DES MIGRAINES
Description. — La migraine ( hémicranie ) est une maladie d’accès ; « tout homme qui souffre d’une céphalalgie continue est de ce fait hors cadre1 ». Les accès se répètent toutes les semaines, tous les mois, à intervalles encore plus éloignés, et il est exceptionnel qu’on ait deux accès dans la même semaine. L’accès de migraine dure au moins six heures, il ne se prolonge pas au delà de quarante-huit heures, et il se compose de phases successives que je vais énumérer :
La période initiale ou phase prodromique est caractérisée soit par des symptômes de dépression : inaptitude au travail, perte d’appétit; soit par des symptômes d’excitation : alacrité, vivacité intellectuelle. Ainsi préparée, la migraine poursuit son incubation, et après une nuit d’un sommeil lourd et prolongé, l’accès éclate, le matin
ou après déjeuner. . , ,
A cette seconde période la céphalalgie apparaît : c est d’abord une sensation de tension crânienne qui a sa plus grande intensité aux régions orbitaire, sus-oibitaire ou temporale, puis la douleur s’étale, elle ondule et devient diffuse, sans se limiter comme les névralgies au trajet d’un cordon nerveux, et sans empiéter au-dessous de a
1. J'emprunte les traits les plus saillants dejcel^„descr‘|'nJ0n à ,a revue critique de Lasègue (Arch. génér . de méd.t 1875, p. )*
région sous-orbitaire. La douleur de la migraine est parfois atroce (sensation de broiement, de perforation, de disjonction des os du crâne), elle est plus contuse que lancinante, exagérée par la marche et par tous les mouvements; la face du migraineux est pâle ou injectée, l’artère temporale est dure, saillante, et bat avec violence du côté de l’hémicranie, les vaisseaux rétiniens sont dilatés, les sens acquièrent une exquise sensibilité; le moindre bruit, le moindre rayon de lumière exalte les douleurs. Un fait curieux, c’est le déplacement brusque de la douleur pendant l’accès, l’hémicranie droite passe à gauche et réciproquement. Dès le début de l’accès, le migraineux éprouve un malaise stomacal, un état nauséeux qui va croissant; les bâillements, les nausées, les éructations et les vomissements ne sont accompagnés d’aucune douleur d’estomac (Lasègue), la diarrhée ne leur est pas associée; la constipation est la règle. Le vomissement de la première période n’est pas un indice de guérison ; à la seconde période, il abrège quelquefois l’accès.
Avec la période de déclin, la céphalalgie et l’état nauséeux deviennent moins intenses, mais le migraineux conserve un état d’abrutissement et de torpeur intellectuelle qui ne disparaît qu’avec le sommeil; « à partir de ce moment le sommeil s’impose », il clôt la crise, « mais on n’est véritablement guéri de sa migraine que lorsqu’on a mangé ». (Lasègue.)
Migraine ophthauuqcf -La prédominance des troubles oculaires a fait admettre une variété décrite sous le nom de migraine de l’œil (Piorry).
Dans les formes simples, les accidents nerveux visuels forment la partie la plus importante de l’accès de migraine ophthalmique*. Le malade éprouve une sorte (V obnubilation, de Yhémiopie monoculaire ou binoculaire, du scotome scintillant; il a la sensation de gerbe d’étin--