‹ Manuel de pathologie interne. v. 3 (volume 2)Chapitre 150 sur 246 · Foumier. Syphilis héréditaire tardive^ p. 4iâ · texte numérisé non relu

Foumier. Syphilis héréditaire tardive^ p. 4iâ

ningée, d'autres enfin qui sont en proie à la forme mentale, aux troubles intellectuels aux formes plus ou moins complètes de la paralysie générale. Mais dans d'autres circonstances ces différentes manifestations de la syphilis cérébrale sont associées, elles se suivent, elles se combinent, elles peuvent même se généraliser à la moelle, elles sont alors cérébro-spinales.

De ces différentes formes, celle qui est le plus facilement curable, le plus accessible au traitement, c'est la forme épileptique ou épilepto-paralytique; celle qui est le plus rebelle au traitement, c'est la forme mentale.

En face d'une syphilis cérébrale, le traitemeut mixte doit être institué sans retard, et ce traitement (mercure et iodure de potassium) doit être intense. Tous les moyens possibles doivent être employés pour favoriser la tolérance de ces médicaments ; c'est par des soins minutieux de la bouche qu'on évitera ou qu'on retardera l'apparition de la gingivite mercurielle; c'est par les grandes doses d'iodure de potassium 5 à 18 grammes par jour, qu'on arrivera souvent à enrayer les progrès du mal.

Toutefois, même en cas de succès, il ne faut pas trop se hâter de se réjouir, il faut se méfier, ainsi que le dit Fournier, des recrudescences et des récidives. Les recrudescences surviennent quelquefois en plein traitement, en pleine amélioration, alors que la guérison s'annonçait; les récidives s'observent trop souvent alors que la guérison paraissait définitivement obtenue. Malgré ces déboires il ne faut pas se décourager et tant que le processus syphilitique est dans une phase active il faut lutter avec énergie.

§ 10. PARALYSIE GÉNÉRALE MÉNiNGO-ENCÉPHALITEINTERSTITIELLECHRONIQUE DIFFUSE.

La paralysie ^^n^ra/e a longtemps été regardée comme une simple complication survenant dans le cours de la

folie; telle était Topinion dTsquiro), de Galmeil et de Parchappe ; et c'est ce qui explique la dénomination de paralysie générale des aliénés donnée à cette maladie. Bayle, dès 1826, avait essayé de réagir contre cette idée, mais c'est Baillarger^ qui a définitivement donné à la paralysie générale le rang qu'elle occupe aujourd'hui, en montrant qu'elle est une entité morbide nettement définie, dans laquelle les troubles moteurs jouent un rôle au moins aussi considérable que les troubles psychiques.

Anatomie patologique. — Les lésions de la paralysie générale, qu'on avait crues d'abord localisées aux méninges, puis aux méninges et à l'encéphale, occupent en réalité le plus souvent toute l'étendue des centres nerveux. En ouvrant le crâne, on trouve les méninges épaissies notamment au niveau des lobes frontaux (méningite chronique) ; la dure-mère adhère au crâne et la pie-mère adhère au cerveau. La substance cérébrale, mise à nu par l'ablation des méninges, est raboteuse, saignante et ulcérée (Galmeil) ; les circonvolutions sont atrophiées, le cerveau est diminué de volume, et la cavité des ventricules est agrandie. £n grattant la couche corticale avec le manche d'un scalpel, on détache des lamelles indurées, des crêtes de substance blanche (Baillarger). La surface du quatrième ventricule (Joire) et des ventricules latéraux est hérissée de granulations (tissu de sclérose), et ces dififérentes altérations (crêtes, lamelles, granulations) ne Sont en somme que le résultat d'une encé[)halite chronique diffuse prédominant au niveau des lobes frontaux. Au microscope on constate que les cellules nerveuses Sont atrophiées, réduite à une masse vitreuse dans laquelle on ne distingue plus ni noyau ni nucléole ; ou bien elles sont granuleuses, pigmentées, prenant mal la substance colorante ; les prolongements cellulaires sont rompus et les tubes nerveux n'existent plus qu'en petit nombre ; à leur place on trouve de nombreux corps granuleux.

1. Baillai^er. Des div. e$p, de parai, génér. {Ann. méd.-psycKj 1854.)

Les parois des artères sont épaissies et les éléments névrologiques prolifères semblent dans certpins cas étouffer les cellules nerveuses proprement dites. Le point de départ des lésions est sujet à controverse : la théorie de la sclérose cérébrale à début périvasculaire, soutenue encore récemment par M. Ballet*, pourrait bien ne pas être vraie dans tous les cas si Ton s'en rapporte aux travaux de Pierret, Friedman, Klippel, Joffroy*. D'après eux, la théorie de V encéphalite primitivement parenchymafeuse serait beaucoup plus vraisemblable.

L'encéphalite interstitielle, l'épendymite et la périencéphalite sont représentées par des lésions analogues dans la moelle; la moelle épinière en effet présente une myélite diffuse périépendymaire et périphérique, ainsi que les altérations d'une méningite chronique. Dans d'autres cas on trouve non plus des lésions diffuses de la moelle, mais bien des lésions systématisées (Raymond ') principalement sur le trajet des cordons postérieurs, lésions qui sont identiques à celles de l'ataxie locomotrice. Cette question des rapports du tabès et de la paralysie générale est d'ailleurs développée longuement au chapitre concernant VAtaxie locomotrice.

Les nerfs eux-mêmes peuvent être atteints de névrite chonique, alors que pendant la vie, on avait constaté dans les régions qu'ils innervaient, soit des plaques d'anesthésie, soit des atrophies musculaires localisées à un groupe de muscles, soit enfin une des lésions trophiques tributaires habituelles des névrites périphériques.

Les autres viscères présentent des lésions variées qui ont été étudiées dans ces dernières années par M. Klippel*, mais aucune d'elles ne semble être en relation indiscutable avec les altérations anatomiques du cerveau et des méninges.

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