Clinique de l'Ilôlel-Dieu, t. II, p
MALADIES DU SYSTÈME NERVEUX
ment, son regard est fixe et hébété, puis, deux, trois secondes après, il reprend sa conversation, parl'aitemenV inconscient de ce qui s’est passé. Ces absences peuvent se reproduire un grand nombre de fois dans la même journée. Les vertiges et les absences sont parfois suivis d’accès de somnambulisme (Voisin).
Chez d’autres individus, le petit mal consiste en un délire plus ou moins violent de paroles et d’actions; celui-ci prononce à haute voix des mots incohérents, celui-là se livre à des éclats de rire, à des gesticulations bizarres ou obscènes, certains n’éprouvent que les différentes sensations de Vaura epileplica non suivie de convulsions. Le petit mal est la forme la plus fréquente de l’épilepsie; il se transforme fréquemment en grand mal, tandis que la réciproque est fort rare.
Dans quelques cas l’épilepsie revêt la forme dite procursive ‘ ; l’épileptique se met à courir devant lui, tantôt en ligne droite, tantôt en cercle, franchissant les obstacles et inconscient de son état. Parfois l’acte de cette procursion inconsciente constitue toute l’attaque; dans d’autres cas la procursion est une sorte d'aura et l’attaque éclate après la course procursive; enfin, chez d’autres malades, c’est l’attaque d’épilepsie qui débute et la course procursive est post-épileptique.
Les rapports de l’épilepsie avec Yaliénalion mentale sont des plus importants à connaître au point de vue médico-légal. Les troubles' intellectuels peuvent se manifester soit pendant l’attaque d’épilepsie, à titre d’épiphénomène, soit en dehors des attaques et d’une façon indépendante. Généralement, l’épileptique est irritable, colère, morose ; souvent il est inclin aux mauvais instincts, parfois il est sujet à un véritable délire. Le caractère du délire épileptique est d’èlre essentiellement impulsif et instantané (Fairet-); son invasion est beaucoup plus rapide que