Syphilis cérébrale. Paris
ARTERITES SYPHILITIQUES CEREBRO-MENINGEES ARTÉRITES OBLITÉRANTES ET ARTÉRITES SUIVIES d'aNÉVRYSMES
Anatomie pathologique. — La syphilis a une prédilection bien marquée pour les artère* de V encéphale, et elle choisit surtout celles qui forment l'hexagone de Willis ou qui en émanent. Anatomiquement parlant, ces artériopathies syphilitiques n'offrent pas de lésions qui leur soient absolument propres; néanmoins elles ont un air de famille qui permet quelquefois de les reconnaître soit à l'œil nu, soit au microscope. Elles sont assez souvent symétriques et segmentaires, localisées à un segment du vaisseau.
L'artérite syphilitique, avait dit Heubner dans son travail de 1864, débute par la tunique interne et par un, bourgeon latéral; c'est une endartérite oblitérante, qui aboutit à l'oblitération du vaisseau, par bourgeonnement et par thrombose1. Pour Lancereaux, l'artérite syphilitique est primitivement une périartérite. Pour d'autres auteurs, elle consiste en une altération scléro-gommeuse des parois de l'artère; la lésion débute par la tunique externe, qu'elle enveloppe parfois comme un manchon-, et se propage aux tuniques moyenne et interne. La prolifération cellulaire peut être telle que la lumière du vaisseau en est obstruée. Dans ces différents cas, l'oblitération du vaisseau se complète par l'adjonction d'un caillot qui forme thrombose, et le ramollissement cérébral en est la conséquence. 11 y a du vrai dans ces manières diverses d'envisager la question, mais l'opinion de Heubner mérite d'être conservée; je n'en veux pour preuve que les lésions décrites par Jolfroy au sujet d'une observation d'artérite cérébrale syphilitique3.
Cornil a démontré que l'artérite syphilitique peut aboutir à l'athéroine ; l'athérome n'est même pas rare. L'artériopathie
1. Cornil. Artér. syphilit. Journal des connaiss. méd. pratiques, 1886.
2. Balzer. Gommes de la peau. Renie de méd., août 1884. o. Arch. de méd. cxpér., 1891.
syphilitique a donc bien des points communs avec les artériopathies d'origine diverse, et comme elles, elle peut aboutir tantôt à l'oblitération du vaisseau, tantôt à son eclasie, à Yanévrysme et à sa rupture. Sur deux malades de mon service, il a été fait des constatations microbiologiques fort intéressantes. Chez une femme couverte de syphilides papuloulcéreuses et atteinte d'hémiplégie avec coma, Sézary et Paillard1 ont trouvé un tréponème dans le liquide céphalorachidien. Chez un homme atteint de syphilides psoriasiformes et d'hémiplégie droite, à laquelle il succomba, Sézary2 a trouvé des tréponèmes dans les parois des artères cérébrales.
Les artériopathies syphilitiques, oblitérantes etectasiantcs, qui ont été constatées sur des artères superficielles, des membres et de la face, ont permis de se rendre compte de visu de ce qui doit se passer dans le cerveau. Prière de se reporter au chapitre général des artérites syphilitiques.
Étudions successivement l'artérite cérébrale syphilitique avec anévrysme, et l'artérite syphilitique oblitérante avec thrombose et oblitération du vaisseau.
A. Anévrysmes syphilitiques. — - A ce premier groupe appartiennent les artérites syphilitiques qui aboutissent à Yanévrysme, à sa rupture et à l'hémorrhagie méningée. En voici quelques exemples :
(Spillmann5). — Un jeune garçon, atteint de syphilis, est pris, onze mois après l'infection, d'accidents cérébraux : céphalée, somnolence, étourdissements, vertiges, vomissements. Bientôt une attaque d'apoplexie se déclare et le malade meurt en quelques heures. A l'autopsie, on trouve une hémorrhagie sous-arachnoïdienne abondante, provenant de la rupture d'un anévrysme de l'artère basilaire. En différents points, les artères de la base du cerveau étaient le siège de lésions syphilitiques. Le sujet n'était pas alcoolique4. Dans une autre observation de Spillmann, il s'agit d'une jeune