‹ Manuel de pathologie interne (volume 5)Chapitre 131 sur 293 · Mauriac, ('.mette des hôpitaux, 1S · texte numérisé non relu

Mauriac, ('.mette des hôpitaux, 1S

MALADIES DU POUMON

A titre d’épiphénomène, on la trouve décrite accidentellement dans quelques observations de syphilis tertiaire du poumon et des bronches. Deux observations sont consignées dans la thèse de Carlier. Dans l’une (la septième), la plèvre, d'un coté, contenait 500 grammes de liquide.

La pleurésie syphilitique peut s’observer aux périodes secondaire et tertiaire de la syphilis. La pleurésie de la période secondaire parait exister indépendamment des lésions pulmonaires, elle est contemporaine des syphilides muqueuses et cutanées, elle parait céder facilement au traitement spécifique *.

Voici maintenant quelques observations de pleurésie syphilitique tertiaire à grand épanchement :

Un homme de trente-deux ans se présente à l’hôpital avec un ensemble de signes et de symptômes qui font diagnostiquer une pneumonie caséeuse du côté droit. Après un mois, éclate une pleurésie droite avec épanchement abondant. On diagnostique alors une pleurésie tuberculeuse compliquant la tuberculose du poumon ; mais, au bout de quatre jours, le malade meurt, et à l’autopsie, on trouve un. foie syphilitique parsemé de gommes et de cicatrices, un poumon droit également farci de gommes, dont la plus volumineuse venait effleurer la plèvre. Toutes ces productions gommeuses, examinées au point de vue microbiologique, ne contenaient pas le moindre bacille de la tuberculose.

La plèvre droite contient c2 litres de sérosité louche et sanguinolente. Les plèvres pariétale et viscérale sont considérablement épaissies dans toute l’étendue de l’épanchement. Elles montrent un revêtement fibreux continu, atteignant en quelques points près d’ttn centimètre. En plusieurs endroits, cette coque fibreuse est coiffée défaussés membranes fibrineuses. Dans les points où l'épaississement fibreux est le plus considérable, on

1. Chantemesse et Widal. Soc. méd. des hôpitaux, 1890. — Iîoclion, Th. de Paris, 1893.

3(U MALADIES DE L’APPAREIL RESPIRATOIRE

trouve, sur la coupe de la plèvre, des masses dures, jaunâtres, caséeuses, de la grosseur d’un pois ou d'un grain de mil (Balzer) *.

J’ai observé une pleurésie syphilitique dans les conditions suivantes : En 1883, je fus appelé, quai de la Râpée, pour donner des soins à un homme en proie à une dypsnée qui, depuis un an, en dépit de tous les traitements, se renouvelait par accès plus ou moins violents, plus ou moins prolongés. On avait diagnostiqué une pleuro-broneho-pneumonie tuberculeuse. Je constatai un épanchement que j’évaluai à 800 grammes environ. Cette quantité de liquide ne pouvait expliquer la dyspnée dont souffrait ce malade. Je retirai par la Ihoracentèse 050 grammes d’un liquide légèrement rosé ; le malade n’éprouva d’ailleurs aucun soulagement. Comme je cherchais à saisir la cause de ce processus pleuro-bronchopulmonaire, le malade, pressé de questions, finit parme confier qu’il avait eu jadis la syphilis. Je me hatai d'administrer le mercure et l’iodure de potassium à forte dose : la dyspnée s’amenda rapidement, les signes se modifièrent, et au bout de quelques semaines la respiration était devenue presque normale. Lors de mes dernières visites, il ne restait plus trace de pleurésie, mais les lésions broncho-pulmonaires furent plus lentes à s’améliorer.

Il existe donc une pleurésie syphilitique tertiaire. Je ne dis pas qu'elle existe habituellement à l’état isolé, mais elle accompagne, plus fréquemment qu’on ne le pense, les lésions pulmonaires syphilitiques. Je dirai pour les pleurésies syphilitiques ce que j’ai déjà dit pour les pneumopathies syphilitiques : le vrai moyen de les diagnostiquer, c’est d’y penser ; c’est de rechercher si des lésions de syphilis secondaire ou de syphilis tertiaire, ne sont pas contemporaines de l'apparition de la pleurésie.

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