BRONCHITE PSEUDO-MEMBRANEUSE CHRONIQUE
Étiologie. — La bronchite pseudo-membraneuse chro-
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nique s’observe surtout chez l’adulte et le vieillard; elle est plus fréquente chez l'homme que chez la fernrne. Les affections pulmonaires et l'arthritisme des ascendants paraissent la favoriser. Elle est parfois consécutive à une bronchite chronique commune, ou à une tuberculose pulmonaire qu’elle vient compliquer.
Anatomie pathologique. — A l’autopsie, on constate sur la muqueuse bronchique un peu de rougeur et d’épaississement; les fausses membranes se localisent à la trachée, aux grosses bronches, et surtout aux divisions bronchiques de troisième et quatrième ordre '. Les fausses membranes sont ramifiées comme une branche d'arbre ou comme une branche de corail, elles prennent exactement l’empreinte des bronches et forment de véritables moules. Ces moules peuvent être rejetés en petits fragments, ou en morceaux ramifiés de 10 à 12 centimètre^ de longueur. La substance qui les forme est blanche ou rosée, assez souvent disposée en feuillets concentriques. Dans les grosses bronches, les fausses membranes sont creuses et présentent une lumière centrale, dans les bronches de petit calibre, les moules bronchiques sont pleins. La structure de ces membranes est variable : elles peuvent être composées de mucus concret, d'albumine coagulée (Grancher), de fibrine (Caussade), de graisse (Model). Quelquefois on y a trouvé des cristaux de Chareot- Lcydcn et des cellules éosinophiles. Au point de vue microbien l’élude est encore à faire, et c’est elle seule qui pourra nous renseigner exactement sur la nature et sur les causes réelles de la bronchite pseudo-membraneuse chronique.
Symptômes. — C’est en général par une phase de bronchite aiguë que débute l’affection : la bronchite aiguë s’accompagne ou non, de l’expectoration de fausses membranes et peu à peu l’affection devient chronique; parfois c’est longtemps après la disparition de la bronchite aiguë
1. Paul Lucas Cliampionniere. De la bronchite pseudo-membraneuse chronique. Th. de Paris, 1 8 7(5.
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qu’apparaissent les fausses membranes; chez quelques sujets, l’all’ection est chronique d’emblée.
Sa marche n’est ni continue ni progressive; elle procède par accès. A intervalles plus ou moins éloignés, les malades sont pris de dysnée intense, de douleurs rétrosternales, de toux souvent convulsive; ils rendent d’abord des matières filantes, très abondantes, puis ils rejettent des fausses membranes, sous forme de fragments isolés, ou de pelotons enroulés, pelotons qui se déroulent quand on les plonge dans l’eau. Parfois c’est un arbre bronchique tout entier qui est rendu. Les hémoptysies sont très rares. Après l’expulsion des membranes la dyspnée cesse. Pendant l’accès, le murmure vésiculaire est souvent affaibli; parfois on observe un foyer de râles crépitants qui peuvent persister longtemps (llyde Saller), ou un bruit de drapeau, comme dans le croup. L’accès est en général apyrétique.
J’ai observé dans mon service de l’hôpital Necker, en 1 891 , un homme de cinquante ans qui avait depuis quelque temps une bronchite pseudo-membraneuse. Après être resté une année entière sans rendre de membranes, il se mit à en rejeter pendant un mois presque tous les huit jours. L’accès était annoncé la veille par certains symptômes ; le malade se sentait sombre et triste, et le lendemain, au milieu d’une quinte de toux et dans un fort accès de dyspnée, il rendait de véritables arbres bronchiques. Jamais il n’eut d’hémoptysies, et jamais je ne constatai quoi que ce soit à la percussion et à l’auscultation. 11 s’améliora rapidement par l’emploi de l’iodure de potassium, quoique n’étant pas syphilitique.
La durée de la maladie est illimitée : on a cité un cas datant de 25 ans (Kirch). Le pronostic, assez semblable à celui de la bronchite chronique simple, n’est grave que chez les tuberculeux.
Diagnostic. — Le diagnostic repose tout entier sur l'examen de l’expectoration. Quand les fausses membranes seront reconnues, on en pratiquera l’examen his-
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tologique et surtout l’exarnen bactériologique pour savoir s’il s’agit d’une diphthérie, d’une pneumonie ou d’une bronchite chronique avec ou sans association tuberculeuse.
Le traitement rationnel doit consister en l’emploi de l’iodure de potassium, du mercure, du goudron et de scs dérivés, terpine et créosote.
§ 6. SYPHILIS TRACHÉO-BRONCHIQUE.
Suivant la juste remarque de M. Mauriac', la trachée et les bronches, simples conducteurs de l’air, ont un rôle purement passif, qui n’est en rien comparable aux fonctions multiples du larynx. Aussi les symptômes des aflfeclions syphilitiques trachéo-bronchiques se réduisent à des (roubles respiratoires; seulement ces (roubles respiratoires sont encore plus terribles ici qu’au larynx, parce que la trachéotomie, recours suprême dans les affections laryngées, n’est plus applicable quand la lésion siège à la trachée ou à sa bifurcation.