‹ Manuel de pathologie interne (volume 4)Chapitre 152 sur 492 · Art. Cuorés du Nouv. Dicl. de méd. cl chir · texte numérisé non relu

Art. Cuorés du Nouv. Dicl. de méd. cl chir

bul finit toujours par être atteint: ainsi le malade arrive à porter un verre d’eau à sa bouche, mais c’est après « mille gestes et mille contorsions » (Sydenham) qui n’ont aucun rapport avec le but à atteindre. Quand la chorée est violente, le sommeil est impossible; quand elle est de moyenne intensité, l’agitation cesse pendant le sommeil, à la condition toutefois qu’il n’y ait pas de rêves (Marshall-Hall)

La force musculaire diminue pendant la maladie et réparait aussitôt. Dans quelques cas les troubles parétiques ou paralytiques sont dominants, les mouvements choréiques sont relégués au second plan, et même, sans un examen attentif, pourraient passer inaperçus. Cette variété a reçu le nom de chorée molle*. La parésie, parfois limitée à un bras, à une jambe, peut se généraliser; elle peut envahir les muscles des membres supérieurs et inférieurs, les muscles de la nuque et du cou, les muscles de la mastication, de la déglutition et de la phonation; le malade, immobile dans son lit, est incapable de faire le moindre mouvement. Les réflexes tendineux sont généralement conservés; on ne constate ni atrophie musculaire ni perte de la sensibilité. Tantôt la chorée molle guérit directement, tantôt elle aboutit à la chorée vulgaire.

La chorée est parfois accompagnée d’anesthésie ou d’hyperesthésie; l’hémianesthésie est fréquente dans l'hémichorée symptomatique d’une lésion cérébrale. Chez les femmes, la chorée est souvent associée à la chloroanémie et à des troubles dyspeptiques (gastralgie, constipation); les désordres psychiques sont fréquents: le caractère est irritable, la mémoire faiblit et la malade est sujette à des hallucinations*.

Durée. Complications. — La chorée du jeune âge guérit après une durée moyenne de deux à trois mois; souvent elle laisse après elle des lies, des tressaillements

1. Ollive. Des paralysies clicz les choréiques. Thèse do Taris, 18S5.

2. Marcé. De l'étal mental dans la chorée (Mém. Académie de médecine, 1860). — Bail. Maladies mentales, 1882.

involontaires, et, de plus, elle est sujette à des récidives1 2 qui éclatent au sujet d’une émotion, aux approches de la puberté ou à l’occasion d’une grossesse. On voit quelquefois une maladie fébrile intercurrente (pneumonie, fièvre éruptive) modifier ou suspendre la chorée ( febris accédons spasmos solvit). y

11 y a une chorée chronique - qu’on observe surtout chez l’adulte et chez le vieillard; les troubles moteurs sont ceux de la chorée vulgaire, plus lents cependant, moins étendus et plus soumis à l’influence de la volonté. Cette chorée chronique a une marche lente et progressive, elle ne guérit pas et souvent elle s’accompagne, à la longue, d'affaiblissement de la mémoire et de déchéance intellectuelle. L 'hérédité nerveuse, hérédité similaire ou hérédité de transformation, est la cause la plus habituelle de la chorée chronique3. On ne la confondra ni avec les chorées symptomatiques, ni avec la maladie des tics convulsifs, ni avec l’athétose double. Ici comme pour la chorée aiguë, l’anatomie pathologique est encore muette.

La danse de saint Guy a ses complications. Certains malades ont une telle agitation qu’ils sont forcés de garder le lit, et dans leurs mouvements incessants ils usent littéralement leur peau : il en résulte des écorchures, des ulcérations, des plaies, des phlegmons et des suppurations abondantes. D’autres ont des insomnies terribles, des cauchemars, des hallucinations accompagnées de délire et des accès de manie aiguë qui peuvent entraîner la mort en quelques jours4.

Les complications cardiaques, et notamment l’endocardite, seront étudiées au sujet de l 'étiologie

Étiologie. — La danse de saint Guy est plus commune au sexe féminin; c’est surtout une maladie du jeune âge,

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