Chambard. Diet, êt^eyelop», art Somanousif a
chement de certaines zones cutanées dites hypnogènef (Pitres)* : vertex, pointe de Tomoplate, etc., conduisent également au sommeil nerveux. Enfin un sujet déjà exercé peut s'endormir à la seule pensée qu'on va Tendofmir. Il suffit de dire à certains d'entre eux : Dans une heure, ou demain à telle heure, vous vous endormirez, pour qu'à l'heure dite ils s'endorment profondément, et cela en dehors même de la présence de l'expérimentateur (Bernheim) >.
Symptômes. — Les procédés d'hypnotisation que nous venons d'énumérer ne déterminent pas chez tous les siJÛets les mêmes phénomènes ; mais l'état provoqué peut toujours se ranger dans l'une des trois formes décrites par Gharcot.
Léthargie, — Dans l'état de léthargie^ le patient présente l'aspect extérieur d'un homme profondément endormi : les yeux sont fermés, les muscles sont dans la résolution complète, le bras soulevé retombe inerte ; mais la sensibiUté générale est abolie, les réflexes tendineux sont exagérés, et malgré tous les efforts pour réveiller le malade en le secouant, on ne peut y parvenir. Gharcot a montré qu'il existe dans cet état un degré très prononcé d!hyperexcitahilité musculaire. Il suffit de toucher avec un crayon les points cutanés correspondant au trajet des nerfs superficiels (cubital, facial) pour voir tous les muscles innervés par ces nerfs se contracter comme on l'observe sous l'influence du passage d'un courant électrique. En continuant cette excitation, on détermine des contractures qui persistent alors même que le sujet a été réveillé. D suffit alors de frotter légèrement la peau sur le traget des muscles antagonistes pour les faire cesser. Gh. Richet et Brissaud ont montré que dans les membres anémiés à l'aide de la compression par la bande d'Ësmarch, l'hyperexcitabilité musculaire disparait. Gertains excitants peuvent au contraire agir pour ainsi dire à dis-
1. Pitres. Leçons êur let %one» hypnogène». Bordeaux, 188K. I. Bernheim. Paris, 1884.
tance; ainsi l'application d'un courant électrique sur an des côtés du crâne détermine parfois des secousses musculaires dans le côté opposé du corps, ce qui n'a pas lieu à l'état de veille. La lumière vient-€dle à frapper l'un des globes oculaires, on peut voir tout le côté correspondant entrer en catalepsie; de telle sorte que le sujet est à la (ois hémiléthargique et hémicataleptique. Si c'est l'œil droit qui a été ouvert, on peut constater de l'aphasie. Aussitôt la paupière baissée, la flaccidité des membres reparait.
Catalepsie. — Si, au lieu d'ouvrir un œil, on ouvre les deux yeux en présence d'une lumière vive, la léthargie est remplacée par la catalepsie. Le même résultat est parfois obtenu directement à l'aide d'un des procédés indiqués plus haut, surtout à l'aide de ceux qui agissent brusquement, tels qu'un bruit inattendu.
Le sujet a alors les yeux ouverts, les membres ne sont pas contractures, mais ils conservent la position qu'on leur donne. Vient-on à soulever le bras, il reste étendu, sinon indéfiniment, au moins pendant longtemps. Grâce à cet état particulier des muscles, on peut donner au patient les positions les plus bizarres. L'anesthésie générale est complète, les réflexes tendineux sont diminués ou abolis, le pouls est accéléré, mais la respiration n'est pas modifiée, tandis que chez le simulateur, sous l'influence de l'effort nécessité pour maintenir le bras dans la position qu'on lui donne, la respiration s'accélère, et les muscles en jeu deviennent le siège d'un tremblement qui dénote la fatigue.
En plaçant les membres dans une position qui répond à une attitude passionnelle, on suscite, on suggère une expression de la physionomie qui correspond au même sentiment ou à la même passion. Le système musculaire est dans un état qui est la contre-partie de ce qu'il est dans la léthargie : en frottant, en frappant légèremeoc un muscle, on développe une paralysie qui peut persister alors que l'expérience a pris fin.
Somnambulisme. — Le somnambulisme est Tétat Ui plus fréquemment développé au cours des séances d'hypnotisme; c'est à lui qu'on arrive avec le plus de facilité chei certains sujets. Il consiste en une sorte de torpeur intellectuelle avec conservation de Tactivité musculaire. Le patient en état de somnambulisme provoqué (Barth)* peut donc marcher et parler comme à Tétat de veille, souvent il ne répond qu'aux questions de la personne qui Ta endormi.
Le sensibilité générale peut être abolie, mais souvent aussi il y a hyperesthésie cutanée, à tel point que le contact de certains métaux sur la peau peut déterminer une brûlure; les diverses sensibilités spéciales sont bien plus souvent encore exaltées : un malade d'Azam entendait à neuf mètres le tic-tac d'une montre.
Il existe souvent chez les somnambules un état cataleptoîde des muscles et Thyperexcitabilité musculaire est aussi prononcée que chez le léthargique. On dit qu'il y a prise du regard^ lorsqu'un somnambule ou un cataleptique à qui l'on dit de fixer un objet, ne peut en détourner ses yeux, et, s'il s'agit d'une personne, la suit et imite tous ses mouvements.
Au point de vue intellectuel, le somnambule est un automate. On peut lui susciter, lui suggérer tel acte qu'on désire lui voir accomplir. Souvent il résiste, puis, si l'on insiste, il finit par céder. On provoque ainsi à volonté des illusions, des hallucinations, des troubles de la mémoire ; on peut même déterminer par suggestion des paralysies et des contractures. La suggestion, au lieu de porter sur un fait qui doit être exécuté immédiatement, peut se faire à longue échéance : on fait naître ainsi, soit des hallucinations, soit des impulsions irrésistibles, qui apparaissent longtemps après le récit et à l'insu du sujet. Cette question des suggestions est aujourd'hui à l'étude. elle n'est entrée dans le domaine scientifique que depuis quelques années (Bernheim, Pitres, Gharcot, Dumont-