Yulpian. Leçons sur les mal. du syst. nerv., p. H
cèdent des phénomènes de pression, diminution des douleurs, symptômes parétiques, paralysie incomplète des membres et incontinence d’urine.
Le pronostic est fort grave, la méningite peut guérir ou passer à l’état chronique; si elle atteint la région cervicale de la moelle, le malade succombe à l’asphyxie.
Pénméningite spinale aiguë. — On a rapporté quelques observations où, à la suite d’un traumatisme, il s’est développé, non pas une méningite, mais une périméninçjite spinale1 2. L’inflammation se localise primitivement au tissu cellulaire périméningé, sans que la dure-mère y participe, et un phlegmon se déclare. Les symptômes ne sont pas ceux de la méningite; on observe plutôt des symptômes de myélite dus à la compression et au ramollissement de la moelle.
b. La méningite chronique est habituellement primitive; elle présente, elle aussi, une phase d’excitation et une phase de paralysie. Les phénomènes d’excitation soyit de l’hyperesthésie, des crampes douloureuses, des douleurs sur le trajet des membres et tout le long du rachis, douleurs moins vives que celles de la méningite aiguë, et simulant plutôt des douleurs rhumatismales. Les phénomènes de paralysie sont symétriques et s’accusent lentement. Le plus souvent il y a formation d’une myélite chronique corticale et les troubles de myélite apparaissent.
La méningite chronique a une prédilection pour la région cervicale [P achy méningite cervicale )*. L’altération primitive porte sur la dure-mère, dont le tissu devient dense et fibreux; elle envahit consécutivement la moelle cervicale, et il en résulte une méningo-myélite chronique, la moelle subissant dans toute son épaisseur les altérations de la myélite transverse diffuse. La maladie débute
1. Lemoine et Cannois. Périméningite spinale aiguë ( Revue de médecine, juin 1882).
2. JulfYoy. De la pachymëning. cervic. hypertroph. (Tluise de Paris, 1873).
par une période douloureuse et se termine par une période paralytique. A la période douloureuse appartiennent les douleurs du cou, de la tête et des membres supérieurs, avec raideur et contracture simulant le mal de Pott cervical. A la période paralytique appartiennent la paralysie croissante des membres supérieurs, ainsi que leur atrophie musculaire (lésion des cornes antérieures). La contracture des membres inférieurs (sclérose descendante des cordons latéraux) est un symptôme tardif. Bien que fort grave, cette maladie peut rétrograder et guérir.
La myélite et la méningite ont bien des signes communs, et la première complique souvent la seconde; néanmoins, à la myélite appartiennent les troubles paralytiques précoces, l’anesthésie et les troubles trophiques que nous ne retrouvons pas dans la méningite1.
Le traitement de la méningite consiste en émissions sanguines locales, révulsifs sur la région atteinte, administration de calomel, injections sous-cutanées de morphine, etc.
1. Je n’ai pas en vue dans cet article la méningite cérébro-spinale épidémique.