‹ Manuel de pathologie interne (volume 5)Chapitre 270 sur 293 · Revue de médecine, août · texte numérisé non relu

Revue de médecine, août

MALADIES DES VAISSEAUX

parenchymateuse que d’origine vasculaire*. Certains auteurs, confondant la lésion et ses effets, trouvent fort simple de mettre sur le compte de l’artério-sclérose les symptômes décrits sous le nom de petits accidents du brightisme, et qui ne sont, en somme, que des symptômes de toxicité. C’est confondre la lésion vasculaire des reins et les effets multiples de l’intoxication par insufisance de la dépuration urinaire.

Après cette discussion générale, passons à l’étude détaillée des artérites et de l’artério-sclérose. Ces arlérites peuvent se développer dans des conditions fort variées, elles, ont des conséquences presque identiques quoique ayant des origines les plus diverses. Aussi est-il nécessaire de les classer sous plusieurs chefs.

AUTORITES TRAUMATIQUES

Ces artérites concernent surtout la chirurgie ; certaines, cependant, intéressent à la fois le médecin et le chirurgien ; telles sont les artérites qui se développent au voisinage d’une ulcération, ulcération superficielle ou profonde, cutanée ou viscérale. Dans ce cas les parois de l’artère n’cchappent pas au processus inflammatoire et destructeur qui frappe les autres tissus environnants, et dès lors deux éventualités peuvent se produire. Si le processus inflammatoire prédomine, les parois de l’artère s’épaississent, prolifèrent, le calibre du vaisseau diminue, le sang se coagule et l’artère se transforme peu à peu en un cordon fibreux, imperméable, qui pourra être détruit ultérieurement sans conséquences fâcheuses. Si au contraire le processus ulcératif évolue rapidement (artérite ulcéreuse, artérite suppurative), les parois de l’artère sont détruites de dehors en dedans avant que la coagulation du sang ait eu le temps de se produire, elles perdent leqr résistance et finissent par donner naissance à un 1. Joffroy. Arch. de méd. expérim., 1892.

MALADIES DE L’APPAREIL CIRCULATOIRE

anévrysme ; c’est ce qui arrive parfois à l’intérieur des cavernes tuberculeuses ou à la surface des ulcérations gastriques. Si à un moment donné la tension artérielle augmente, la résistance des parois est insuffisante, l'anévrysme se rompt et une hémorrhagie foudroyante se produit.

Aux artérites traumatiques se rattachent encore les lésions artérielles qui se produisent lorsqu’une embolie vient oblitérer un vaisseau à sang rouge. A la suite de l'irritation produite par le corps étranger, quels qu'en soient d’ailleurs le point de départ et la nature, la tunique interne s’enflamme et des lésions analogues à celles que nous décrirons plus loin se produisent.

ARTÉRITES INFECTIEUSES

Pathogénie. — Dans le groupe des artérites infectieuses prennent place les artérites qui surviennent dans le cours ou à la suite des maladies générales*. Tour à tour admises et rejetées, elles ont été contrôlées par l’anatomie pathologique, par la bactériologie, et leur existence est indiscutable. Les maladies à évolution aiguë dans lesquelles on les observe le plus souvent sont : la fièvre typhoïde (Taupin, Potain, Yulpian, Hayem), etc., la diphlhérie (11. Martin), l’état puerpéral (Simpson), la rougeole, la scarlatine, la variole (Brouardel), la malaria, le rhumatisme (Lancereaux, Guéneau de Mussy), etc. Parmi les maladies à évolution plus lente qui peuvent provoquer l’artérite, on doit citer en première ligne : la tuberculose et la syphilis.

Les données acquises sur l’évolution du bacille tuberculeux montrent en effet que c’est à la fois par les vaisseaux sanguins et par les lymphatiques qu’il se propage. Vient-il s’arrêter au niveau d'une artériole, il se développe en ce point une colonie microbienne. L’irritation produite par celle-ci sur les parois de l’artère, quel que

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