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Rayer. Maladie du rein, p

3. Tuffier. Tumeurs malignes du rein. Annales des maladies génito> urinai res, février 1888

journalier, entre à l'hôpital pour se taire soigner d'une tumeur de la fosse iliaque droite. Depuis trois mois le malade s'affaiblissait, et c'est par hasard, en palpant son flanc droit, qu'il y a constaté une tumeur absolument indolente. Il continuait à travailler, quand il a été pris des douleurs et des symptômes d'une phlébite de la jambe droite. A l'examen du malade, on constate une tumeur, emplissant l'hypochondre droit, remontant jusqu'à l'ombilic et descendant dans la fosse iliaque jusqu'à l'arcade crurale. Cette tumeur, dure, bosselée, adhérente aux parties profondes, mate à la percussion, est absolument indolente. Le malade n'a jamais présenté aucun autre symptôme; il s'affaiblit de plus en plu3 il se cachectise et succombe, sans avoir présenté aucun accident rénal, aucune manifestation dans l'appareil urinaire. A l'autopsie on trouve un cancer primitif de la capsule surrénale droite, et dans le rein droit, très volumineux, sept à huit tumeurs cancéreuses dures ou ramollies, ayant envahi et détruit presque toute la substance glandulaire de ce rein. Voilà certes une évolution latente, sans douleur, sans hématurie.

Cancer rénal à forme douloureuse. — Le cancer du rein a bien des raisons pour provoquer des douleurs, qu'il s'agisse de tiraillements, d'adhérences, de déplacement de l'organe dont le volume est devenu considérable, ou de compression des nerfs du voisinage. Ces douleurs plus ou moins vives, rarement continues, généralement paroxystiques, occupent la région lombaire, l'hypochondre, irradient vers le tubercule, vers les espaces intercostaux, comme la névralgie intercostale. Parfois même les douleurs précèdent ou accompagnent les hématuries, et il n'est pas rare, ici comme dans toute hématurie, d'origine tuberculeuse, polykystique, calculeuse, il n'est pas rare que les caillots cruoriques, dans leur migration à travers l'uretère, provoquent des coliques néphrétiques.

Toutes ces modalités de la douleur au cours du cancer rénal sont connues et classiques; mais il est des cas, ils ne sont pas rares, où la douleur devient le symptôme dominant

DiEULAFOY, PATHOL. T. III, 15

du cancer rénal, les autres symptômes étant relégués au second plan. En voici un exemple1 :

Un homme de 40 ans entre à l'hôpital dans le service de Brault, pour des douleurs d'une extrême intensité qui siègent à Thypochondre, au flanc et à la région lombaire du côté droit. Ces douleurs sont continues, avec paroxysmes et irradiations à l'épigaslre, à la cuisse et au testicule, sous forme de décharges électriques rappelant les douleurs fulgurantes du tabès. La marche, la palpation, la pression, ravivent les douleurs, qui sont parfois si terribles, que le malade, en proie à d'épouvantables angoisses, se courbe en deux, s'immobilise et n'ose marcher ; la nuit ne met même pas un terme à ses souffrances. L'examen attentif des organes ne permet de rien découvrir : pas d'albumine, pas de tumeur abdominale. Cependant la fièvre apparaît, la situatiou s'aggrave, le malade maigrit, les douleurs persistent avec une violence inouïe, douleurs qui dominent toujours la situation, et le malade finit par succomber. A l'autopsie on trouve un cancer du rein droit ; le rein a presque conservé son volume normal; il est complètement adhérent à la colonne vertébrale et aplati contre elle par une sorte de cuirasse de périnéphrite cancéreuse dont les prolongements engainaient l'aorte, la veine cave et pénétraient dans le muscle psoas. La compression énergique des nerfs lombaires et sacrés par la tumeur périrénale explique la persistance, la violence et les irradiations des douleurs.

Cette observation vient à l'appui de l'idée émise par Roberts, qu'en fait de lésions des reins, des douleurs vives et permanentes survenant dans la sphère d'un nerf d'une façon continue, sont l'indice que la tumeur rénale ou périrénale dépasse les limites normales du rein. Ces névralgies rebelles et cruelles peuvent encore être sous la dépendance des poussées congestives qui augmentent momentanément le volume du rein cancéreux et qui aident ainsi à la compression des branches nerveuses; chez un malade de

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