Syphilis du cerveau, p
dorment mais ils ont des hallucinations, ils entrent en colère eî en fureur: certains se livrent à des violences, à des paroles qui témoignent d'un trouble mental, mais iU en ont conscience, car ils ne sont pas incohérents comme le paralytique général.
Les malades du second groupe, au lieu d'être excités, sont déprimés, ils sont moroses, taciturnes, leur intelligence est affaiblie, ils perdent la mémoire, ils ont moins d'aptitude au travail, c'est une fatigue cérébrale, « une asthénie intellectuelle » qui peut n'être accompagnée ni d'incohérence, ni de délire. Ils ont bien quelque notion de leur état, ils constatent leur défaillance intellectuelle, mais ils ne s'en émeuvent pas outre mesure, et la tranquille apathie avec laquelle ils acceptent leur état prouve assez leur déchéance mentale. Chez quelques malades ces symptômes acquièrent une plus grande intensité, la dépression intellectuelle s'associe à l'incohérence, la maladie aboutit à l'hébétude et à la démence.
Dans quelques circonstances, les symptômes ne sont pas seulement cérébraux, ils. sont cérébro-spinaux. En quelques jours, en quelques semaines, un individu ayant eu autrefois la syphilis, est pris de céphalée, de vertiges, d'embarras de la parole, de chute de la paupière supérieure, d'engourdissement et de pesanteur dans les jambes, de plaques anesthésiques à la fesse ou à la cuisse, de difficulté d'uriner» Bientôt la marche devient pénible, on constate la perte des réflexes rotuliens, la perte des facultés génitales, le malade a des phénomènes d'excitation cérébrale ou de dépression; bref, la syphilis est cérébro-spinale, elle réalise en partie, à l'état aigu ou subaigu, le tableau de l'envahissement lent et progressif du tabès dorsalis. Ce sont ces cas .qui ont permis à Fournier de faire à la syphilis une très large partétiologiuue dans la pathogénie du fnbes dorsal, eA du tabès cérébral.
Les symptômes cérébraux que je viens de décrire, isolés ou combinés, cérébraux ou cérébro-spinaux, ne créent aucun type bien distinct. 11 n'en est pas de même d'un autre type qui, par la nature et par l'évolution de ses symptômes.
rappelle le tableau de la paralysie générale, ('est à cette forme de syphilis cérébrale que M. Fournier a donné le nom de pseudo-paralysie générale syphilitique.
Je n'ai pas à reproduire ici 1rs symptômes de cette forme, on les trouvera décrits à l'article Paralysie générale. Il est certain que la syphilis cérébrale crée une affection qui simule la péri-encéphalite chonique progressive idiopathique; elle la simule dans ses manifestations cliniques, et sa lésion anatomique consiste en un syphilome en nappe de Técorce cérébrale et des méninges. A la forme dépressive de cette pseudo-paralysie générale Fournier a donné l'excellente dénomination de tabès cérébral.
Mais voici maintenant une autre question1. On se demande si la syphilis n'est pas capable de produire, non plus seulement une pseudo-paralysie générale plus ou moins fruste, plus ou moins défigurée, mais la vraie paralysie générale; elle aurait dès lors une part importante dans l'étiologie du tabès dorsal, du tabès cérébral et du tabès cérébro-spinal.
Cette opinion, que Fournier était presque seul à défendre et qui a été pendant longtemps contestée, cette opinion tend à prévaloir aujourd'hui, en Allemagne aussi bien qu'en France, et il paraît certain que la syphilis est un des facteurs les plus importants dans la genèse de la paralysie générale et des pseudo-paralysies générales. Cela ne veut pas dire, bien entendu, que la syphilis ne puisse pas être fortement aidée par d'autres facteurs : ainsi l'hérédité, les excès génitaux, les* excès alcooliques, les grandes préoccupations, les chagrins violents, le surmenage cérébral sont à juste titre incriminés; il se peut que le facteur syphilitique, hvré à lui-même, fût resté à l'état latent, néanmoins sa part étiologique est considérable, elle est prédominante, nous allons le voir au chapitre suivant.
Quoi qu'il en soit, un fait reste acquis au point de vue du pronostic, c'est que de toutes les formes de la syphilis céré-