‹ Manuel de pathologie interne (volume 5)Chapitre 226 sur 293 · Jaccoud. Clinique médicale, 18S6, p. V · texte numérisé non relu

Jaccoud. Clinique médicale, 18S6, p. V

1. Potain. Congé, de l’arsal. franc, pour l'avancement des sciences, 1878. — Franck. Gaz. hebd., 1880. — Barië. llcvue de méd., 1879.

MALADIES DE L’ENDOCARDE

diaqucs, peuvent arriver au même résultat en favorisant la parésie du ventricule droit.

Anatomie pathologique. — Dans les cas d’insuffisance tricuspide inflammatoire, les lésions sont analogues à celles de l’insuffisance mitrale vulgaire, nous ne les décrirons donc pas en détail. Lorsqu’il s’agit d’insuffisance fonctionnelle les valvules sont saines; mais les dimensions de l’orifice auriculo-ventriculaire droit et du ventricule droit sont notablement accrues. Les parois ventriculaires sont surtout dilatées et moins hypertrophiées dans les cas d’insuffisance d’origine inflammatoire. L’oreillette droite est dilatée et ses parois sont amincies. Les veines caves et les jugulaires sont toujours très distendues par le sang; du côté des principaux viscères : foie, rein, il existe des signes de stase plus ou moins accusés.

Description. — V insu f finance tricuspide est caractérisée, à l’auscultation, par un bruit de souille systolique, dont le maximum est au niveau de l'appendice xiphoïde du sternum et dont le timbre est plus grave et moins sibilant que celui de l’insuffisance mitrale. La valvule tricuspide étant « le régulateur de la circulation veineuse et de la tension veineuse générale » (Raynaud), c’est dans le système veineux que nous devons rechercher les principaux symptômes de la lésion. Le pouls veineux de la jugulaire s’offre tout d’abord à l’observation; la veine jugulaire externe présente à la vue et au sphymographe un double mouvement d’expansion et de retrait, un véritable pouh veineux, qui s’explique de la manière suivante : au moment de la systole du ventricule droit, l'ondée sanguine (la valvule tricuspide étant insuffisante) reflue en partie du ventricule droit dans l'oreillette et do l'oreillette droite dans le système veineux. Sous l'influence de cette pression sanguine, les veines se dilatent outre mesure, et les valvules des veines jugulaires externes deviennenl à leur tour insuffisantes. lien résulte que lesang, à chaque systole ventriculaire, reflue dans le système vei-

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neux et les veines jugulaires présentent un pouls veineux, vrai, systolique et quelquefois dicrote, témoignant dans ce cas de la double systole auriculaire et ventriculaire*.

Le reflux du sang dans la veine cave inférieure et dans la veine porte détermine de véritables pulsations hépatiques (Potain), qu’il est facile de sentir en déprimant la paroi abdominale au-dessous des fausses côtes*.

On comprend toute la gravité des lésions de la valvule tricuspide, car « elles sont le trait d’union entre les lésions de la petite et de la grande circulation » (Peter); l’insuffisance tricuspide « ouvre la porte à l'asystolie » (Raynaud) : aussi le souffle de cette insuffisance a-t-il été justement nommé « souffle symptomatique de l’asystolie » (Parrot).

Lorsque, par un traitement approprié, on est parvenu à établir l’équilibre, l’asystolie disparait momentanément ou définitivement et avec elle l'insuffisance tricuspide fonctionnelle. Celle-ci peut donc apparaître et disparaître un certain nombre de fois avant de s’établir définitivement. La disparition et la réapparition des signes qui la caractérisent serviront de guide à cet égard.

Dans quelques cas, l’insuffisance tricuspide doit être envisagée comme de bon augure (Potain). Elle ferait disparaître ou diminuerait tout au moins l'excès de pression qui existe dans la petite circulation et préviendrait ainsi les ruptures vasculaires. L’état général des malades s'améliore en effet parfois à l’apparition de cetle insuffisance; c’est ce qui a fait dire que la valvule tricuspide est la soupape de sûreté de la circulation pulmonaire.

Le rétrécissement tricuspidien est congénital ou acquis*. Le rétrécissement acquis s’observe surtout chez la femme;

1. Le pouls veineux vrai est facile à distinguer du pouls veineux faux : il suffit de vider par compression de bas en haut le segment inférieur de la veine jugulaire externe du sang qu'il contient, et h la systole suivante on voit aussitôt ce segment se remplir de sang.

Voy. Potain. Des mouvements et des bruits qui se passent dons les veines jugulaires. Paris, 1868.

2. Maliot. liuttcm. du foie dons l'insu f fis. tricusp. Thèse de Paris, 1863.

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