Gilbert et Lyon. Société de biologie, février
■i. Vincent. Sur un cas expérimental de poliomyélite antérieure Archives expérimentales de médecine, 1893.
5; Roger. Atrophie musculaire progressive expérimentale. Annales, de l Institut Pasteur, 1892.
6. Bourges. Myélite diffuse expérimentale. Archives de médecine expérimentale, 1893.
et Besançon. Myélites infectieuses expérimentales par •treptocoque. Annales de Vlnslitul Pasteur, février 1895.
ÏIALADIES DU SYSTÈME NERVEUX
la moelle, et sa toxine vient néanmoins adultérer l’axe bulbo-spinal (diphlhérie).
Les accidents paralytiques chez les animaux en expérience surviennent à des époques indéterminées, ils sont précoces ou tardifs, parfois même la paralysie survient comme première manifestation apparente de l’infection, l’animal ne paraissant nullement impressionné par les agents infectieux qu’on lui avait inoculés. C’est ainsi, du reste, que les choses se passent chez l’homme; les accidents paralytiques peuvent être contemporains de la maladie infectieuse, ou ne survenir qu’à une époque éloignée de l’infection, l’infection elle-même étant passée inaperçue et prêtant à la myélite les apparences d’une maladie essentielle ou spontanée.
Les troubles médullaires peuvent revêtir les formes les plus variées chez les animaux en expérience. Tel animal est pris d’une paraplégie flasque; tel autre est pris d’une paraplégie spasmodique avec contracture permanente ou paroxystique; chez l’un les lésions paralytiques restent cantonnées au train postérieur, chez l’autre elles envahissent les membres et se généralisent à la façon de la paralysie ascendante de Landry; ou bien encore elles peuvent affecter une forme hémiplégique. Tantôt les muscles | sont respectés, tantôt ils sont atrophiés (amyotrophie). . j Ces différentes modalités ne dépendent pas uniquement de la nature de l’agent infectieux, puisque chez les ani- I maux en expérience, un même agent infectieux, le strep- ; tocoque par exemple, peut présenter toutes les variétés ; de paralysie, flasques ou spasmodiques, paraplégiques ou j généralisées, amyotrophiques ou non amyotrophiques. J C’est également ce qu’on observe en pathologie humaine : { un même agent provocateur (fièvre typhoïde, grippe, ) streptococcie, coli-bacillose), peut déterminer des lésions ; médullaires diverses et par conséquent des symptômes : divers.
Chez les animaux en expérience, la durée et l’intensité . des accidents sont fort variables : troubles paralytiques ;
MALADIES DE LA MOELLE ÉPINIÈRE
fugaces et curables, accidents rapides et mortels, évolution lente et chronique du mal ; ici encore, l’expérimentation est absolument d’accord avec la clinique.
Les lésions médullaires trouvées chez les animaux se présentent sous des formes multiples : parfois on ne constate à l’autopsie aucune lésion, ni des centres nerveux, ni des nerfs, ni des musles; cette absence apparente de lésion, malgré l’intensité des symptômes, est consignée par Charrin et Babinski, à propos des paralysies par infection du bacille pyo-cyanique et par Gilbert et Lion à propos des paralysies par infection d’un microbe recueilli dans un cas d’endocardite. Pareille chose peut exister chez l’homme. Mais habituellement les lésions médullaires trouvées chez les animaux en expérience « se concentrent d’une manière prépondérante ou presque exclusive sur les cellules ganglionnaires de l'axe gris et particulièrement sur les grandes cellules des cornes antérieures )) (Vaillard) : dégénérescence granuleuse, altération du protoplasma et du noyau, état vacuolaire de la cellule, atrophie de la cellule et de ses prolongements, telles sont les lésions, à évolution parfois très rapide, provoquées par l’expérimentation, dans la substance grise. La substance blanche de la moelle présente des altérations moins constantes el moins caractéristiques : néanmoins, chez les lapins infectés par le streptocoque, les cordons blancs étaient atteints, le cylindre-axe était altéré, les tubes nerveux étaient atrophiés (Widal et Besançon). Chez les lapins infectés par le coli-bacille, la substance blanche était également altérée (Thoinot et Masselin).
La névroglie est presque toujours respectée. Les vaisseaux ne présentent aucune lésion de leurs parois, bien qu’ils soient dilatés et cause d’hémorrhagies. Les différentes altérations que je viens d’énumérer, sont habituellement disséminées dans toute la hauteur de la moelle, et généralement plus accusées au niveau des renflements médullaires.
MALADIES Dü SYSTÈME NERVEUX.
Les myélites infectieuses expérivientales dont je viens de donner un rapide aperçu, ont les plus grandes analogies avec les myélites aiguës infectieuses de l’homme. Ici^ aussi, l’infection et la toxi-infection sont la cause avéré* ou déguisée des myélites, que la myélite soit produite par un agent pathogène spécifique, ou par des agents pathogènes qui agissent à titre d’infection secondaire. Parfois le microbe est encore présent au milieu des lésions médullaires, tels sont les cas de Curschmann et Vaillard concernant le bacille typhique, et les cas de Auché et Hobbs» concernant l’infection streptococcique de la moelle des varioleux. Le plus souvent, il est vrai, les microbes pathogènes n’ont pas abordé la moelle, ou ils peuvent avoir disparu et ce sont leurs toxines, ici comme chez 1 animal en expérience, qui ont provoqué les lésions. En clinique, comme chez l’animal en expérience, l’inlection peut déterminer des myélites diffuses aiguës, à lésions disséminées (substance blanche et substance grise) ou à lésions localisées (poliomyélite). En clinique, comme chez 1 animal en expérience, l’infection de la moelle peut se traduire par des formes multiples, avec ou sans amyotrophie, avec ou sans contractures’ avec ou sans troubles de la sensibilité. Le tableau symptomatique peut même être fort varié, quoiqu’il s’agisse d’un même agent pathogène; témoin les remarquables observations de Mossé, concernant trois observations de myélite et polynévrite grippale, ayant évolué différemment, suivant le terrain où l’infection s’était développée.
Nous commençons à entrevoir maintenant l’étiologie et la pathogénie de certaines myélites de cause cachée, myélites autrefois nommées essentielles, spontanées, myélites a frigore, non pas que le froid ne soit pas un agent important, avec lequel il faut sérieusement
1. Auché et Ilobbs. Complications mcdullaires de la variole. Conqrès de Lyon, 1891.
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compter, mais il est un agent incapable, à lui seul, de provoquer une infection. Telles doivent être certaines myélites imputables au coli-bacille et survenant au cours d’infections coli-bacillaires (entérite, diarrhée, cystites, pyélites) et au cours d’infections streptococciques.
Bien que les agents infectieux connus, aient peu de tendance à déterminer d’emblée des myélites chroniques, il n’en est pas moins vrai que le processus infectieux aigu peut se transformer en un processus lent qui aboutit à la chronicité.
Myélites par intoxication. — Je viens de donner une idée générale des myélites par infection, le chapitre des myélites dues à des substances toxiques est moins étendu, moins intéressant, néanmoins il comporte quelques développements de détail qu’on trouvera dans un autre volume, au sujet dos intoxications (ergotisme, pellagre, etc.).
§ 9. POLIOMYÉLITE INFANTILE. — PARALYSIE SPINALE ATROPHIQUE DE L’ENFANCE.
Les myélites que nous allons étudier dans les deux chapitres suivants sont des poliomyélites, c’est-à-dire des myélites dans lesquelles la substance grise gris)
est surtout intéressée; les unes sont plus fréquentes chez le tout jeune enfant, les autres sont plus fréquentes chez l’adulte. Commençons par la poliomyélite infantile.
Description. — La paralysie spinale infantile ou poliomyélite infantile se‘ développe chez les enfants, principalement à l’âge de un à trois ans; elle débute par
MALADIES DU SYSTÈME NERVEUX
une période aiguë, fébrile et paralytique, et se termine par une période chronique, apyrétique et atrophique^.
Le début est absolument insidieux : tel enfant est pris de fièvre, forte ou légère, la fièvre durant quelques heures ou quelques jours, tel autre a des convulsions, tel autre enfin a des troubles gastro-intestinaux et l’on croit souvent à une simple indisposition, sans que d’autres symptômes puissent à ce moment mettre sur la voie du diagnostic. Dans quelques cas, on observe, comme symptôme initial, des douleurs au rachis, au tronc, aux membres, de l’hyperesthésie ou de l’anesthésie* ; l’enfant se plaint, mais comme il ne sait pas préciser nettement le siège et la nature de ses douleurs, le médecin reste dans l’indécision et prononce vaguement le mot de rhumatisme. Parfois on constate dés le début des symptômes de rigidité musculaire, des contractures, qui atteignent surtout les muscles qui seront paralysés.
Peu de jours après ce début obscur et insidieux, et même dès le lendemain, se déclare , une paralysie qui n’affecte nullement la forme progressive, mais qui d’cmblée, ou du moins très rapidement, frappe toutes les parties qui doivent être atteintes. Cette paralysie est rarement généralisée aux quatre membres, parfois elle se localise à une jambe, à un bras, le plus souvent elle revêt la forme de paraplégie.
Le médecin qui, la veille encore, considérait l’enfant comme atteint d’une simple indisposition, de simples * douleurs rhumatismales, d’un simple refroidissement, le médecin trouve le lendemain une famille affolée. « L’en- ; tant, vous dit-on, est paralysé; il ne peut plus se tenir j debout, il peut à peine remuer ses jambes; il se dresse ]