Roger. Arch. de médecine, janvier
DIEDLAFOy, PATHOL. T. II.
f)]0 MALADIES DU SYSTÈME NERVEUX.
suivent une filière toute dilTérente; l’endocardite rhumatismale est la première en date; cette endocardite donne naissance à des embolies capillaires, et ces embolies capillaires, par leurs localisations cérébrales, déterminent la chorée*. Ainsi présentée, cette théorie doit être rejetée; la vraie chorée est une névrose, et les hémichcrées symptomatiques de lésions cérébrales se présentent avec des caractères dont nous allons parler au diagnostic.
D’après les travaux récents, le rhumatisme ne jouerait pas dans la chorée le rôle prépondérant qu’on lui avait attribué. Chez bien des choréiques la diathèse rhumatismale fait défaut. Quelles que soient les causes qui contribuent à son développement, la chorée serait surtout une névrose cérébro-spinale de croissance, une névrose d’évolution, ayant ce trait commun avec la chlorose qui, elle aussi, se développe de préférence au moment de la puberté (.loffroy)®. On ne peut méconnaître que la chorée a également bien des points de contact avec 1 hystérie.
La grossesse^ a une influence bien marquée sur le développement de la chorée {chorea gravidarum) ; mais il s’y joint fréquemment quelque cause déterminante, telle que frayeur, émotion, imitation, traumatisme. La maladie apparaît dans les quatre premiers mois de la gestation, parfois plus tard, même au moment de l’allaitement, et il n’est pas rare qu’elle se reproduise à chaque nouvelle grossesse. Les primipares y sont particulièrement prédisposées. La danse de saint Guy disparait d’habitude après l’accouchement; néanmoins, chez une femme grosse atteinte de chorée, il faut réserver le pronostic, vu la possibilité d’un avortement et d’un accouchement prématuré : il faut tenir compte également des troubles fréquents des facultés mentales.
Diagnostic. Traitement. — Le diagnostic de la danse
1. Voyez pour cette discussion : Jaccoud. Clinique de Lariboisière.
Paris, 1872, p. 165. .