‹ Manuel de pathologie interne. v. 3 (volume 2)Chapitre 155 sur 246 · Chaccot et Pitres {Revue mensuelle · texte numérisé non relu

Chaccot et Pitres {Revue mensuelle

3. Aphasie. L'étude de l'aphasie est Caite à l'un des chapitres fuiTanlH i. Charcot et Pitres {Hmme fMneuelle^ 1883» p. 874).

M. Grasset, les considérations suivantes, concernant la localisation des paralysies :

!• Toutes les lésions corticales des hémisphères cérébraux, chez rhomme, ne donnent pas lieu à des troubles de la motilité volontaire. A ce point de vue spécial récorce du cerveau peut être divisée en deux parties distinctes, la lone non motrice, dont les lésions destructives ne provoquent jamais de paralysie permanente, et la zone motrice, dont les lésions destructives provoquent toujours des paralysies permanentes du côté opposé du corps.

2** La zone non motrice comprend :

a. Toute la région préfrontale du cerveau (lobe orbitaire, première, deuxièmeettroisièmecirconvolutionsfrontales);

b. Toute la région occipito-pariétale (lobe occipital, lobules pariétaux supérieur et inférieur) ;

c. Tout le lobe temporo-sphénoïdal.

3* La zone motrice comprend seulement les circonvolutions frontale et pariétale ascendantes, et le lobule paracentral ; peut-être aussi le pied des circonvolutions frontales.

4' Les paralysies provoquées par les lésions destructives de récorce affectent des formes cliniques différentes selon le siège et retendue des lésions provocatrices. Les hémiplégies totales d'origine corticale sont produites par des lésions étendues des circonvolutions ascendantes. Les paralysies partielles sont produites par des lésions limitées des mêmes circonvolutions.

Parmi ces paralysies partielles ou monoplégies, on peul distinguer :

a. Les monoplégies brachio-faciales, qui coïncident avec les lésions de la moitié inférieure des circonvolutions ascendantes ;

b. Les monoplégies brachio-crurales, qui coïncident avec des lésions de la moitié supérieure des circonvolutions ascendantes ;

c. Les monoplégies faciales et linguales, qui dépendent des lésions très limitées de rextrémité inférieure de la zone motrice, e^ particulièrement de la frontale ascendante;

d. Les monoplégies brachiales, qui dépendent de lésions 1res limitées de la partie moyenne de la zone motrice, et particulièrement du tiers moyen delà frontale ascendante;

e. Les monoplégies crurales, qui dépendent de lésions très limitées du lobule paracentral;

f. La paralysie de l'élévateur de la paupière supéiieure, qui parait dépendre d'une lésion limitée au lobule du pti courbe (Grasset, Landouzy)*.

5* Qu'elles soient totales ou partielles, les paralysies provoquées par des lésions destructives de Fécorce sont des paralysies permanentes qui s'accompagnent, lorsqu'elles ont duré un certain temps, de contracture secondaire des muscles paralysés et de dégénérations descendantes du faisceau pyramidal.

Contractures, — Je n'ai pas à insister sur les contractures, sur les spasmes limités au bras, à la jambe; ils reconnaissent les mêmes localisations que les paralysies ; seulement, dans un cas il s'agit de lésions irrita tives (contractures) ; dans l'autre il s'agit de lésions destructives (paralysie).

Convulsions, — Les lésions corticales qui produisent des convulsions ne peuvent pas se localiser aussi nettement que les lésions qui produisent les paralysies. Yoici à ce sujet l'opinion de WA. Gharcot et Pitres :

Les lésions irrilatives de l'écorce peuvent donner lieu à des convulsions épileptiformes (épilepsie partielle, jacksonienne ovt corticale). Ges convulsions se distinguent d'ordinaire très nettement des convulsions de l'épilepsie vraie. Elles débutent par une aura motrice et peuvent se généraliser ou rester limitées à une moitié du corps (hémispasme) ou à un seul groupe (monospasme).

Les lésions susceptibles de provoquer des convulsions épileptiformes siègent sur la zone motrice elle-même ou même dans son voisinage, et il n'y a pas toujours entre la forme de l'épilepsie partielle et la topographie de sa

1. Blépharoplose cérébrale, — Lemoine. lievue de médecine, juillet 1887.

lésion corticale provocatrice, de rapport constant, comme il en existe entre les paralysies d'origine corticale et le siège des lésions destructives qui leur donnent naissance.

Cependant un certain nombre d'observations permettent d'affirmer que dans bien des cas Tépilepsie partielle revôl les types suivants en rapport avec des lésions nettement localisées : l"* dans le type facial les convulsions se limitent au visage et au cou, elles atteignent la commissure des lèvres, l'orbiculaire des paupières, les muscles moteurs de l'œil, de la langue, le sterno-mastoïdien ; aux conTulsions du visage et du cou s'ajoutent parfois quelques secousses du bras; ^* dans le type brachial y qui est plus fréquent, l'aura débute par un des doigts, les convulsions atteignent la main, le bras, l'épaule, et atteignent parfois la face et le cou ; Z° dans le type crural^ qui est le plus rare, Vaura part du pied et les convulsions s'arrêtent à la hanche.

La topographie de la lésion cérébro-méningée peut être diagnostiquée par le type de l'épilepsie partielle : type facial — extrémité inférieure de l'écorce des deux circonvolutions ascendantes. Type brachial — région moyenne de la frontale ascendante. Type crural — région supérieure des circonvolutions ascendantes et du lobule paracentral Type lingual — région inférieure de la frontale ascendante au voisinage du pied de la troisième frontale.

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