‹ Manuel de pathologie interne (volume 3)Chapitre 169 sur 295 · Pitres, nev. de med., août · texte numérisé non relu

Pitres, nev. de med., août

MALADIES DU SYSTÈME NERVEUX

mêmes membres qui -hors des accès étaient frappés d’hémiplégie flasque presque complète. Ceci prouve que, sous l’influence d’une même lésion nerveuse, un muscle peut être alternativement paralysé et convulsé; il est paralysé tant qu’il est privé de sa dose d’incitation normale, mais il peut néanmoins entrer en convulsions ou en contracture dans les moments où cette dose d’incitation vient à s’accroître outre mesure. Ce fait est à rapprocher de ce qui arrive à la glotte sous l’influence des lésions du nerf récurrent. J’ai longuement étudié cette intéressante question à l’article Anévrysme de l'aorte : Une lésion du nerf récurrent gauche entraîne la paralysie de la corde vocale gauche, ce qui n’empêche pas, qu’à certains moments peuvent survenir des accès terribles de spasmes glottiques, c’est-à-dire la contracture des deux cordes vocales.

Dans quelques circonstances, les lésions scléro-gommeuses ne déterminent pas l’épilepsie partielle mais elles déterminent des contractures passagères ou permanentes parfois fort douloureuses.

Les lésions corticales de la syphilis qui produisent les troubles que nous venons d’étudier peuvent être l’origine de dégénérescence secondaire, avec contracture tardive, hémichorée et athétose.

Dans quelques cas, les lésions scléro-gommeuses corticales, par leur localisation à la circonvolution de Broca, ont provoqué la paraphasie ou ïaphasie. L’aphasie est isolée ou associée à des troubles monoplégiques ou hémiplégiques droits.

11 y a enfin quelques observations, où les lésions sclérogommeuses, parleur localisation, ont réalisé le syndrome décrit sous le nom de pseudo-paralysie glosso-labiolarynyée. Écoulement incessant de la salive par les lèvres entr’ouvertes, difficulté de la mastication, difficulté de la déglutition, paralysie de la langue, embarras croissant de la parole concernant l’articulation des mots, tels sont les symplônies présentés par les malades. Pour plus de détafis

MALADIES DE L'ENCÉPHALE

sur la topographie des lésions, je renvoie au chapitre concernant Ta paralysie glosso-labio-laryngée.

En résumé, les lésions scléro-gommeuses cérébro-méningées, peuvent provoquer la paralysie des nerfs crâniens y compris les troubles de l’ouïe et de la vue (amblyopie, amaurose) ; elles ont pour symptômes les plus habituels des paralysies à allures spéciales, hémiplégie, monoplégie, accès de contractures, accès épileptiformes. C’est même l’accès épileptiforme qui aide le mieux au diagnostic topographique cortical de la lésion, et qui permet d’éloigner l’hypothèse d’une hémiplégie ou d’une monoplégie consécutive à une endartérite oblitérante de la sylvienne ou de ses branches.

A ces symptômes, qui ne dépendent uniquement que du siège de la lésion, se joignent d’autres symptômes, qui sont communs à toutes les formes de syphilis cérébrale, tels que céphalalgie à prédominance nocturne, vertiges, torpeur intellectuelle, obnubilation, etc.

Le pronostic des lésions scléro-gommeuses cérébroméningées est moins grave que le pronostic des autres formes de syphilis cérébrale; les lésions en sont superficielles, corticales, elles ne déterminent pas comme les endartérites de vastes foyers de ramollissement, et elles sont plus accessibles au traitement que les lésions interstitielles et dilfuses qui conduisent aux formes mentales de la syphilis cérébrale. La forme épileptique ou épileptoparalytique n’est donc pas d’un trop grave pronostic ; c’est, dit Fournier, a une des formes qui obéissent le mieux au traitement, qui guérissent le plus facilement, du moins alors qu’elle est attaquée à temps par la médication spécifique* ».

Traitement. — Le traitement de la syphilis cérébrale scléro-gommeuse est identique au traitement de la syphilis cérébrale que j’étudiais en détail un peu plus haut, au sujet de l’artérite cérébrale syphilitique.

t . Syphilis du cerveau, p. S81.

DIEDLAFOT, PITQOL. T. U,

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