliio il«» M. Sirbol, pIl'-

été attribuée à la lésion du nerf frontal : les expériences de Vicq d'Azyr ont parfailoment démontré l'influence que les blessures de ce filet nerveux avaient surla vision; mais les explications qui ont été données de ce phénomène sont loin d'être satisfaisantes, et l'on comprend difficilement qu'une lésion du nerf frontal puisse agir'sympatliiquement sur l'œil par l'intermédiaire des anastomoses qui existent entre ce nerf et le ganglion ophthalmique. L'amaurose et les accidents du cdtc du cer\'eau ont été attribués à une affection cérébrale produite par la lésion elle-mêine, oa à l'inflammation qui s'est propagée de la blessure à l'encéphale.

Les contusions des parties molles péri-orbitaires ne sont pas très rares. Celles qui occupent le bord supérieur et externe sont les plus fréquentes, ce qui tient à la saillie formée par l'apophyse orbitaire externe. Quelquefois un instrument contondant fait une plaie aussi nette que celle qui aurait été faite par un instrument tranchant. Cette particularité est due à la forme de la partie de l'os frontal qui, dans cette région, est presque tranchant ; enfln les coups violents portés sur la région orbitaire peuvent déterminer des fractures des os de l'orbite.

§ 2. — Plaies profondes.

Les plaies profondes de l'orbite sont fort g;raves ; non-seulemeot toutes les parties contenues dans l'orbite, globe oculaire, muscles, vaisseaux, nerfs, peuvent être divisées, mais encore rinstrumentquia produit la blessure peut traverser la lame criblée de Tethmoïde, U voûte orbitaire et pénétrer dans le crâne ; la plaie orbitaire est alon compliquée de plaies des méninges et du cerveau; d'autres fois, l'instrument perforant également l'orbite, peut pénétrer dans ufl sinus. Dans un cas observé récemment par M. Nélaton, le sinus caverneux avait été ouvert, et une esquille avait déchire l'artère carotide interne. Nous reviendrons sur ce fiut en décrivant les tumeurs de rorbite.

Les symptômes de blessures de l'orbite sont : une douleur très vive dans le globe de l'œil et dans la région frontale. Si le globe oculaire est resté intact, il est chassé en avant, il y a une véritable exophthalmie. Celle-ci est instantanée lorsque le corps étranger a causé des déso^ dres très étendus et a repoussé le globe de l'œil en avant. Elle est très rapide lorsqu'elle est causée par un épanchement sanguin survenu dans la cavité orbitaire ; elle peut être consécutive à l'inflafflmalion du tissu cellulaire inlra-orbilaire ou déterminée par la présence du corps étranger lui-même, qui prend dans l'orbite une partie deli place occupée par le globe de l'œil.

Nous n'insisterons pas sur les symptômes généraux qui appartieo nent à ces sortes de plaies ; souvent ils ne sont autres que ceux qui caractérisent la commotion, la contusion et la compression du cerceau, quelquefois, et surtout lorsqu'il y a eu lésion de l'encéphale, on obserie les signes de l'encéphalite; mais, nous le répétons, nous ne crovon?

APFECTIONS DE L'ORBITE. 485

pas devoir y insister, car, identiques avec ceux qu'on observe dans les plaies de tcte, nous les avons étudiés précédemment.

La perforation du globe de l'œil est assez fréquente ; cependant cet organe échappe plus facilement qu'on ne pourrait le supposer à l'action des instruments qui pénètrent dans l'orbite ; sa consistance, sa forme arrondie, le poli de sa surface lui permettent souvent de fuir au-devant de l'agent vulnérant. La lésion des nerfs de l'orbite, et particulièrement du nerf optique, déterminent instantanément la perte de la vue ; une commotion de l'œil peut produire le même résultat. Ënfm la lésion des muscles, celle de leurs filets- moteurs peut amener des troubles notables dans l'exercice de la vision. Cependant nous devons dire que, malgré l'importance et le nombre des organes contenus dans la cavité orbitaire, il n'est pas rare de voir des plaies de l'orbite, même celles qui ont été produites par un instrument volumineux, permettre encore à l'organe de la vision de remplir plus ou moins complètement SCS fonctions.

EnOn nous devons signaler, comme accidents appartenant à ce genre de lésion , le phlegmon du tissu cellulaire inlra-orbitaire. Cette affection détermine des troubles variables; sa terminaison la plus heureuse est celle qui permet, par une incision, de vider le foyer ; l'œil qui avait été déplacé reprend, après cette petite opération, la place qu'il avait primitivement, et conserve quelquefois ses facultés.

Les plaies dé l'orbite par armes à feu sont fort graves. Les projectiles pénètrent-ils d'avant en arrière, ils se logent dans la cavité orbitaire ou pénètrent dans le crâne et causent des accidents mortels. Les plaies sont-elles transversales ou obliques, le globe de l'œil peut échapper à la destruction, souvent le projectile laboure la face, et il en résulte des délabrements considérables, dont les conséquences sont une cicatrice très difforme, la perte de la vision soit par destruction, soit par commotion du globe de l'œil , et souvent par lésion des nerfs qui s'y rendent.

Le pronostic des plaies de l'orbite est fort grave, et souvent une plaie bien légère en apparence détermine les accidents les plus sérieux ; aussi le chirurgien nedevra-t-il se prononcer sur le degré de gravité de la plaie qu'avec la j)lu8 grande circonspection.*

Le traitement «era très énergique : saignées générales et locales, dérivatifs sur le canal intestinal, sur les extrémités, irrigations continues d'eau froide sur l'orbite et même application permanente de glace.

Les esquilles qui n'ont aucune adhérence avec les parties molles seront extraites, les autres seront remises en place. 11 en est quelques-unes qui plus tard se nécroseront ; il en est un certain nombre qui se consolideront.

48ri PATROI.OfilE CHIIiriir.lCAI.R.

f( 3. Fraciuru de ForUle,

Les fractures de VorUie présentent, quant à leur symptomatologif, leur traitement, la plus grande analogie avec les liractures du crâne ; aussi ne nous y arrrlerons-noui pas. L'inégalité du rebord orbitaire peut permettre de diagnostiquer la fracture ; mais souvent Tépaiiciiement sanguin est assez considérable pour empocher le chirurgien de constater ce symptôme.

Les fractures par contre-coup de l'orbite, les Assures peuvent être reconnues à l'ecrhyroose sous-conjonctivale qui se manifeste dans b trois ou quatre jours qui suivent Taccident, et qui diffère essentielle ment de l'ecchymose palpébrale, qui est pour ainsi dire instantanée et qui ost déterminée par la rupture des petits vaisseaux qui vont k rendre aux paupières. Ce signe n'a de valeur, du reste, que quand il est certain qu'aucune violence directe n'a porté sur le globe del'iFfl.

Il est des cas dans lesquels l'orbite a été brisé par des agents vulDérnnts qui ont pénétré dans sa cavité*, ces fractures ont été étudiées iTrr les plaies pénétrantes de l'orbite.

§ 4. — Corps étranger» dans VorhUe.

Les plaies de l'orbite sont souvent compliquées de la présence d'no corps étranger ; ce sont des fers de flèche, des fragments de cooteas, d7!péc,de fleuret; des éclats do bois, etc.*, des projectiles lanséspar la poudro à canon, balles, grains de plomb, etc.; des fragments de verre ; cnQn co sont des esquilles appartenant aux pajroîs de l'crinte fracturé.

On comprend que ces corps étrangers déterminent par leur présence des accidents fort divers, subordonnés d'ailleurs à )s lésion des organrt contenus dans la cavité orbitaire, et même k la lésion du eervesu; c'est ainsi quo l'on observe des phénomènes cérébraux fort graves, qui enlèvent le malade en peu de temps ; d'autres fois, ce sont des accidents bornés à l'œil et à l'orbite ; tels sont les phlegmons et la fonte purulente de l'œil. Dans certains cas, l'œil est amaurotique, sans avoir éprouvé aucun changement apparent ; dans des circonstances plus rares, il no survient que des accidents peu graves : l'œil conserve plu^ ou moins complètement la faculté de percevoir les rayons lumineux.

Quoi qu'il en soit, lorsqu'un corps étranger est resté dans l'orbite, il est indiqué de procéder le plus tôt possible à son extraction, quand ellr est possible. Le chirurgien recherchera avec précaution le siège di corps étranger. 11 ne devra pas toutefois pousser son exploration tiop loin, car il n'est pas très rare d'observer des cas dans lesquels des eorpi étrangers, restés longtemps dans l'orbite, ont été expulsés par k wofpuration, et d'autres dans lesquels ceux*ci ont été retirés au bout d'ai temps plus ou moins long, et n'ont déterminé que des accidents peu tèrieux pendant leur séjour. C'est ici le lieu de mentionner ec M m remarquable, observé par M. Nélaton. Il s'agit d'un malade quiaport^ pendant deux ans dans l'orbite la pomme d'ivoire d'un parapluie :

ArrecTiOMS de l'orsite. 4H7

relle-ei était longue de 4 centimètres, et avait un diamètre de 1 5 millimètres (I).

ni.. TCMEURS DE I/OBBITC. *

Les tumeurs qui se rencontrent dans l'orliite sont extrêmement nombreuses et peuvent toutefois se ranger en deux grandes classes : l» celles qui se développent dans l'orbite, nous nous en occuperons particulièrement ; 2" celles qui, nées dans uu^ autre région, pénètrent dans la cavité orbitaire. Nous n'insisterons pas sur ces dernières, car leur pérégrination dans Torbite n*est, pour ainsi dire, qu'un accident de leur évolution.

Cependant il doit ef» être question, car elles jouent un rôle important dans le diagnostic des affections de Torbite, et elles provoquent des symptômes qui d'ailleurs appartiennent à la plupart des tumeurs développées dans la cavité orbitaire.

Les tumeurs de l'orbite sont de natures très différentes et donnent lieu à des symptômes qui leur sont propres ; mais il fiiut remarquer que toutes ou presque toutes provoquent dea accidenta qui leur sont communs. Aussi, pour éviter des redites inutiles, diviserons-nous ce chapitre en deux parties : dans la première, nous traiterons des tumeurs de l'orbito en générai ; dans la seconde, nous examinerons ces tumeurs en particulier.

A. Des tumeurs do l'orbito en çénénA,

Les tumeurs orbitaires peuvent être divisées d'après leur siège en : i^ lum^rs du somfj^et ou d(4 fond de Vorhife; 2Ùum^rs de la partie moyenne; 3" tumeurs de la baie. Et l'on comprend qu'elles déterminent des symptômes différents, selon qu'elles occupent tel ou tel point de la cavité orbitaire.

Symplomatologie» — Parmi les symptômes généraux qui appartiennent aux tumeurs orbitaires, nous signalons.

1° VfXQplUhaliinic et Yamc^urose. Les tumeurs du fond de l'orbite projettent Vmil en avant ; il y a exopUtbalmie ; elles compriment le nerf optique,, et par conséquent elles déterminent l'amauroso. Celle-ci peut être provoquée par l'allongement du nerf optique \ mais il faut remarquer qu'en raison des ilexuosités de ce nerf, l'amaurose ne s'observe qu'au bout d'un temps plus ou moins long, car Pœil peut être projeté en avant, sans qu'il y ait distension du nerf ; d'un autre côté, il peut arriver que st l'amaurose est déterminée par la compression , elle cesse en totalité ou en partie lorsque la tumeur a franchi l'aponévrose oculo-orbitaire et qu'elle peut facilement sa développer en avant.

Les tumeurs de la partie moyenne compriment le globe de Toeil, le déplacent dans tel ou tel sens ; l'amaurose ou l'exophtlialmie peuvent

(1) Archhet â'nphthahmtegi*, 4954, t. m, p. KO.

488 PATHOLOGIE CHIBDRGICALE.

«'Ire la conséquence du développement de ces tumeurs , mais ce n'est que consécutivement ; et la perte de la vision, qui n*est que partielk dans certains cas, est produite par la distension du nerf optique ; Texoplitlialmie est souvent oblique.

Les tumeurs de la base, au contraire, tendent à refouler le globe de Tœil en arrière, et ce n*est qu'au bout d'un temps quelquefois très lonj;, et subordonné d'ailleurs au développement de la tumeur en arrière, que l'on observe Vamaurosc ou l'exophthalmie.

2" La déformation du globe de Vœil. — Nous signalerons ici deui points auxquels on a attaché une grande importance ; ainsi le déitioppemeiit d'une tumeur du fond de Torbite comprimant le globe de l'œil en arrière diminuerait son diamètre antéro-postérieur et causerait la presbytie ; les tumeurs latérales, au contraire, diminueraient le diamètre transverse et augmenteraient le diamclre antéro-postérieur, il y aurait myopie. M. Desmarres fait observer que, dans ces cas, la myopie ne saurait être corrigée par les verres concaves, qu'il n'a jamais observé de presbytie, et que, par conséquent, il ne saurait admettre cette théorie qui appartient à M. Tavignot.

3" Forme, évolution^ étendue^ etc. — A moins que les tumeurs ne siègent à la base de l'orbite, il est fort difficile, pour ne pas dire impossible, d'en apprécier la forme au début, car c'est seulement par l'examen des troubles fonctionnels que l'on peut établir des suppositions. M. Tavignot a remarqué que, abstraction faite du siège primitif de ces tumeurs, elles tendaient à se développer, soit à la partie supérieure, soit à la partie inférieure de la cavité orbitaire, et que bien rarement elles se développaient sur les parties latérales. L'évolution des tumeurs orbitaires est variable, leur nature, leur siège exercent une grande influence sur leur marche, et pour ne parler que du siège, nous devons dire que, toutes choses égales d'ailleurs, une tumeur du fond de l'orbite, resserrée entre le globe de l'œil et les parois osseuses, se développera beaucoup plus lentement qu'une tumeur de la base.

4" Allérations du globe de l'œil. — Nous ne ferons qu'indiquer l'inflammalion et l'ulcération de la cornée, causées par l'cxophtlialmie ; l'immobilité de la pupille, le strabisme déterminé par la compression et la paralysie des nerfs moteurs de l'iris et des muscles de l'œil.

5" Altérations de la cavité orbitaire. — La cavité orbitaire peut être élargie, les sutures peuvent être écartées, les parois détruites par la carie, la nécrose , perforées par des tumeurs anévrysmalcs, etc. ; enfin la cavité peut être rétrécie par des tumeurs développées dans le voisinage de l'orbite, dans les fosses nasales, les sinus maxillaires frontaux et sphénoidaux, dans le crâne. Ce rétrécissement est antérieur à la présence de ces tumeurs dans la cavité de l'orbite.

6* Altérations des parties voisines de Vorbite. — Dans ce paragraphe, nous ne voulons que mentionner les prolongements des tumeurs de

l'orbite dans la cavité crânienne, dans les divers sinus et dans les fosses nasales.

Nous n'avons fait qu'indiquer les lésions anatomiques que peuvent produire les tumeurs orbitaires, la symplomatologie de ces altérations appartenant à des affections distinctes, qui seront étudiées dans d'autres parties de cet ouvrage (voy. Kératiley Ulcères de la cornée^ Compression du cerveau, etc.).

Le diagnostic dés tumeurs de l'orbile est le plus souvent entouré des plus grandes difficultés : ce n'est en effet que quand ces tumeurs sont apparentés à l'extérieur que l'on peut porter un diagnostic cer< tain ; cependant il en est quelques-unes qui seront reconnues à l'aide d'un examen attentif. Nous y reviendrons en décrivant les tumeurs de l'orbite en particulier.

B. Tumeurs de l'orbite en particulier.

S 1 . — Phlegmons el abcès.

Le phlegmon de l'orbite se développe sous l'influence de causes très diverses. On l'a vu causé par des blessures de l'orbite, par la présence de corps étrangers, par des opérations pratiquées sur le globe de l'œil ou ses annexes, telles que la cataracte par abaissement ou le strabisme. Il peut survenir à la suite d'érysipèlc de la face, de la rougeole , de variole, de scarlatine ; enfin il peut se montrer sans cause appréciable.

Symptomatologie. — L'aifection débute par une douleur sourde qui ne tarde pas à augmenter d'intensité et à devenir extrêmement violente ; le globe de l'œil est déplacé , il y a cxophthalmie directe ou oblique ; souvent la conjonctive est le siège d'un chémosis considérable qui recouvre la cornée ; les mouvements du globe de l'œil sont plus ou moins gêné« , quelquefois entièrement abolis. Les troubles fonctionnels de l'organe de la vision sont très marqués : photophobie, mydriase, diplopie et même amaurose. Les paupières sont tuméfiées, ainsi que les parties voisines de la face. Le globe de l'œil participe quelquefois à l'inflammation : il survient une kératite, une ophthalmie, qui se termine par la* perforation et la fonte purulente do l'œil.

A ces symptômes locaux se joignent des accidents généraux, tels que fièvre, agitation, délire, insomnie, etc.

Le phlegmon de l'orbite peut causer la mort très rapidement , par suite de l'intensité des accidents généraux et par la propagation de l'inflammation aux méninges. 11 se termine : 1** par résolution ; dans ce cas, les symptômes s'amendent graduellement, et l'œil reprend peu à peu sa position normale ; 2* l'œil recouvre ses facultés visuelles ; 3" il reste aflaibli ou amaurotique ; 4** la terminaison la plus fréquente est sans contredit la suppuration ; il se forme un abcès âe Vorlite,

400 PATHOLOGIE CHIADMICALC.

Urique le pus eommeDce à se former, les douleurs devimment moins vivos, on observe des frissons plus ou moins intenses, l'œil est pins uillant, et dans un des points du pourtour de Torbite, on coustate une saillie recouverte par la conjonctive tuméfiée et ayaot une eoujeur jaunâtre ; c'est le siège du foyer purulent. Bientôt l'abcès ouvert toit spontanément, soit avec le bistouri, donne passage à une certaine quantité de pus mêlé à des lambeaux de tissu cellulaire gangrmé.

Cette suppuration entraîne quelquefois la perte de Torgane de 1b vision et la fonte purulente de l'œi).

Les abcès de l'orbite présentent quelquefois une marcbe chronique chez les individus à mauvaise constitution ou affaiblis par des maladies antérieures. Dans quelques cas, on a vu le phlegmon de l'orbite se terminer par une induration du tissu cellulaire, qui apporte des trovblés dans les mouvements et les fonctions de l'œil. Ces accidents, variables d'ailleurs avec retendue du mal, ne sont jamais très graves.

H est des abcès qui offrent tous les caractères des abcès froids, d'autres qui sont symptoraatiques d'une lésion des parois de l'orhitf. Ils ont une certaine tendance à s'enkyster, et sont beaucoup moins graves que les abcès aigus.

ùiagnoilic, — 11 est obscur au début; cependant l'exophlbaloiie, la douleur intense, les symptômes généraux peuvent permettre de reconnaître la maladie : celle-ci pourrait néanmoins être confondue avec le phlegmon du globe de l'œil. L'empâtement et rinfiltration de la conjonctive rendent quelquefois difficile la perception de la fluctuation.

Pronostic, — Grave, puisque la maladie se termine quelquefois par la mort des malades, et souvent par la perte totale ou partielle île la vision.

Traitement. — Au début, on appliquera un traitement anMphlogistique énergique, saignées générales et locales, dérivatifs sur le ranai intestinal , applications réfrigérantes sur la globe de l'icil. Si par res moyens on ne peut obtenir la résolution, il faut outrir le foyer purulent ; l'instrument sera porté le plus loin possible du globe de l'œil sa niveau du pourtour de Torbite. Ce précepte sera suivi quand bien même la tumeur offrirait une saillie plus considérable dans un autre point. Une mèche sera introduite dans le foyer, et la cicatrisation sera surveillée avec soin, car il fdut éviter des cicatrices vicieuses entre h solution de continuité et les paupières.

§ 2. — Hypertrophie du tissu celluiaire de Vorbite,

Cette affection, au dire de M. Desmarres, coïncide souvent avec un goitre assez prononcé ; elle se développe avec une certaine lenteur ; on observe une exophthalmie directe peu considérable, accompagnée d'un boursouflement de la base des paupières ; si l'on cherche à repousser le globe de l'œil on arrière, ee boursouflement augmente. La

paupière supéfietirc ne fecoutrè plus cmoptétemcnt !a cornée ; les moifvefnents dtf globe de fœfl sont plus ou Aïoitis altérés.

Le dêogfMstio de cette «ffeotion est fort ebscur, surtout lorsque Tliy* pertrophie du tissu cellaire occupe le fond de Torbite.

Pronostic. — Cette affection est peu grare ; elle marche avec une grande lenteur ; fort sottrent elle reste statlonnairé, et elle peut disparaître spontanément.

Trcûtemenl. — M. Desmarres conseille la compression du globe de Tocil, riodoré de potastihtm à Tintérieiir ; H reeotnmaade^ pendant le sommeil 4 de maltftanir lés fratupléres Rapprochées à Taide d'un morceau de taffetoi d'Angleterre^ aflrt de prévenir Ttilééfatkm de la eoritée.

S 8. *- Lipomes.

Ce n'est qu*une hypertrophie partielle du tissu cellulaire de l'orbite. Mous n'avons donc que peu de chose à ajouter a ce que nous avons dit dans le paragraphe précédent. On remarque l'exophthalmie oblique, et la diplopie, qui est la conséqtfènee de hi déviation du globe de Toeil. Le boarsoufleffleiil des paupières s'observe seulement dans le point occupé par la tmneur graiiseme.

Lorsque le lipome est peu velumineint et qn'il occupé la base dé l'orbite, il est quelquefois possible d'en foire l'extirpatiofi.

8 4.-^ Kyitei.

Les kystes l'orbite ne sont pas très rares ; on observe ; 1** des kytèes simples, renfermant de la sérosité ; 2° des kystes hydatiques ; 3** des kystes renfermant de la matière mélanique, des poils ; dans une de ces tumeurs on a constaté la présence d'une dent.

Les symptômes des kystes sont ceux que nous avons d^à indiqués en décrivant les ttimeurs de l'erfoite eit général, eîtophthalmie, am« blyopie, amattrose ; ces tumeurs ent peu de tendanee à déformer les parois de l'orbite ; elles se portent généralement en avant. Dans un cas rapporté fat Dripech« la tumeur s'était engagée dans le crâne par le trou optique^

Le kystd ne pett être recoimil que qoand il est devenu accessible à l'exploration diigitale. Il se présente soné l'aspect d'une ttfitaeur lisse, très dure, résbtante ; d'autres ibis plus molle, élastique. La nature du kyste ne peut souvent être reconnue que par là ponction exploratrice; ce mode d'exploration permettra de reconnaître les kystes multiloeidaires.

TrâHemérit. — téi kystes simples seront attaqués par la jH)nction y mais ce procédé ne constitue qu'un moyen palliatif, car le liquidé éé rej^rodttit rapideiliéBt; enjoindra donc à ce mode de traitement une injéétidn irritante tiiieùsé ou mieux iodée.

492 * PATHOLOGIE CHIROIGICALE.

Les kystes mucilagineux seront extirpés complètement. 11 en est de même des kystes muUiloculaires. Dans certains cas, on pourra se borner à rincision ou à l'excision de la paroi antérieure de la poche, et Ton provoquera avec de la charpie la suppuration de la portion restante. Mais, à ce procédé, on devra toujours préférer l'extirpation lorsqu'elle sera praticable. Elle ne peut être appliquée aux tumeurs trop profondes, ou dont les parois sont extrêmement minces.

§ 5. — Anévrysmes.

. L'ancvrysme de l'artère ophthalmique est fort rare, on le reconnais trait aux signes des anovrysmes ; cette affection peut être confondue avec une tumeur érectile de l'orbite ; mais l'erreur est peu grave, ear le traitement est le même. Les tumeurs anévrysmales sont tantôt limitées à l'orbite ; d'autres fois elles s'étendent plus ou moins loin dans les parties molles voisines, à la face et aux paupières, etc.

§ 6. — Anévrysme artérios(hveineux.

Nous avons déjà parlé du malade sur lequel nous avons observé cette affection (voy. Plaies de V orbite), La tumeur qui produisait l'exophthalmic était constituée par une dilatation considérable de la veine ophthalmique qui recevait du sang artériel, l'artère carotide interne ayant été blessée et étant ouverte dans le sinus caverneux. La tumeur était en partie réductible , présentait des battements isochrones à ceux du punis, et le bruit de souffle caractéristique des tumeurs anévrysmales, la compression de la carotide faisait cesser le souffle et les battements.

■M § 7. — Tumeurs érectiles. '

Ces tumeurs débutent quelquefois d'Une manière brusque et inattendue, d'autres fois elles marchent avec lenteur. Elles sont caractérisées par des douleurs plus ou moins vives, et surtout des battements et un bruit fort incommode pour les malades, et qu'ils comparent à un courant d'eau ou au bruit d'un soufflet. La vision s'altère, l'œil est repoussé en avant, bientôt la tumeur apparaît entre les paupières et le pourtour de l'orbite, elle est inégale, mollasse, pulsative à la vue et au toucher. Elle envoie quelquefois des prolongements du côté des artères frontales, transversales de la face, etc., parfois les veines du voisinage et de la conjonctive sont variqueuses. L'oreille appliquée sur la tumeur perçoit une sorte de susurrus, un bruit de râpe; la compression de la carotide primitive diminue le souffle et les battements. Quelquefois les deux orbites sont envahis et les deux tumeurs paraissent avoir entre elles des communications.

Le traitement seul convenable de ces tumeurs est la li<*ature de la carotide primitive. Dans un cas de M. Vclpeau, b ligature**de la caro-

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