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Pousson. Le Mercredi médical, 11 septembre

La palpation des deux reins ne révèle aucune augmentation de volume, mais la pression sur le rein droit est douloureuse. L'opération est praliquée, le rein est incise et l'on perçoit avec l'index explorateur un calcul arrondi du volume d'une noisette, roulant dans une cavité d'où il est assez difficile de l'extraire. Le malade a complètement guéri. (( Depuis cette époque, dit Pousson, j'ai eu à diverses reprises de ses nouvelles, il n'a plus d'hématuries. »

En étudiant les œuvres de Sydenham1, qui était lui-même goutteux et calculeux, j'ai lu avec le plus vif intérêt sa propre observation, qu'il rapporte en détail et qu'il intitule : Dissertation sur le pissement du sang causé par une pierre engagée dans les reins. En voici le résumé : « L'an 1660, écrit°Sydendam, j'eus une attaque de goutte aux pieds, la plus violente et la plus longue que j'eusse jamais éprouvée. L'accès se termina par une douleur sourde que je commençai à ressentir dans le rein gauche. La goutte s'etant dissipée, la douleur du rein resta. Elle augmentait par intervalles, mais elle était modérée et assez supportable, car je n'ai jamais eu une seule attaque néphrétique, maladie qui est toujours accompagnée de vomissements violents et de douleurs aiguës qui se font sentir le long de l'uretère en tirant vers la vessie. Mais je ne laissais pas d'être bien fonde à croire que j'avais dans le bassinet d'un des reins une pierre considérable qui, étant trop grosse pour passer par l'uretère, ne causait pas les symptômes de l'attaque néphrétique. Ce qui m'arriva au bout de plusieurs années me prouva que je ne m'étais pas trompé dans ma conjoncture. Car pendant l'hiver de l'an 1666, m'étant beaucoup promené après un grand dégel, je rendis aussitôt de l'urine mêlée de sang. La même chose m'arriva ainsi toutes les fois que je faisais beaucoup de chemin à pied ou que j'allais en carrosse sur le pavé, mais pareille chose n'arrivait pas si le chemin n'était pas pavé. L'urine que je rendais alors était effrayante, car elle paraissait être du sang tout pur, et par le 1. Médecine pratique de Thomas Sydenham, traduit de l'anglais par Jault, 1816, t. Il, p. 188.

dépôt, le sang se ramassait en grumeaux au fond du vase. » Ce cas de Sydenham est un type d'hématurie calculeuse due au gros calcul du rein, et c'est merveilleux de voir avec quelle précision, avec quelle sagacité, le grand clinicien anglais, que Trousseau plaçait si haut, a mis en relief les parties importantes de son observation : remarques sur l'association delà goutte et de la lithiase rénale; diagnostic anticipé du gros calcul du rein ; distinction entre le gros et les petits calculs, le gros calcul ne pouvant pas s'engager dans l'uretère, et ne produisant pas l'accès néphrétique; hématurie rappelée parles cahots du carrosse sur le pave; rien ne mauque à cette observation écrite il y a bientôt deux siècles et demi, tant il est vrai que la bonne clinique survit aux théories et aux systèmes et tiendra toujours dans les éludes médicales la situation prépondérante! Dans mes leçons à la Faculté, j'ai donné aux hémorrhagies des gros calculs du rein le nom « d'hématurie de Sydenham », celle dénomination résumant la nature de ces hématuries.

Eu résumé, les gros calculs du rein peuvent évoluer sans manifester leur présence, ils sont alors latents et le rein est tolérant: mais le plus souvent ils provoquent douleurs et hématuries. Les douleurs peuvent exister sans les hématuries, mais les hématuries sont toujours précédées ou accompagnées de douleur. La douleur est surtout lombaire, rappelée par la pression sur la région lombaire ou exagérée par les exercices violents. L'hématurie survient rarement au repos, elle est facilement rappelée par la course, par les efforts, par les cahotements du cheval ou de la voiture.

La radioscopie rend de réels services dans le diagnostic des calculs du rein1. Hingel a fait sur un cadavre les expériences suivantes : des calculs de trois espèces ont été introduits dans le bassinet et l'on a relevé des épreuves radios.copiques égales comme pause et comme durée. Le calcul d'oxalate a donné des images aussi nettes qu'un projectile; le calcul d'urate a donné une image moins nette; le calcul phosphatique n'a pas donné d'image du tout. Wagner 1. Albarran et Contremoulin. Annales génilo-urinaires, 1899.

a fait usage de la radiographie dans les cas suivants : le premier cas concerne une fillette atteinte de fistule à la région (lombaire gauche ; à l'épreuve radioscopique on distinguait quatre calculs, un volumineux, et trois ayant la dimension de pois chiches, l'opération a confirmé l'examen radioscopique. Pour Wagner les calculs uratiques sont très perméables a ix rayons X. Telle n'est pas l'opinion de Léonhard; po ir lui es calculs phosphatiques sont les plus perméables aux rayons de Rontgen ; puis viennent les uratiques et enfin les calculs d'oxalate. Dans un cas de Lauenstein il s'agit d'un calcul du rein diagnostiqué par la radioscopie; c'était d'un calcul de carbonate de chaux, fait d'autant plus intéressant que cette variété de calculs passe pour ne pas être favorable au diagnostic radioscopique1. Voici l'opinion de M. Béclère si compétent en pareille matière 2 : Dans la recherche radiographique des calculs urinaires, le succès est la règle, l'insuccès l'exception. Seuls, ou à peu près seuls, les calculs d'acide urique pur échappent à la recherche. Tandis que tout calcul urinaire qui contient en quantité suffisante des phosphates ou des sels de calcium peut être décidé par la radiographie. C'est le cas de la plus grande partie des calculs uriiaires.

Le traitement des gros calculs du rein est uniquement chirurgical5; les exemples sont nombreux de gens malades depuis des années et radicalement guéris par l'opération ; il n'y a pas plus de raison pour laisser un calcul dans le rein qu'il n'y en a pour laisser une pierre dans la vessie.

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