Landouzy. De l'adipose, etc. Rev. mens., 1878, p
2. L'élévation, et surtout l'élévation progressive de la température ont une signification pronostique fatale, au cours de l'hémorrhagie cérébrale. Si, dans les premières heures qui suivent l'ictus apoplectique, la température avoisine 40°, et si elle s'accroit encore dans l'heure qui suit, la mort arrive rapidement; on peut observer les hautes températures de 41°, 42°, et même 43° ,2 (Gilles de la Tourette).
niveau de la capsule interne ou si ce tractus est quelque part lésé, comprimé par un foyer voisin, il en résulte une irritation de ce tractus blanc, une sclérose descendante, au'on peut suivre à travers le pédoncule correspondant, a travers la protubérance, le bulbe et la moelle épimere, scierose secondaire qui devient le point de départ de contracture tardive, de tremblement, et même d'atrophie musculaire, si le processus irritatif et destructif se propage aux cornes antérieures de la moelle épinière. C'est l'une des lormes de l'hémiplégie incurable. .
D Une autre forme, incurable elle auss., mais beaucoup plus rare, c'est l'hémiplégie qui persiste indéfiniment a l'état flasque (Bouchard), sans contracture secondaire des membres paralysés. Il est probable que cette hémiplégie flasque est due à une lésion des tractus moteurs qui n a pas été suivie de sclérose descendante. .
E Si l'hémorrhagie détruit directement ou anéantit indirectement, par extension de son foyer initial ou par compression, le faisceau qui occupe la partie la plus reculée du segment postérieur de la capsule interne, celui qui sert a la transmission des impressions sensitives, un nouveau symntôme, Vhémianesthésie, s'ajoute à l'hémiplégie. Lest en pareil cas qu'on peut encore voir survenir un autre symptôme, l'hémichorée et Vathétose. Ces symptômes d'hém ianesthesie et d'hémichorée sont exceptionnels, parce que 1 hemorrhagie atteint rarement cette partie de la capsule.
F Quant a savoir, l'hémorrhagie restant limitée ad un des noyaux gris striés ou optiques, quel est le noyau intéressé et quelle est la valeur de cette localisation au point de vue de la marche et du pronostic de la maladie, c est la une distinction que la clinique n'a pas encore faite.
G Les hémorrhagies de la substance corticale du cerveau sont fort rares, et leurs symptômes seront mieux places aux chapitres suivants (ramollissement et localisation cérébrales). Diagnostic. — L'hémorrhagie méningée, l'hydrocephal.e aiguë, la congestion cérébrale, les néoplasmes mtra-craniens (tumeurs de diverses natures, gommes syphihti-
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ques, etc.), les traumalismes du crâne; le mal épileptique, sont souvent accompagnés d'apoplexie; j'en dirai autant de l'urémie et du saturnisme (encéphalopathie urémique et saturnine), du diabète (coma diabétique), des intoxications (opium, belladone, jusquiame). Outre la déviation conjuguée de la tète et des yeux qui, si elle existe, est un signe diagnostique de premier ordre, la recherche de l'élévation de la température permet déjà d'écarter un coma toxique. Puis, dans ces différents cas, les symptômes de résolution et l'état apoplectique sont plus rarement accompagnés des symptômes d'hémiplégie qu'on retrouve dans l'hémorrhagie cérébrale. L'apoplexie due à une embolie cérébrale est à peu près identique à l'apoplexie due à l'hémorrhagie.
Le chromo-diagnostic basé sur la coloration du liquide céphalo-rachidien permet de faire le diagnostic d'hémorrhagie quand la teinte de ce liquide est sanguinolente ou môme jaunâtre (Sicard)1.
L'hémiplégie due à l'hémorrhagie cérébrale diffère de l'hémiplégie, des autres lésions du cerveau par la marche des accidents. Dans les tumeurs cérébrales, l'hémiplégie est incomplète et plus lente que brusque, et presque toujours annoncée par des phénomènes précurseurs, tels que céphalalgie, vomissements, convulsions épileptiformes, troubles oculaires, et paralysies, atteignant, suivant le siège de la tumeur, tel nerf crânien moteur ou sensitif.
Quand l'hémiplégie est due à l'athérome, à la thrombose des artères cérébrales, on retrouve chez le sujet les causes habituelles de l'artérite et de l'athérome (vieillesse, goutte, syphilis, alcoolisme); dans quelques cas, les artères périphériques sont transformées en cordons durs et fïexueux, l'hémiplégie est variable1, lente et progressive, elle est moins souvent brusque et complète du premier coup.
L'hystérie peut déterminer une apoplexie, une hémiplé-
1. Sicard. Soc. de Btol., 50 nov. 1901. — Revue médic,, 2.H janv. 1902.
c2. L'hémiplégie variable est celle dont la marche alternativement progressive et rétrograde est l'indice d'une lésion qui n'anéantit pas du premier coup les fonctions du territoire cérébral envahi.
gie avec ou sans contracture, mais l'hémiplégie hystérique présente ce double caractère d'al teindre rarement la face ou de s'accompagner d'une contracture des muscles de la face du côté opposé à l'hémiplégie, et d'être presque toujours accompagnée d'hémianesthésie : de plus, les troubles moteurs de l'hystérie, paralysies et contractures, sont en général liés aux autres manifestations convulsivcs ou non convulsives de cette névrose, hyperesthésie ovarienne, boule hystérique, tympanisme abdominal, anorexie, troubles oculaires, zones hystérogènes, etc.
Parfois cependant le diagnostic est vraiment difficile, car les associations hystéro-organiques ne sont pas rares (Babinski). La fièvre, l'incontinence des matières fécales, les eschares à évolution rapide sont en faveur de l'hémiplégie organique. Le diagnostic de l'hémiplégie organique est encore basé sur les signes suivants : signe du peaucier; tlexion exagérée de l'avant-bras; flexion combinée de la cuisse et du tronc (Babinski1). Voici en quoi consiste le signe du peaucier : quand on fait bâiller, souiller ou siffler le malade atteint d'hémiplégie organique, le muscle peaucier se contracte mieux du côté sain que du côté malade. L'avant-bras étant placé en supination, si on le fléchit sur le bras, on constate que la flexion du côté paralysé va plus loin que du côté sain. Enfin le malade étant étendu sur un plan horizontal résistant, si on lui demande de se redresser en position assise, on voit que la cuisse du côté paralysé se fléchit sur le bassin ; ce mouvement de flexion est beaucoup moindre du côté sain. Tout ceci témoigne du relâchement des muscles dans l'hémiplégie de cause organique. On doit encore s'enquérir du réflexe cutané plantaire ou phénomène des orteils (Babinski2); si l'on excite la plante du pied en la piquant, on observe du côté sain une flexion des orteils, et du côté hémiplégie une extension des orteils,
1. Babinski. Relâchement des muscles dans l'hémiplégie organique. Soc. de biol., 9 mai 1876. — Diagnostic différentiel de l'hémiplégie organique et de l'hémiplégie hystérique. Gaz. des hôpit., 5 et 8 mai 1(J00.
2. Babinski. Soc. de biol., 22 février 1806, et Sem. mcd., 1898, p. 321.
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surtout du gros orteil; cette extension n'existe jamais dans l'hémiplégie hystérique, où la flexion est la règle. Le phénomène des orteils a donc une valeur diagnostique réelle confirmée par plusieurs observateurs (Létienne, Cestan et Le Sourd). Tels sont les principaux éléments de diagnostic entre l'hémiplégie hystérique et l'hémiplégie organique.
L'hémiplégie d'origine syphilitique (gommes, méningite scléro-gommeuse, artérite oblitérante, rupture d'anévrysme) est souvent précédée de signes précurseurs (céphalée, parésie des nerfs de la 3e et de la 7e paire, etc.) ; néanmoins elle peut ressembler de tous points à l'hémiplégie de l'hémorrhagie cérébrale. Bien qu'elle soit plus fréquente à la période tertiaire de la syphilis, l'hémiplégie syphilitique, avec ou sans apoplexie, apparaît quelquefois prématurément, au cours de la période secondaire. 11 faut s'enquérir avec soin des antécédents du malade et rechercher s'il existe sur la peau ou ailleurs, des traces ou des vestiges de syphilis, afin d'instituer sans retard un traitement s'il y a lieu. (Voir plus loin le chapitre consacré à la syphilis cérébrale.)
Traitement. — Contre l'apoplexie on fera usage des émissions sanguines, sangsues derrière les oreilles, saignée générale, lavements, purgatifs, révulsifs aux extrémités inférieures. On améliorera l'hémiplégie au moyen des courants continus. La mobilisation précoce des articulations rend de grands services ; en mobilisant l'articulation de l'épaule, puis les doigts, le poignet, le coude, etc., en massant légèrement les muscles, on obtient des résultats vraiment remarquables (Gilles de la Tourette1). On enverra le malade aux bains de mer, aux eaux chlorurées sodiques, et la station de Balaruc parait jouir d'une réputation bien méritée (Grasset). La cure de la Malou rend également de réels services. On aura toujours V attention éveillée sur la possibilité d'une erreur de diagnostic pathogénique et sur l'existence d'accidents syphilitiques, afin de recourir aux préparations mercurielles et à l'iodure de potassium à haute dose,