‹ Manuel de pathologie interne (volume 3)Chapitre 219 sur 295 · HYPNOTISME. — LÉTHARGIE. — CATALEPSIE. SOMNAMBULISME · texte numérisé non relu

HYPNOTISME. — LÉTHARGIE. — CATALEPSIE. SOMNAMBULISME

Braid a défini l'hypnotisme (Suvoç, sommeil) (( un étal particulier du système nerveux déterminé par des manœuvres artificielles ». Cet état particulier porte aussi le nom de sommeil nerveux, pour le distinguer du somme// naturel, avec lequel il ne présente que de grossières ressemblances. Laissé pendant longtemps aux mains des empiriques qui l’exploitèrent sous le nom de magnétisme animal, l’hypnotisme est entré avec Braid dans une voie scientifique (1843). U peut se présenter sous trois formes différentes (Charcot) : la léthargie, la catalepsie et le somnam bulisme .

Étiologie. — Les sujets nerveux, impressionnables, les femmes, les jeunes garçons, sont plus facilement hypnotisables que les hommes. Les hystériques le sont plus facilement encore*; cependant toutes les hystériques ne peuvent pas être hypnotisées et tous les sujets hypnotisables ne sont pas des hystériques. Toutes les causes d’affaiblissement : chagrins, émotions profondes, convalescence de maladies aiguës, y prédisposent.

La volonté du sujet a ici une grande importance : pour être endormi vite et profondément, il faut prêter toute son attention à l’expérimentateur, il faut vouloir être endormi. Certains sujets ne peuvent l’être lorsqu’ils résistent mentalement, et parviennent au contraire à s’hypnotiser eux-mêmes lorsqu’ils le désirent.

Lorsqu’on cherche à endormir une personne pour la première fois, il arrive souvent que le sommeil se fait attendre ; mais si on la soumet ultérieurement à de nou-

1. Grasset. Grand et petit hypnotisme. — Uisloire d’une hystérique hypnotisable. Clin, média, de Uontpellier, 1891. — Babinski. Gaz. hebdomad., juillet 1891.

MALADIES DU SYSTÈME NERVEUX

velles expériences, l’hypnose sera provoquée beaucoup plus rapidement. L’éducation (Ch. Richet) a donc ici une grande importance.

Contrairement au préjugé généralement admis, tout le monde peut endormir : il n’y a ici ni fluide ni influence divinatrice. On acquiert seulement par l’habitude plus d’autorité sur les personnes à endormir et plus encore sur celles que l’on a déjà endormies.

Les moyens artificiels mis en œuvre pour provoquer le sommeil nerveux sont très variés (Chambard) ‘. Le plus simple consiste à faire asseoir le sujet en face de l’opérateur, à lui maintenir les mains de façon à l’immobiliser davantage, et à lui faire fixer les yeux de celui-ci. Après quelques secondes ou trois à quatre minutes au maximum, les paupières battent, de petites secousses convulsives apparaissent dans les muscles du visage et des membres, la respiration est entrecoupée de soupirs, puis la tête s’incline sur l’épaule, le résultat est obtenu. Le fait de regarder un objet brillant, rapproché de vingtcinq à quarante centimètres de la racine du nez, de façon à faire converger les globes oculaires en même temps qu’ils se portent en haut, peut conduire au même but, à condition que la personne en expérience fixe cet objet et que son attention soit dirigée exclusivement vers celui-ci (Braid). Les sujets qui ont l’habitude des séances d’hypnotisme s’endorment souvent par la compression des globes oculaires, par l’occlusion simple des yeux, par la vue d’un objet brillant. D’autres se laissent influencer très facilement par les sensations auditives : un bruit inattendu, le son du diapason, le tic-tac d’une montre, la musique, etc. Parfois l’hypnose se produit sous l’influence de phénomènes intéressant la sphère psychique : loi, attente, émotion, fatigue intellectuelle, ou consécutivement à l’action de certaines substances : éther, chloroforme, alcool, hachisch. Les frictions cutanées, l’allou-

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