‹ Manuel de pathologie interne (volume 4)Chapitre 63 sur 492 · Landouzy. De l'adipose, etc. (Rev. mens., 1878, p · texte numérisé non relu

Landouzy. De l'adipose, etc. (Rev. mens., 1878, p

B. Si l’hémorrhagie se fait jour dans les ventricules latéraux ou à la surface du cerveau, elle est presque toujours mortelle et, en général, accompagnée d’apoplexie, de convulsions épileptiformes, de contractures précoces, de coma, et d’une élévation de température qui se continue jusqu’à la mort.

C. Si l’hémorrhagie intéresse le faisceau pyramidal au niveau de la capsule interne ou si ce tractus est quelque part lésé, comprimé par un foyer voisin, il en résulte une irritation de ce tractus blanc, une sclérose descendante, qu’on peut suivre à travers le pédoncule correspondant, à travers la protubérance, le bulbe et la moelle épinière, sclérose secondaire qui devient le point de départ de contracture tardive, de tremblement, et même d’atrophie musculaire, si le processus irritatif et destructif se propage aux cornes antérieures de la moelle épinière. C’est l’une des formes de l’hémiplégie incurable.

D. Une autre forme, incurable elle aussi, mais beaucoup plus rare, c’est l’hémiplégie qui persiste indéfiniment à l’état flasque (Bouchard), sans contracture secondaire des membres paralysés. 11 est probable que cette hémiplégie flasque est due à une lésion des tractus moteurs qui n’a pas été suivie de sclérose descendante.

E. Si l’hémorrhagie détruil directement ou anéantit indirectement, par extension de son foyer initial ou par compression, le faisceau qui occupe la partie la plus reculée du segment postérieur de la capsule interne, celui qui sert à la transmission des impressions sensitives, un nouveau symptôme, l’ hémianesthésie , s’ajoute à l’hémiplégie. C’est en pareil cas qu’on peut encore voir survenir un autre symptôme, l 'hémichorée et Yathétose. Ces symptômes d’hémianesthésie et d’hémichorée sont exceptionnels, parce que l’hémorrhagie atteint rarement cette partie de la capsule.

F. Quant à savoir, l’hémorrhagie restant limitée à l’un des noyaux gris striés ou optiques, quel est le noyau intéressé et quelle est la valeur de celle localisation au

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point de vue de la marche et du pronostic de la maladie, c’est là une distinction que la clinique n’a pas encore faite.

G. Les hémorrhagies de la substance corticale du cerveau sont fort rares, et leurs symptômes seront mieux placés aux chapitres suivants (ramollissement et localisations cérébrales).

Diagnostic. — L’hémorrhagie méningée, l’hydrocéphalie aiguë, la congestion cérébrale, sont souvent accompagnées d’apoplexie; j’en dirai autant de l’urémie et du saturnisme (encéphalopathie urémique et saturnine), mais dans ces différents cas, les symptômes de résolution et l’état apoplectique sont plus rarement accompagnés des symptômes d'hémiplégie qu’on retrouve dans fhémorrhagie cérébrale. L’apoplexie due à une embolie cérébrale est à peu près identique à l’apoplexie due à l’hémorrhagie : nous verrons plus loin comment on peut différencier les deux lésions.

L’hémiplégie consécutive à l’hémorrhagie cérébrale ne diffère de l’hémiplégie des autres lésions du cerveau que parla marche des accidents. Dans les tumeurs cérébrales, l’hémiplégie est incomplète et plus lente que brusque, la tumeur est presque toujours annoncée par des phénomènes précurseurs, tels que céphalalgie, vomissements, convulsions épileptiformes, troubles oculaires, et paralysies, atteignant, suivant le siège de la tumeur, tel nerf crânien moteur ou sensitif.

Quand l’hémiplégie est due à l’athérome, à la thrombose des artères cérébrales, on retrouve chez le sujet les causes habituelles de l’artérite et de l’athérome (vieillesse, goutte, syphilis, alcoolisme); dans quelques cas, les artères périphériques sont transformées en cordons durs et flexueux, l’hémiplégie est variable1, lente et pro-

1. Sous cette désignation d’hémiplégie variable on comprend ces hémiplégies le plus souvent incomplètes dont la marche alternativement progressive et rétrograde est l’indice d’une lésion qui n’anéantit pas du premier coup les fonctions du territoire cérébral envahi.

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gressive, elle est moins souvent brusque et complète du' premier coup.

L ’lujstérie peut déterminer une hémiplégie avec ou sans contracture, mais l’hémiplégie hystérique présente ce double caractère d’atteindre rarement la face ou de s’accompagner d’une contracture des muscles de la face du côté opposé à l’hémiplégie, et d’être presque toujours accompagnée d’hémianesthésie : de plus, les troubles moteurs de l’hystérie, paralysies et contractures, sont en général liés aux autres manifestations convulsives ou non convulsives de cette névrose, hyperesthésie ovarienne, houle hystérique, tympanisme abdominal, anorexie, troubles oculaires, zones hystérogènes, etc.

L’hémiplégie d’origine syphilitique (gommes, méningite scléro-gommeuse, artérite, ramollissement) peut n’avoir pas de symptômes spéciaux, elle peut ressembler de tous points à l’hémiplégie de l’hémorrhagie cérébrale, elle peut même provoquer elle-même l’hémorrhagie (rupture d’anévrysme). Bien qu’elle soit plus fréquente à la période tertiaire de la syphilis, l’hémiplégie d’origine syphilitique, avec ou sans apoplexie, apparait quelquefois prématurément, au cours de la période secondaire. Il faut s’enquérir avec soin des antécédents du malade et rechercher s’il existe, sur la peau ou ailleurs, des traces ou des vestiges de syphilis, afin d’instituer sans retard un traitement s’il y a lieu.

Traitement. — Contre l’apoplexie on fera usage des émissions sanguines, sangsues derrière les oreilles, saignée générale, purgatifs, révulsifs aux extrémités inférieures. On améliorera l’hémiplégie au moyen des courants continus ; on enverra le malade aux bains de mer, aux eaux chlorurées sodiques, et la station de Balaruc me parait jouir d’une réputation bien méritée*. La cure de la Malou rend également de réels services. On aura toujours l'attention éveillée sur la possibilité d’une erreur de

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