‹ Manuel de petite chirurgieChapitre 136 sur 152 · TAMPONNEMENT DES FOSSES NASALES · texte numérisé non relu

TAMPONNEMENT DES FOSSES NASALES

marquer que Ton doit y avoir recours d'autant plus vite que le malade aura perdu une plus grande quantité de sang, et qu'il se trouvera dans des conditions telles qu'une perte de sang, même peu considérable, pourra lui être plus funeste.

Avant de passer à la description du tamponnement des fosses, je signalerai un moyen hémostaslique très-simple indiqué par M. Négrier (\). Il fait élever brusquement le bras correspondant à la narine d'où coule le sang, et presque toujours Thémorrhagie est suspendue. J'ai vu, dit-il, deux ou trois fois seulement Ihémorrhagie se renouveler; mais le sang s'arrêtait de nouveau aussitôt que le bras était de nouveau relevé. M . Négrier rapporte plusieurs observations d'hémorrhagies extrêmement rebelles arrêtées par ce procédé.

Il cite môme un fait dans lequel l'élévation des deux bras a arrêté tout à coup une hémorrhagie résultant d une légère incision à la lèvre supérieure. « Depuis ce fait, ajoute-t-il, j*ai re- » marqué que si la coupure n'intéresse que des» ramifications » tout à fait capillaires, la suspension de l'écoulement de sang » n'a pas lieu ; il faut que la plaie entraîne quelques ramifications » artérielles d'un plus gros calibre. »

Quelle que soit l'explication que l'on puisse donner de ce phéliomène, toujours est-il qu'il est fort singulier, et que le remède est tellement simple qu'il faut toujours l'appliquer, sauf à recourir promptement à un autre moyen ; car, je le répète, l'écoulement du sang doit être arrêté instantanément, et quelques secondes ne pourront apporter de préjudice au malade. D'ailleurs pourquoi ne pas faire élever les bras pendant que l'on prépare l'instrument et les pièces d'appareil nécessaires pour tamponner les fosses nasales?

Le tamponnement des fosses nasales se pratique avec un instrument désigné sous le nom de sonde de Belloc (fig. 3H). Il 8e compose :

1' D'une sonde de la longueur et du volume d'une sonde de Temme, mais d'une courbure beaucoup plus grande ; près de son pavillon se trouve un large anneau destiné à maintenir l'instrutnent. Cet anneau, qui sert encore de point do repère, est fixé du côté de sa concavité ; le bec de la sonde est percé à son extrémité ; il n'a pas d'yeux ni de cul-de-sac.

2° Dans la cavité de la sonde s'engage un ressort d'acier, ou d'argent, terminé du côté du bec de la sonde par un bouton A qui S^adapte parfaitement au volume de l'instrument, et percé trans-

(1) Archives. générales de médecine^ 3« sériç, t. "XXV , V^lv*!,^ , \.^^ .

716 OPÊRATIOHS DE PETITE GBIRUBGIE.

versalement. A Tautro extrémité du ressort on trouve un pas de vis au moyen duquel se trouve fixé un stylet assez long C, qui pourrait faire corps commun avec le ressort. Mais, a6n de rendre l'instrument plus portatif, on dévisse le stylet lorsque le ressort est engagé dans la cavité de la sonde. Alors un petit ccroo Bs'en^

Fiç. 311.

gage à Textrémilé du ressort, afin d'empêcher ce dernier de sortir delà sonde dans laquelle il se trouve fixé d*un côté parle bouton, de l'autre par l'écrou.

Lorsqu'on veut faire usage do 1 instrument, on visse le stylet sur l'extrémité du ressort, et Técrou qui a été déplacé est vissé à l'extrémité libre de cette tige ; on l'engage dans la cavilé de i l'instrument, on fait facUemenl sortir le ressort,

M. Charrière a modifié la sonde de.Belloc delà manière la plus heureuse : au lieu détenir le stylet dans un compartiment spécial de la trousse, il se trouve lorsque Tinstru ment est fermé dans la sonde elle même ; pour faire fonctionner cette sonde la manœuvre est des plus simples (Hg. 313).

L'instrument étant fermé, c'est-à-dire tel qu'on lo trouve dans la trousse, on tourne lo bouton C de droite à gauche, on dégage le stylet qui tombe jusqu'à ce qu'il rencontre l'anneau du ressort B (fig. 3), puis on continue à tourner deux ou trois tours dans le même sens ; le stylet est fixé au ressort, il suffit de le pousser pour faire sortir le ressort de la sonde.

Veut-on fermer l'instrument, on tire le stylet, on tourne le bouton de gauche à droite, on dégage le stylet que l'on pousse dans la sonde, et l'on fixe le bouton à la sonde en tournant dans le même sens.

Veut-on démonter l'instrument, on tourne le boulon d'abord, puis le stylet, comme quand on veut mettre la sonde en état de fonctionner, mais oti\.o\«iv^\^ ^v^\^\>\^V^ ^xV^avJ. dégagé

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Fiy. m 2.

Deox bourdonnct^ de charpio usitov ttuloinonl ««^rrt^ tItM* vent être préparés à Tavanco; Pun «r«»nlro viw t^iil plttoti ft l'ori - Rce antérieur des fosses nasait^, Vm\\n^ h lorltloo puHionour, A la partie moyenne do oo dornior Hont nntitW d(Mi\ \\U (Mri^ri un- 8ez forts et doubles ; un do eus llls oui diriKt^t^n iiviinl, riiiilro im arrière.

Lorsque Tappareil est préparé, on fdiMii Ih Mondn du IMUw ihiiitt la narine malade. Quand lo too t\n riii>ilruiiiMnt ti«l iiirivi^ Niir la face supérieure du vollodu pslHls, codutit on M'itporo"lt pNr kH mouvements de déglutition que fslt le malade, on ongfttge |o «ivlet dam la sonde; lereeiort le trouve d^t|fc^«^\.\\x^iM^^^tiX'«s'iK)!<^

desoD élasticité et de sa courbure, dans la cavité buccale en contournant le bord libre du voile du palais ; la sonde est maintenue en place, le doigt indicateur de la main gauche ramène le bouton qui termine le ressort aussi en avant que possible. On passe alors les deux extrémités du fil double antérieur du homdonnetdans la perforation du bouton, puis le stylet est relire; avec lui le ressort s'engage dans la sonde, le fil se trouve tendu, et son extrémité arrive au niveau du bord libre du voile do palais. Si ensuite de la main droite on retire la sonde de la cavité des fosses nasales, on entraîne le bourdonnet vers ToriBce postérieur ; mais pendant cette manœuvre le doigt indicateur de la main gauche, introduit dans la bouche guide le bourdonnet, rempôched'arc-boutersur le voile du palais. L'instrument devient alors inutile , on le détache, on tire sur le fil antérieur, et avec le doigt indicateur gauche on fixe fortement le bourdonnet sur l'orifice postérieur de la narine que l'on veut oblitérer. On ddl faire attention à ne pas choisir un bourdonnet trop volumineux, car il ne pourrait pas passer ou ne passerait que difficilement entre le bord libre du voile du palais et la paroi postérieure du pharynx ; il ne sera pas trop petit, car en tirant sur le fil on l'en- ♦ratnerait en avant, ou bien, appliqué sur l'orifice de la narine, il ne l'oblitérerait qu'incomplètement.

Lorsque l'orifice postérieur est parfaitement fermé, on écarte le fil double antérieur, on en place les deux chefs de chaque côle de la narine; on engage alors entre eux l'autre bourdonnet; les fils sont portés en avant de celui-ci et noués solidement; laotre fil du bourdonnet postérieur, et ramené dans la bouche, est fixé sur la joue.

Il est facile de comprendre que le sang ne peut s'échapper eo arrière et en avant, arrêté par les bourdonnets; que ceux-ci ne peuvent se déplacer, le postérieur étant fixé par l'antérieur, et réciproquement. Quant au fil postérieur il sert à ramener le bourdonnet postérieur lorsqu'on enlève l'appareil. En effet, ledoigtne peut pénétrer que difficilement jusqu'à l'orifice postérieur de U narine, et cette manœuvre cause beaucoup de gène au malade :d« plus, les mouvements de déglutition étant très-violents, lorsque quelques corps étrangers viennent à toucher le voile du palais.il serait à craindre que le bourdonnet ne fût avalé; en le soutenaal au contraire avec le fil, on peut facilement l'enlever.

L'appareil doit être reljré quand on suppose querhémorriPP s'est arrêtée, aw bc^w\. à^ Vc^xite-sixà quarante-huit heures: il suffit alors de dè\.ac\i«t \«k ^A ^Yi\^m\« . ^^^^^^^ la bourdonu»* du môme côlA, de \.\tw WiJtX^ ^y^î^xv^^^^^w^ ^^^s^ae^'*^

TAllH)NMEMENT DES FOSSES NASALES. 719

bourdonnet auquel il est fixé. On trouve alors dans la narine un caillot épais, résistant, ayant absolument la forme de la fusse nasale.

Ce moyen d^arréter les hémorrhagies appartient à la compression; mais il faut remarquer que celle-ci n'est pas directe, qu'elle a lieu au moyen du sang qui, comprimant lous les poinls de la membrane muqueuse, s'oppose à Fécouiement d'une nouvelle quantité de liquide,

La sonde de Belloc est un instrument fort commode, qui doit se trouver dans la trousse du chirurgien ; elle peut être cependant remplacée assez facilement par une sonde de gomme élastique, un morceau de corde à boyau, ou toute autre tige flexible que Ton introduirait jusque dans la bouche par Toiifice antérieur des fosses nasales ; mais elle est d'un emploi beaucoup plus lacile et bien moins fatigant pour les malades.

M. Bertherand, médecin principal à l'hôpital militaire de Strasbourg, conseille, pour placer un bourdonnet de charpie à rorifîce postérieur des fosses nasales, un procédé lort ingénieux*, c Je pris, dit-il, une sonde creuse emplastique, n° 5, de la filière Charrière, la plus mince qui se trouvât sous ma main, et d'un coup de ciseaux j'abattis le bourrelet de cire rouge adapté au pavillon.

» Après y avoir poussé le mandrin courbé comme pour le cathétérisme uréthral, je fixai, à l'extrémité termmale de l'appareil, un double fil de 50 centimètres environ de longueur, au moyen de deux nœuds coulants pris tout simplement dans la plicature du même lien ; les deux chefs libres furent ramenés parallèlement à la tige de l'instrument et saisis avec lui entre les trois premiers doigts de la main droite.

y» Puis dirigeant la sonde, la concavité tournée en bas, d'avant en arrière, dans le méat inférieur, .du côté d'où provenait l'écoulement, je la portai directement dans le pharynx : là, un mouvement de bascule l'appuya sur la base de la langue, et je retirai en partie le mandrin, de manière à rendre flexible l'extrémité profondément engagée de mon cathéter. J invitai alors le malade à expirer fortement et à expectorer môme ; ce mouvement avait pour but de rapprocher la sonde du voile du palais et de risthme du gosier ; il me devint, en eifet, très-facile d'en saisir l'extrémité avec la main gauche et de l'amener tout entière par la bouche, ainsi que son fil, tandis que le mandrin^ qu'elle abandonnait graduellement dans les i'ot^« ii;y%^W%^\^*&v»^^ entre ma main droite avec les chefs libres du doxA^V^ Vv^tl.

» La soude une fois sortie, je n'eus qu'a reïou\w\^OL«wtttfK^^''

coulants au delà du cul-de-sac de rinstrument, pour les défaire sans section et sans rupture de fil : on comprend tout de suite comment la plicature restée intacte fut constituée de nouveau en nœud coulant pour recevoir un tampon, et comment ropéralion s'acheva d'ailleurs de la même manière que par la sonde de Belioc. »

La section du bourrelet de cire rouge permet au corps de la sonde de glisser sans obstacle dans la narine, le gosier et li bouche

La finesse de la sonde rend sa présence dans le pharynx moios incommode et sa propulsion vers la bouche plus aisée.

M. Martin Saint-Ange a imaginé un instrument fort ingénieux, à Taide duquel il oblitère l'orifice postérieur de la narine sans exercer de manœuvres autour du voile du palais.

Cet instrument se compose d'une canule à rextrémilé de laquelle se trouve un petit sac de baudruche qui s'ouvre dans u cavité ; un robinet vers l'extrémité antérieure permet de rouvrir et de le fermer à volonté. On lintroduit dans la narine, et lors* ■ qu'il est arrivé à son orifice postérieur, on souffle dans la canule de manière à distendre le sac; Teau peut être injectée dans la canule et distendre le sac de la même manière. L'instrument est tiré sur l'orifice postérieur de la narine, qui est hermétiquement fermé ; Torifice antérieur est oblitéré en avant par un bourdonnet de charpie.

La pelote à tamponnement ôe M. le docteur Gariel est bien préférable à rinstcument de M. Martin Saint-Ânge; elle peut çoiéine

Fig. 313.

remplacer avec avantage la sonde de Belioc. Cet instrument se compose d'une sonde de caoutchouc terminée à son extrémité fermée par un renflement olivaire ou piriforme à peine sensible dans rétat de vacuité ; ce renflement peut par l'insufflation prendre un développement considérable (fig. 313). Comme la sonde est molle et flexible, elle ne peut être introduite sans un mandrin droit ou bien presque droit, car la sonde ne doit pas arriver jusqu'au voile du palais, mais bien s'arrêtera l'orifice postérieur des fos-es nasales. D*un autre côté, comme la tige métalUqne pouvait traverser et entamer le caoutchouc, M. Garîel, au liea déplacer le ten&QTCv^TiV ^V^i^\^\sÀV4<l^U^ude.,te9l9ce i un

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