Ulcères de la cornée
Les ulcères de la cornée sont la conséquence des kératites, des pustules, des abcès de la cornée.
Us sont superficiels ou profonds; les ulcères superficiels sont constitués par la rupture des phlyctènes de la kératite pustuleuse ; ils sont uniques ou multiples : d'autres fois , ils sont en très grand nombre, très rapprochés, très petits, comme s'ils avaient été faits avec la pointe d'une épingle, ulcères pointillés \ d'autres, plus larges que les précédents, se rencontrent, avecles ulcères voisins, sous des angles variables ; ils simuleraient assez bien les yeux à facette des insectes, ulcères à facettes.
Les ulcères profonds ^ c'est-à-dire ceux qui ont envahi une grande épaisseur des lames de la cornée , se présentent également sous différentes formes : tantôt les bords sont circulaires, taillés à pic, ulcères cupuliformes ; tantôt ils sont disposés en demi-lune, ulcères en coup d'ongle^ cette variété succède à la conjonctivite punilente, et occupe généralement toute la circonférence de la cornée ; ils sont superficiels et étroits à leur extrémité, larges et profonds à leur centre. Dams
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carlaiD» cas, à la suite de chémosii ou d'inflammatioa eontidéraUe, ki vlcèrei occupent la circonférence de la cornée, uUères annuUim.
Tous les ulcères sont, du moins à leur début, dépourvus de vaiiseaui et transparents ; mais il en est d'autres qui sont recouverts par use espèce de pseudo- membrane blanchâtre , ulcères pulpeuw ; d'autres, dont le fond iirésente une coloration rosée due à û présoBce de vaisseaux Ans et déliés, ulcères vatculaires.
Tous CCS ulcères ont des symptômes commuas, tels que le larmeisment, la pholophobie, raltéralion de la vue. Il est clair que ces symptômes sont subordonnés à l'état d'acuité ou de chronicité delà maladie, h la transparence plus ou moins parfaite de l'ulcère. Ainsi , dans ks ulcères aigus très transparents, la photophobie et le larmoiement sont considérables ; ces symptômes sont nuls ou à peu près , lorsque kf ulcères ont perdu leur transparence. La vision est à peine modifiée dans certains cas; elle a éprouvé dans d'autres uue altération plut ou moins grande qui tient à l'inclinaison des surfaces ulcérées, as défaut de transparence ; parmi les symptômes généraux, nous sifnalerons la douleur qui est quelquefois très vive, d'autres fois à peu près nulle.
La marche de ces ulcères est variable : tantôt elle est extrêmeoMiit rapide, et la perforation de la cornée arrive en vingt- quatre ou quarante huit heures ; tantôt ils prennent la forme chronique ; les symptômes généraux s'amendent progressivement , mais l'ulcération persiste, et alors, sous l'influence de causes diverses, les accidents reparaissent pour se calmer de nouveau ; il est des cas où l'ulcère gagne constamment en profondeur et en étendue.
La terminaison h\ plus fréquente des ulcères de la cornée est la cicatrisation : une substance plastique , sécrétée par la surface ulcérée, se dépose sur rulcère et le comble peu 5 peu. Cette substance opaque s'absorbe, la cornée reprend insensiblement sa transparence, ce n'est que dans les cas où l'ulcère est très étendu , que l'on voit l'opacité persister. D'autres fois les angles des ulcères à facettes semblent s'effacer peu à peu, et la maladie guérit sans que Ton remarque d'opacité. Mais il n'est pas rare de voir l'ulcère, continuant sa marelM envahissante, détruire la plus grande partie des lames de la cornée; alors la couche la plus profonde ne peut résister à l'action de l'hameor aqueuse : il y a un kératocèle Dans des cas rares, toute la cornée esl détruite, la membrane de l'humeur aqueuse fait elle-même hemieï travers la solution de continuité; d'autres fois la membrane de l'bomenr aqueuse se perfore ; il y a perforation et fistule de la cornkt. Enfin, dans des cas très rares, et c'est ce que l'on observe pour le* ulcères annulaires, la cornée, cernée tout autour par l'ulcération, tombe tout d'une pièce et l'œil se vide.
Traitement. — On conçoit que le traitement des ulcères de la coroée doitôire le môme que celui des affections qui les a produits; toutefbii l'aieération elle-même nécessite quelques indications. L'ulcération davit
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être eftutérisée avec le sulfate de cuivre ou Tazotate d'argent, avec du laudanum : on prescrira des collyres à l'azotate d'argent, au ratanhia, au chlorure de sodium. L'acétate de plomb devra être proscrit à cause des taches métalliques qu'il laisse sur la cornée après la guérison. Lorsque la cicatrisation est commencée, il faut se contenter de la surveiller et n'employer les excitants que dans le cas où le travail réparateur resterait stationnaire.
Â. Perforations et fistules de la cornée.
Les perforations de la oomée succèdent, comme nous l'avons dit, aux ulcérations ; elles peuvent occuper tous les points de la corné«; leur siège, leur forme, leur étendue sont d'ailleurs en rapport avee te siège, la forme et l'étendue de l'ulcère qui leur a donné naissance. Au moment de la perforation, il se fait comme une espèce de détente dans le globe de l'œil ; l'humeur aqueuse coule au dehors, l'iris s'applique sur la face postérieure de la cornée et s'engage dans la solution de continuité, à moins que celle-ci ne corresponde à la pupille. Là perforation de la cornée se termine par la cicatrisation, par la déformation de la pupille, conséquence du staphylôme de l'iris ; par une fistule de la cornée, par la destruction de l'œil lorsque la perte de sulh stanee est très étendue-
Les fistules de la cornée surviennent lorsqu'à* la suite d'une perforation de cette membrane la cicatrisation se fait attendre, ou lorsqtat l'iris ne s'engage pas dans la perte de substance. Les fistules dé kl cornée donnent lieu à un écoulement incessant de l'humeur aqueuse ; les chambres de l'œil sont vides, l'iris est appliqué sur l'appareil eris^ tallinien ; la cornée, flasque, ridée, est appliquée sur l'iris ; l'œil paratt moins volumineux qu'à l'état normal. Cet état ne peut persister pendant longtemps sans produire de graves lésions du globe de l'œil ;. la membrane de l'humeur aqueuse, l'iris, la capsule cristalline, la cornée, etc., se trouvent altérées dans leur texture ; la vision ne tarde pas à être impossible. Dans quelques cas, la perforation se couvre d'une pellicule mince peu résistante qui se brise sous l'influence de la pression exercée par l'humeur aqueuse ; la fistule se reproduit pour se fermer encore incomplètement , jusqu'à ce qu'un travail complet de cicatrisation ail amené une guérison solide.
Le traitement des perforations et des fistules de la cornée consiste surtout en des moyens prophylactiques. Le malade sera couché sur le dos, les paupières complètement closes et fixées avec des bandelettos de taffetas d'Angleterre; de temps en temps on pourra toucher l'ulcération avec un crayon de nitrate d'argent ou de sulfate de cuivre. Il faut se garder des collyres astringents qui pénétreraient dans la chambre antérieure.
B. Opacité de la cornée.
Parmi les accidents' qui surviennent à la suite des kératites, des ulcères de la cornée, des plaies de cette membrane, nous avons signalé
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ropacité. Cette opacité apporte, par sa positioa surtout, un obstacle plus ou moins grand à rexcrcice de la vision ; nous n'avons pas besoin d'insister sur ce point , dont il est d'ailleurs extrêmement facile de se rendre compte. Ces taches peuvent, en raison surtout de leur épaisseur, ôtre divisées en trois classes.
l*" La nubécule ou le néphélion^ qui ressemble à une espèee de nuage. Cette afTection est peu grave , disparaît souvent spontanément : c'est contre elle qu'on a préconisé rinsufflalion dans l'œil du sucre candi uni au calomel, l'instillation de laudanum, etc.
2** L'o/6u^o. — Il est constitué par une tache plus épaisse qui occupe plusieurs des lames de la cornée. Cette espèce est plus ^rave que la précédente; elle est quelquefois vasculaire. La disparition spontanée de Talbugo est rare ; on a conseillé contre cette affection les pommades résolutives de Lyon, de Janin, de Desault.
3" Le leucoma constitue une tache encore plus profonde et qui est le résultat des ulcérations profondes, des perforations de la cornée. H est fort rare que l'on puisse en obtenir la disparition.
Les taches de la cornée» surtout les deux dernières, amènent quelquefois la perte complète de la vue : c'est ce qui arrive lorsque la taebe occupe toute la cornée , ou qu'elle est située dans le champ de II pupille. Si, dans le premier cas, la vue ne peut être rendue au malade que par la destruction de la tache, dans le second, il y a encore posâbilité de rétablir la vision en pratiquant l'opération de la pupille ariîfieielle.
Il est encore une ressource extrême à l'aide de laquelle on peut rendre la vue au malade; nous voulons parler de Vabrcision dé la cornée, opération qui consiste à enlever les lames opaques qui s'opposent aa passage des rayons lumineux. Cette opération, remise en honneur par M. Malgaigne, compte un certain nombre de succès.