‹ Manuel de pathologie interne (volume 5)Chapitre 30 sur 293 · Chaillou. Tubage du larynx, etc. Th. de Paris · texte numérisé non relu

Chaillou. Tubage du larynx, etc. Th. de Paris

2. Clinique médicale de l'WUcl-üicu , t. I, p. oo2, 2” édition.

MALADIES DE L’APPAREIL RESPIRATOIRE

que, très fréquente, mais forte et bruyante; sa respiration est entrecoupée, haletante, accompagnée pendant l’inspiration d’un bruit aigu, d’un sifflement laryngien strident. Sa voix, modifiée dans son timbre, éteinte dans le moment des accès, est rauque, enrouée dans l’intervalle ; mais, et c’est là un fait capital, elle n'est jamais éteinte comme dans le vrai croup. L’oppression, l’anxiété, sont quelquefois excessives, le visage est congestionné, les yeux expriment une profonde terreur. Cependant, après une demi-heure, une heure, deux ou trois heures de cette épouvantable crise, l’accès a cessé ; l’enfant se calme, le sommeil revient, le pouls est moins fréquent ; la peau se couvre d’une légère moiteur; puis le malade se réveille, la toux est toujours croupale, mais elle est [dus humide. Au jour, elle est encore plus catarrhale; la respiration est moins sifflante et la voix a presque repris son timbre habituel. Assez ordinairement les accidents se répètent plusieurs nuits de suite et toujours en perdant de leur violence, tandis que les journées sont bonnes, le malade ayant à peine un peu de fièvre et de malaise, et gardant une toux grasse et beaucoup moins rauque. En interrogeant les parents, on apprend nue l'enfant s'est couché bien portant et qu’il s’est endormi d’un sommeil tranquille. Quelquefois on apprend, au contraire, qu’il souffrait un peu depuis quelques jours, qu’il avait pris froid, mais qu’il avait gardé sa gaieté et son entrain accoutumés. Enfin, si l’on examine la gorge, quelque soin qu’on apporte à cet examen, on ne constate pas la présence de fausses membranes, on ne rencontre pas de gonflement ganglionnaire. C’est de cette façon, c'est avec cette brusquerie, c’est par ces phénomènes plus alarmants en apparence que ceux du croup à son début, que se déclare le plus généralement le faux croup ou laryngite striduleuse. Cette maladie se termine par la guérison, les cas de mort sont exceptionnellement rares.

Diagnostic. — Traitement. — Le diagnostic de la laryngite striduleuse est fait à l’article Croup. 11 faut

MALADIES DU LARYNX

toujours penser à la possibilité d’accidents laryngés syphilitiques héréditaires qui simulent le croup et le faux croup.

Si l’on veut bien se reporter à l’article croup, on verra, au sujet du diagnostic bactériologique, que quelques enfants peuvent être pris d’accidents laryngés qui sont dus à la présence d’un petit coccus se présentant habituellement sous forme de diplocoque. Ces accidents laryngés, d’origine microbienne, peuvent aussi bien simuler le croup diphlhérique que le faux croup. Je pense, pour ma part, que même en présence d’un état qui a toutes les apparences du faux croup, il est essentiel de ne pas négliger l’étude bactériologique du mucus ou des sécrétions pharyngo-laryngées. Tel cas, par exemple, pris pour un faux croup sera en réalité une laryngite ou une pharyngo-laryngile, à diplocoque, avec ou sans membranes.

Le faux-croup guérit sans médication active; il suffit d’appliquer quelques révulsifs ou simplement une éponge imbibée d’eau très chaude sur le cou de l’enfant (Graves). On maintiendra autour du lit du petit malade une atmosphère de vapeur d’eau, on donnera des boissons émollientes; il est tout à fait exceptionnel qu’on ait besoin de recourir à la trachéotomie ; dans quelques cas néanmoins le faux croup a été suivi de mort.

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