Jaccoud. Les Paraplégies
cernant la station debout et la marche normale, le malade, une lois couché, peut exécuter tous les mouvements nu’on lui prescrit sans hésitation, sans faiblesse, sans incoordination, il a la notion exacte de la situation occupée par ses membres inférieurs et, lorsqu il est leve, il arrive parfois à marcher en employant un subterfuge , c’est ainsi que certains abasiques peuvent marcher a quatre pattes, ou les jambes entre-croisées, ou à tout petits pas, ou bien au contraire à grands pas (démarché d’acteur) ; quelques-uns peuvent même courir.
Chez certains malades, le trouble apparaît dès qu’ils cherchent à se dresser. Ils ne peuvent parvenir à rester debout; soutenus par les aisselles, ils s affaissent aussitôt que le point d’appui qu’on leur donnait devient insuffisant. D’autres ont recours à des béquilles et traînent après eux deux membres inférieurs qui semblent inertes.
Chez le plus grand nombre des malades ïabasie prédomine : elle peut présenter trois variétés :
-1° Abasie parétique, caractérisée surtout par la diminution de la force musculaire; la marche est pénible, elle ne s’accomplit qu’au prix des plus grands efTorts et devient très rapidement impossible
2° Abasie choréiforme (Grasset)1. Le malade étant debout, les jambes sont aussitôt prises de mouvements brusques de flexion et d’exlension; en même temps le tronc se fléchit ou s’étend sur le bassin et il en résulte des mouvements propagés aux membres supérieurs et aux bras. 11 semble à chaque instant que sous l’influence de ces contorsions une chute va survenir, mais il n’en est rien; en revanche, la progression normale en avant est rendue impossible.
5° Abasie trépidante. Dans cette forme, ce sont les mouvements contradictoires qui prédominent, les jambes s’embarrassent l’une dans l’autre comme on l’observe dans certaines paraplégies spasmodiques incomplètes.