‹ Manuel de pathologie interne (volume 2)Chapitre 239 sur 292 · SYPHILIS DU CŒUR · texte numérisé non relu

SYPHILIS DU CŒUR

Bien que signalées dès 1859 par Virchow, les lésions syphilitiques du cœur sont encore mal connues et leur diagnostic ne se fait en général qu’à l’autopsie.

Étiologie. — C’est surtout à la période tertiaire, vers la dixième année de l’infection syphilitique (Jullien), parfois plus tôt, parfois plus tard, qu’on observe la syphilis cardiaque. Parrot a publié plusieurs observations de syphilis héréditaire du cœur chez le nouveau-né.

Anatomie pathologique. — La syphilis atteint exceptionnellement les valvules; habituellement elle frappe le myocarde, de préférence au niveau du ventricule gauche.

MALADIES DU MYOCARDE.

La cloison interventriculaire et les oreillettes sont plus rarement atteintes.

Le processus syphilitique se manifeste ici sous ses deux aspects habituels, la gomme et la sclérose. Celle-ci n’est guère reconnue que par sa localisation bien nette en un point du cœur, les autres zones cardiaques en étant indemnes, et par l’intensité "des lésions artérielles à ce niveau, les artères des autres régions étant saines. Ce sont là toutefois des caractères qui n’ont rien de spécifique et qui permettent tout au plus de soupçonner l’existence de la syphilis, surtout en l’absence d’autres manifestations viscérales de même ordre.

Les gommes syphilitiques, pour le cœur comme pour les autres organes, constituent la seule lésion nettement spécifique; leur aspect jaunâtre, leur consistance élastique, leur délimitation bien nette, leur multiplicité ou la coexistence de gommes miliaires dans le voisinage, la constatation de lésions semblables dans le foie, dans les reins, etc., sont des caractères qui ne trompent guère. Tantôt circonscrites par le tissu musculaire sain, elles font saillie soit vers l’endocarde, soit vers le péricarde. Les séreuses sont épaissies, les feuillets du péricarde peuvent adhérer entre eux, et une symphyse cardiaque partielle peut en être la conséquence. Tantôt, au contraire, l’endocarde n’est pas épaissi, il est ulcéré, la gomme s’est vidée dans la cavité ventriculaire et le sang est entré dans la cavité creusée aux dépens du myocarde. La possibilité d’un anévrysme partiel du cœur est facile à comprendre.

Description. — Souvent la syphilis du cœur reste latente et n’est découverte qu’à f’autopsie.Dans d’autres cas elle se révèle par tous les signes d’une affection chronique du myocarde : augmentation de la matité précordiale, bruits du cœur sourds, étouffés, irréguliers (Scmmola)1, pouls fréquent, petit, dyspnée d'effort, œdème et cachexie, en un mot on assiste à l’évolution

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