Canton, le 29 juin
lAL&DlES INFECTIEUSES PROPRES A L'HOMME. 269
produisent des états tétaniformes, mais le tétanos vrai est une maladie infectieuse, microbienne. Baotéiiologie. — Le bacille du tétanos a été trouvé en
Dacillo du IdUinos.
1885 pu* Nicolaîer, dans le pus des plaies de souris et de cobiyes qu'il avait rendus tétaniques en leur plaçant ^ la terre sous la peau. Plus tard Rosenbach le retrouva
Bacille tétanique sporulé.
^s la plaie d'un homme atteint de tétanos spontané, et c'est Kitasato qui l'a vraiment isolé et cultivé à l'état ^e pureté en 1889.
^ badlle du tétanos est très fin, grêle, droit ; il se co-
lore d'une façon intense par toutes les couleurs basiques d'aniline en solutions hydro-alcooliques. Dans quelques cas, il peut s'allonger comme un filament qui ressemble un peu au vibrion seplique.
Outre cette forme, le bacille du tétanos peut présenter une autre forme beaucoup plus caractéristique. Soit dans les cultures, soit dans la plaie des tétaniques, le bacille passe à la phase sporulée (Rosenbach) ; il prend la forme d'une tête d'épingle, d'une baguette de tambour, d'une raquette. Cette forme est due à la spore qui se développe à l'une des extrémités du bacille, et souvent aux deux extrémités, auquel cas le bacille prend la forme d'une haltère. Dans les cultures un peu vieilles, les spores détachées de leurs bâtonnets ressemblent à des cocci. Les spores ne se colorent pas comme le bacille, il faut employer, pour les colorer, les procédés qui sont en usage pour le bacille de la tuberculose et de la lèpre. Les spores sont très virulentes et très résistantes : leur vitalité dans les cultures, dans les tissus, dans la terre, persiste encore au bout de six mois (Nicolaïer, Bonane, Sanchez Toledo et Veillon*).
En piqûre sur gélatine à 22 degrés, et sur gélose à 37 degrés, les colonies du bacille tétanique se développent sous forme de petits points nuageux d'où partent perpendiculairement de petits rayons qui lui donnent l'aspect floconneux d'une graine de chardon ou d'une houppe*. Le bacille de Nicolaïer est anaérobie : cultivé dans l'hydrogène ou dans le vide, au bout de 24 heures de séjour à l'étuve à 37 degrés il donne des spores en abondance.
Le bacille du tétanos vit à l'état de saprophyte dans les couches superficielles du sol : c'esl un microbe tellurique (iNicolaïer). On le rencontre dans la terre des champs,
1. Sanchez Toledo et Veillon. Recherchée microbiologiques et expérimentales sur le tétanos. Archives de médecine expérimentale, novembre 1890.
cJans Jes rues (Socin), dans les poussières des maisons et cjes jardins, dans le foin (Sanchez Toledo et Veillon), <3ans le fumier (Sormani), dans les excréments des ani- :arnaux. Il se transmet par une plaie quelconque, par une ^lution de continuité de la peau ou d'une muqueuse. Mies animaux (surtout le cobaye, la souris et le rat) prenaient le tétanos expérimental par inoculation : la mort ^st presque toujours la règle, au bout d'un temps plus «nu moins long, variant de un à cinq jours. On retrouve i^ bacille au point d'inoculation; mais on ne le rencontre ;pas ailleurs. Comme le bacille diphthc'riqiio, il ne se génô- *:*alise pas : il ne diffuse dans les organes et dans le sang ^i^u'après la mort (Nicolaïev, Kitasato, Sanchez Toledo et Ai'eillon).
La virulence du bacille du tétanos s'exalte par des passages successifs sur les animaux (Nicolaïev, Nocard, Dor), I^ar l'association du hacillus prodigiosus (Vaillard) : elle ^iliminue par l'action des hautes températures (Dor, Vailï ard), des antiseptiques, de l'acide lactique (Tizzoni et Catt-ani, Vaillard).
La ioxine tétanique sécrétée par le bacille est des plus sactives : elle n'est pas encore très bien définie chimiqiioïTient. Elle serait composée de plusieurs ptomaïnes (lîrieeer), de substances albuminoïdes (Brieger et Fiaiikol), ^'une diastase (Kund Faber*), d'un ferment soluble (Tizzoni et Cattani, Vaillard et Vincent^, Courmont et Diijoii). ^'esl un poison extrêmement actif; -^ de cenli mètre ^^^be suffit à tuer un cobaye. Ici encore, comme dans la ^iphlkérie, le bacille, localisé dans la plaie, sécrète d'une ^sçon continue un poison qui a sur les contres nerveux "^ne action semblable à celle de la strychnine ou de la tnucine (Vaillard et Vincent). Courmont oi Dujon'^ allri-
^' Kund Faber. Die Paihogenese der Tctnnns. Berlinor klinische ^Vochenschrift, 1890.