‹ Manuel de petite chirurgie [electronic resource]Chapitre 189 sur 256 · GALVANO-CAUSTIQUE CHIMIQUE · texte numérisé non relu

GALVANO-CAUSTIQUE CHIMIQUE

parce que ce nom seul indique le mode d'emploi et le mode d'action de cette méthode relativement nouvelle.

.Cette méthode, comme le fait trés-justement remarquer M. Ch. Sarazin(l), «est à la méthode de Middeldorpf ce que les cautères acides ou alcalins sont au cautère actuel. » Comme nous l'avons déjà signalé, le courant électrique qu'il faut employer dans ce cas doit avoir peu d'intensité et beaucoup de tension, ce qui est l'inverse lorsqu'il faut cautériser à l'aide du cautère galvamque qui agit par sa chaleur. Les piles qu'on a utilisées dans ce but sont: celle de Bunsen, la pile à colonnes (Ciniselli), celle de M. Gaiffe. ' '

Les principes sur lesquels repose cette méthode galvano-caustique, expérimentée'surtoutpar MM. Pravaz, Ciniselli, Broca, Nélaton, Scouttetten, ont été assez nettement formulés par M. Âlthaus (18f)8); ce sont: 1" la désorganisation mécanique des tissus, causée par l'hydrogène naissant ; 2° l'accumulation des alcalis au pôle négatif; 3» la modification de nutrition produite par l'action physiologique d'un courant galvanique continu, sur les nerfs vaso-moteurs des parties soumises au courant.

En fait, l'appareil doit donc se composer d'une pile, dont les conducteurs se terminent en deux pointes ou aiguilles métalliques, qu on doit faire pénétrer dans le tissu morbide sur lequel on veut agir. Ces aiguilles sont ordinairement en platine ou en or, pour ne pas être altérées, et cela surtout pour l'aiguille qui représente le pôle positif de l'appareil.

L'aiguille négative reste en effet polie, et l'eschare qui se forme a son niveau résulte de l'action des alcalis mis en liberté d ou son aspect grisâtre et sa consistance molle. Elle forme un cone allongé, allant au delà de l'extrémité de la pointe métallique implantée dans les tissus. L'aiguille située au pôle positif s'altère avec rapidité, par suite de la présence des acides mis en liberté à ce pôle, d'où l'indication d'utiliser des aiguilles de platine ou d'or. Uans^ces cas, l'eschare qui entoure ces métaux inaltérables est jaunâtre, sèche et dure.

Dans quelques circonstances, on peut se dispenser d'enfoncer aiguille positive dans les tissus, et on ne se sert que de la cautérisation produite au pôle négatif. 11 faut, pour cela, que le pôle positif se termine par une plaque que l'on appuie sur les parties voisines du point où l'on a implanté l'aiguille du pôle négatif; un

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a empôclier le contact direct des téguments avec la plaque mé-

(1) iVoMu. DkUonn. de méd, et de chir., t. VI, p. 582, 18G7.

CAUTÈRE

lalliqiie. Si l'on interrompt le courant ou bien qu'on le ferme, il se produit presque toujours des secousses douloureuses dues à la formation de courants dérivés.

La durée de l'application des aiguilles est d'environ dix minutes ; l'escliare formée au pôle négatif s'élimine vers le quinzième jour; s'il y en a une au pôle positif, elle est un peu moins longue à être expulsée.

Cette méthode, dont les chirurgiens se sont en somme assez peu servis, serait indiquée pour détruire les polypes naso-pharyngiens (Nélaton), pour traiter les kystes, les ganglions malades, les goitres (Scoultetlen), On l'a aussi utilisée pour combattre les rétrécissements des conduits naturels, et en particulier ceux de l'œsophage (Althaus) et de l'urèthre (Mallez et Tripier) ; ajoutons que les résultats obtenus méritent confirmation et ne paraissent pas avoir convaincu les chirurgiens.

Toutefois, comme pour la galvano-causiique thermique, oit peut aussi dire que la galvano-caustique chimique n'a pas dit son dernier mot, et elle nous paraît sérieusement mériter l'altenlion des praticiens (1).

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