PETITE URÉMIE. — GRANDE URÉMIE
Pathogônie. — La théorie de l'urémie est basée sur ce fait que, par suite des lésions du rein, par suite de l'insuffisance de la dépuration urinaire, les matériaux de désassimilation qui devraient être expulsés par l'urine s'accumulent dans le sang et provoquent une intoxication qui est la source des accidents. Ainsi que le fait remarquer M. Jaccoud, ce mot d'urémie ne signifie pas urée dans le sang, il signifie urine dans le sang (oupov, urine, et alpia, sang), le sang est devenu urineux (Jaccoud). Cette théorie est vraie, mais la difficulté commence quand
1. Djoritch. Sueurs d'urée en général et dan» la maladie de Bright en particulier. Thèse de Paris, 1895.
il s'agit de spécifier quels sont les matériaux de désassî* milation qui sont les agents toxiques.
On a accusé Vurée, Dans quelques observations, en effet (Bouchard S Brouardel*), les accidents urémiques ont coïncidé avec un abaissement de Turée dans l'urine, et avec la présence d'une énorme quantité d'urée dans le sang. Mais, par contre, il y a la série des faits négatifs où l'examen du sang pratiqué chez des urémiques n'a permis de trouver aucun excès d'urée (Wurtz et Berthelot, Potain'). On pourrait également citer les faits de Parker, de Mosler, et tant d'autres, où des malades atteints d'accidents urémiques rendaient dans leurs urines une quantité d'urée normale et même supérieure à la normale. J'ajouterai enfin que les injections d'urée dans le sang aes animaux ne provoquent pas les symptômes urémiques. Feltz et Rittor, Gréhant et Quinquaud ont démontré que, pour arriver à tuer des animaux par des injections d'urée chimiquement pure, il faut des quantités considérables d'urée; ce même fait ressort des recherches de M. Bouchard, qui a constaté que l'urée n'est capable ni d'abaisser la température, ni de produire le coma, et qu'elle n'entre à peine que pour un neuvième dans la toxicité des urines.
Frerichs suppose que l'urée se transforme dans le sang en carbonate d'ammoniaque, ce que M. Jaccoud appelle ammoniémie. Les malades ont de l'ammoniaque dans les vomissements et dans leurs déjections, et leur haleine est souvent ammoniacale, ce qu'on peut parfois constater en mettant devant leur bouche une baguette imbibée d'acide chlorhydrique sur laquelle se précipitent des cristaux d'acétate d'ammoniaque.
Les sels de potasse ont été regardés par MM. Feltz el Rttter comme la partie essentiellement toxique de l'urine» aussi ces auteurs proposent-ils de donner à l'intoxication