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Sabatié. Tum. des mèning. encéph. Th. de Paris

La syphilis engendre des tumeurs gommeuses, osseuses et périostiques, qui seront étudiées aux chapitres suivants. Les parasites sont rares dans le cerveau, on y rencontre surtout l'échinocoque (Daniel Cranwell) et le cysticerque1. Les anévrysmes occupent les artères de la base, et notamment le tronc basilaire2. Chez un malade de mon service, nous avons trouvé à l'autopsie un anévrysme du volume d'une noix à l'artère cérébrale antérieure gauche3.

Les tumeurs du cerveau, en comprimant les veines et les artères du voisinage, déterminent des lésions secondaires, telles que thromboses des sinus, œdème, hydrocéphalie, ramollissement cérébral, etc.; il en résulte des variétés nombreuses dans l'exposé des symptômes.

Description. — Disons d'abord qu'il y a des tumeurs cérébrales qui restent longtemps silencieuses, à la condition qu'elles se développent lentement dans des régions dites tolérantes (Jaccoud),- telles que la masse blanche hémisphérique des lobes postérieurs et les corps opto-striés. Mais cette tolérance est loin d'être constante, et, du reste, telle région qui est tolérante quand elle est lentement^ envahie par une tumeur ne l'est plus quand la lésion hémorrhagique ou ramollissement survient brusquement.

11 est d'usage, dans les traités de pathologie, de consacrer un chapitre à la description des tumeurs cérébrales; j'avoue que cette description livrée à une vue d'ensemble me parait impossible : le siège de la tumeur modifie à tel point la description des symptômes, et, d'autre part, la physiologie de certaines opérations cérébrales est encore si mal connue, qu'une étude méthodique de cette question ne peut être tentée pour le moment ; ce qu'on peut faire, c'est grouper les symptômes et les diviser en deux classes : les uns, sous le nom de symptômes diffus, qui ne sont pas exclusivement subordonnés au siège de la lésion, et qui résultent d'une

1. Viry. Cysticefques du cerveau. Th. de Strasbourg 1867. — Guéneau. Kystes hydatiques du cerveau. Th. de Pfrris, 1895.

2. Gouguenheim. Anévr de la base du cerv. Th. de Pans, 18bb. Z Ciouzon et Fieaï. Soc. anatom-que, avril 190G.

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excitation directe ou réflexe; les autres, symptômes de foyer, qui sont en rapport avec la localisation de la lésion1 et qui aident au diagnostic topographique de cette lésion.

A. Symptômes diffus. — Les symptômes diffus apparaisse!).' généralement les premiers, et ils peuvent n'avoir aucun rapport constant avec le siège de la tumeur; les plus importants sont la céphalalgie, le vertige, les vomissements, les fourmillements des extrémités, les troubles intellectuels. La céphalalgie s'observe dans la moitié des cas (Bail et Krishaber), elle est générale ou partielle, parfois intermittente et paroxystique; elle peut durer des semaines et acquérir une extrême intensité; la violence de ces exacerbations nocturnes est souvent un indice de syphilis. Les vomissements d'origine cérébrale ont pour caractère de se faire sans effort, sans nausées, sans douleurs gastriques; ils sont alimentaires ou simplement liquides2.

Les vertiges et les étourdissements se présentent sous diverses formes : le sujet se plaint de vague cérébrale, d'un état vertigineux continu, ou de vertiges qui surviennent par accès plusieurs fois par jour. Ces différents symptômes, céphalalgie occipitale, vomissements, vertiges, sont très fréquents dans les tumeurs cérébelleuses.

D. Symptômes de foyer. — Les paralysies sont des symptômes de foyer; leur apparition est tantôt lente et graduelle, tantôt rapide; leurs caractères sont subordonnés au siège et à l'étendue de la tumeur, et les aspects multiples qu'elles présentent peuvent se grouper dans les catégories suivantes :

1° Hémiplégie, a. L'hémiplégie totale des membres et de la face, analogue à l'hémiplégie de l'hémon hagie cérébrale, est ici une variété fort rare; l'hémiplégie des tumeurs cérébrales est moins complète, a moins pure, moins méthodiquement circonscrite, moins systématique que les hémiplégies vulgaires » (Four nier).

b. L'hémiplégie partielle localisée à la jambe, à un Dras

1. Cette division a été proposée par Jaccoud. dans son remarquable article sur les Tumeurs de l'encéphale. Pathologie, t. I, p. 321.

2. H. Molhère. Du vomiss. dans l- s malad. du cerv. Lyon, 1874.

(monoplégie) ou à un bras et à la face, est assez fréquente; elle résulte presque toujours d'une lésion qui siège en un point déterminé de la zone corticale motrice1. Ces mono-, plégies sont presque toujours associées à des contractures ou à des accès d'épilepsie jacksonienne. Je me contente de les indiquer ; cette question sera longuement étudiée au chapitre concernant l'épilepsie jacksonnienne.

c. L'hémiplégie croisée ou alterne, celte qui porte d'un côté sur les membres, et du côté opposé sur un ou sur plusieurs nerfs crâniens, résulte d'une tumeur du mésocc'phale, ou de plusieurs tumeurs, diversement situées, ou d'une tumeur qui serait assez volumineuse pour comprimer à la fois l'hémisphère cérébral et l'un des nerfs crâniens.

d. L'hémiplégie accompagnée d'hémianesthésie ou d'hémichorée indique que la tumeur atteint la partie la plus reculée du segment postérieur de la capsule interne. La contracture permanente faisant suite à la paralysie prouve que la tumeur a lésé le faisceau pyramidal en un point de son trajet ou à son passage dans les deux tiers antérieurs du segment postérieur de la capsule interne.

Les différentes variétés d'hémiplégie que je viens d'énumérer2 ont rarement le début soudain des hémiplégies de l'hémorrhagie et de l'embolie cérébrales; elles sont habituellement précédées de céphalalgie, d'ébauches de paralysie, de fourmillements du pied ou de la main, d'engourdissement, de faiblesse. Au nombre des tumeurs qui leur donnent naissance, il faut placer en première ligne les gommes syphilitiques méningées ou cérébrales; l'hémiplégie syphilitique est, on le sait, un accident fréquent de la période tertiaire, mais elle n'est pas rare, il s'en faut, dès la première et la seconde année de l'infection syphilitique 3. La syphilis peut déterminer l'hémiplégie, avec ou sans apoplexie, avec

1. Bravais. Th. de Paris, 1827. — Charcot. Épilcps. part, syphilit. Mat. du srjst. nerv., t. II, p. 342.

2. Conçaix. De Vhémipl. syphil. Th. de Paris, 1877. — Fournier. Syphil. cérébr., p. 412. — Bernheim. Syphil. du cerv. Th. de Paris, 1882.

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