‹ Manuel de pathologie interne. v. 3 (volume 2)Chapitre 152 sur 246 · BaU. Leçon» »ur les maladies mentales^ p · texte numérisé non relu

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inégalité des pupilles chez des gens qui n'ont encore aucune trace de troubles intellectuels, qui vivent au milieu de leur famille et de leurs amis, et chez lesquels on peut prédire six mois, un an à l'avance, l'explosion des autres accidents !

Parfois, le début de la maladie se fait par poussées congestives (Baillarger) ; le sujet est atteint d'accès apoplectiformes ou épileptif ormes, de perte de connaissance, d'aphasie transitoire, d'hémiglégie passagère, et les troubles psychiques éclatent après une ou plusieurs attaques congestives. Les attaques sont parfois annoncées par des accès de migraine ophthalmique^.

Les troubles des organes des sens précèdent parfois tous les autres symptômes: on a noté Tamblyopie, la diplopie. M. Voisin a beaucoup insisté sur la diminution ou l'abohtion de Vodorat, qui souvent devance les symptômes vulgaires.

Déclarée, la maladie revêt plusieurs formes. Sa forme la plus habituelle est caractérisée par le délire ambitieux, par le délire des grandeurs. Le malade est dans un état de satisfaction continuelle ; il se croit empereur, pape ou dieu ; il possède des milliards, et il veut les distribuer à tous ceux qui l'entourent; il a des palais fabriqués de pierres précieuses ; rien n'égale sa force, sa beauté, sa puissance ; mais ses idées ne sont pas, comme celles du monomaniaque ambitieux, suivies et bien coordonnées, elles sont, au contraire, mobiles, contradictoires (Falret), et, pendant que le paralytique général vous parle de ses splendeurs, demandez-lui sa profession, il vous répond simplement : « Je suis cordonnier. » (Magnan.)

Chez certains paralytiques, le délire hypochondriaque domine la scène; autant le malade du type précédent était optimiste, autant celui-ci est triste et malheureux ; il se croit mort, il se croit persécuté (délire des persécu-

1. Charcot. Leçons sur les maladies du système nerveux , Paris, 1883, p. 75.

lions), il refuse toute nourriture par crainte du poison, il a des hallucinations et des idées de suicide

Au milieu de ces symptômes (forme ambitieuse et forme hypochondriaque), certains malades sont pris de véritables accès de manie aiguë; leur fureur nécessite la camisole de force, puis l'accès s*amende, disparait, et Ja paralysie générale continue sa marche progressive (Baillarger)*.

Les troubles de la parole se montrent souvent dès le début de la maladie; ils sont même dans certains cas Yunique symptôme du début*. L'altération delà parole est si caractéristique qu'elle suffirait seule à établir le diagnostic; au moment où le paralytique va parlerait se fait une sorte de trémulatîon dans les muscles qui convergent vers les lèvres, la parole est traînante, hésitante, tremblotante, elle participe du tremblement qui agite les lèvres et la langue.

Les troubles de motilité ne sont pas des troubles de paralysie complète, ils tiennent à la fois de l'incoordination et de raffaiblissement des mouvements; c'est une sorte d'ataxie mélangée de parésie; les malades sont moins habiles aux travaux manuels et la marche devient chancelante et fatigante. Il y a même des cas où les troubles d'incoordination sont prédominants, et la maladie revêt pour un temps les symptômes de Tataxie locomotrice (voir le chapitre du tabès).

Avec les progrès de la maladie, les troubles intellectuels et paralytiques s'accusent davantage, ils sont parfois compliqués d'attaques épilept if ormes ou apoplectiformes, avec élévation de la température et hémiplégie passagère ; on observe aussi, sous forme d'attaques spéciales (Magnan), des contractures et des paralysies.

Le système nerveux sensitif est assez peu touché dans la paralysie générale, l'anesthésie est plus fréquente que

1. Deê rémissions dans la forme maniaque de la parai, gén. (Ann, méd. psych., mai 1876).

2. Voisin. Des troubles de la parole dans la parai, gén, (Arch. gén. deméd.,i%l&). — Traité de la parai, génér. des aliénés. Paris, 1886.

riiyperesthésie; on a signalé (Teissier) des douleurs viscérales analogues à celles de l'ataxie locomolrice.

L'inégalité des pupilles (Baillarger) est un symptôme fréquent et qu'on observe souvent dès la première période, il disparaît parfois au moment des rémissions pour reparaître ensuite.

Les réflexes pupillaires sont souvent paresseux ou abolis pour la lumière ou pour l'accommodation; ils répondent parfois au signe d'Argyll-Robertson. Au début de la maladie, la paralysie pupillaire est souvent associée à la paralysie du muscle accommodateur (Parinaud, Ballet) ; l'ophthalmoplégie interne en est le résullat. Le nerf optique est très rarement atrophié; les nerfs moteurs de l'œil sont rarement atteints.

L'hématome de Voreille est un symptôme fréquent de la paralysie générale. Vothématome est une tumeur sanguine, située entre le cartilage et le périchondre, et attribuée par certains auteurs au traumatisme, par d'autres à un trouble vasculaire.

Chez la femme, le développement de la paralysie générale entraîne le plus souvent l'irrégularité ou la suppression de la menstruation, fonction qui peut se rétablir pendant les rémissions de la maladie^.

La période terminale de la paralysie générale est caractérisée par la déchéance intellectuelle et physique de l'individu. (( Les malades, constamment souillés par leurs urines et par leurs selles, gâtent sans cesse et plongent leurs mains dans les ordures dont ils recouvrent tout. Ils sont presque entièrement isolés du monde extérieur, auquel ils ne semblent plus tenir queparla vie purement végétative » (Magnan). Quelques-uns arrivent au terme de leur existence ayant conscience de leur décadence ; leur intelligence est affaiblie, mais ils n'ont pas d'aliénation.

Marche. — Durée. — La paralysie générale débute

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