‹ Manuel de petite chirurgie [electronic resource]Chapitre 23 sur 256 · FUMIGATIONS · texte numérisé non relu

FUMIGATIONS

d'une douche composée. Un couvercle ou chapiteau recouvre le 0 ùt il esl traversé de trois tubes, l'un central B qui forme une cheminée d'appel pour la lampe, l'autre latéral D destine a introduire l'eau dans la bassine, enfin le troisième E, qui sert au dégagement de la vapeur Sur ce dernier tube viennent s en ajoutei d'autres, qui se terminent soit par une tête d arrosoir FG, soit par une surface étroite H. Lorsque l'appareil est affecte a 1 usage

Fig. 59. — Appareil de M. Duval.

des bains d'air chaud, on enlève le chapiteau et on le remplace par l'entonnoir I.

Fumigations dans les cavités intérieures. — Les fumigations locales dans les cavités intérieures se donnent très-facilement au moyen d'un flacon à trois tubulures : l'une sert à introduire les substances qui doivent servir à la fumigation ; une autre, à laquelle on adapte un tube en S, sert de tube de sûreté; à la troisième, enfin, on adapte un tube qui conduit la vapeur sur la parlie malade. De cette manière, on fait arriver des principes érnollients, astringents et narcotiques, dans les fosses nasales, dans l'oreille, dans le vagin, dans les voies respiratoires, etc.

11^' DKs m^:oicami<:nts TOi'iyuiis.

On peut disposer l'appareil fumigatoire d'une manière plus simple on plaçant au-dessus du vase où se (rouvo la malière nui c ou foiirnu- les vnpeiws de la fumigation, un cornet dont la partie clargie recouvre complètement ce vase, et dont la parlie rétrécie percée d un trou et munie d'un tulje d'ajutage, permet à là vapeur de pénétrer dans la cavité malade. . Nous recommandons l'appareil ù fumigation de M. Cliarrière.

F\g. 00 et 6J , — Appareil âfumi^'alion de M. Cliarrière.

Il se compose d'un fourneau muni d'une lampe à alcool; d'un récipient, auquel oa ajoute un large conduit élastique offrant une ouverture que l'on peut n'appliquer que sur la bouche.

La figure 60 représente l'appareil prêt à fonctionner; la figure 61 l'appareil complet renfermé dans une boîte.

A est la lampe à alcool destinée à chaulfor ou entretenir la

lUlNS D'OXYGÈNE.

chaleur du liquide contenu dans le réservoir ; B un cercle fenêtre r e uel on peut éteindre lala.npe si la leuipéralure du hquide de i^U trop élevée; C, le réservoir dans lequel est contenu le fiql^rde destiné à la fumigation; D, un gros conduit de Ussu élastique ; EF, l'embouchure destinée a couvrir les voies respi-

Depuis quelques années on a conseillé aux aslhmaliques de respirer de l'air chargé de vapeurs nitreuses : cette médication rentre dans la classe des fumigations. 11 suffit, pour obtenir un résultat satisfaisant, de brûler, dans la pièce ou se tient le malade, du papier préalablement imbibé d'une solution concentrée de nitrate de potasse, et que l'on a fait sécher. ,

Enfin, on fait quelquefois fumer aux malades affectes d asthme des feuilles de dalura slramonium, soit en roulant ces feuilles en ciû-aretie, soit en les mettant dans une pipe; une préparation désignée sous le nom de cigarettes peclorales d'aspic a donné des résultats avantageux dans l'asthme nerveux.

3» Bains d'oxygène. — Ils ont été préconisés par M. le professeur S. Laugier, dans les cas où il y a imminence de gangrène sèche des extrémités, et à la condition qu'il n'y ait pas d'oblitération des vaisseaux artériels du membre, comme dans les faits de Demarquay, de Pellarin, etc.

Pour plonger l'extrémité malade dans l'oxygène, M. Laugier se servit d'un sac de caoutchouc, analogue à celui qu'a fait con^ slruire M. Demarquay pour les bains d'acide carbonique.

40 Bains d'acide carbonique. — Ces bains sont administrés dans un certain nombre d'établissements thermaux de l'Allemagne, et l'acide carbonique y est employé pur ou mélangé d'air, selon qu'il sert aux douches, ou seulement aux bains proprement dits.

Les elfets physiologiques déterminés par ces bains seraient : une sensation de chaleur, de picotements, de cuisson; la peau rougit, les sécrétions de la sueur et de l'urine augmentent beaucoup, la circulation est accélérée. Si le bain est continué, il peut survenir de ia céphalalgie, de l'oppression, véritables phénomènes asphyxiques.

Dès 1859, M, Demarquay (1) |iréconisa l'emploi de l'acide carbonique dans le traitement des plaies de mauvaise nature.

Pour maintenir les parties malades plongées dans le gaz car-

(1) Essai de pneumalologie médicale, p. 515. Paris, 1866.

ni« MEDICAMENTS TOPIQUES.

bonique, M. Gariel fabrique des sacs de caoulchoiir h , ouverlure. ressemblant à un manchon pour e m Xe^ a une botte pour le membre inférieur ( g 62) uTS^ de caoutchouc muni d'un robinet amèneSf ga/dévelo'p é '

Fig. C2. — Boite en caoulcliouc de M. Gariel.

un appareil spécial, sur lequel nous reviendrons à propos de l'élude de l'aneslhésie locale.

La durée de ces bains est variable, elle peut être prolongée pendant 5 à 6 heures sans inconvénient pour le malade. 11 est malheureux qu'ils nécessitent des appareils spéciau.\, car les

AÉROTHÉRAPIE.

résultats obtenus par leur emploi méritent d'attirer l'attention des chirurgiens.

S» Bains d'air comprimé. Aérothérapie. — Cette méihode thérapeutique, préconisée par Pravaz, Milliet, Tabarié, Jourdanet oui ont créé des établissements spéciaux pour son emploi, est encore peu entrée dans la pratique médicale et cependant elle aurait produit d'excellents résultats.

Les appareils dont on fait usage pour ces bams sont assez compliqués, en ce sens qu'ilsnécessitentune chambre d une capacité variable, à parois résistantes, afin d'y pouvoir comprimer une certaine quantité d'air à l'aide d'une pompe foulante ; un tuyau d'échappement doit être adapté à la chambre pour que 1 air vicie puisse s'échapper à l'extérieur. 11 faut donc, en résum^ régler le renouvellement de l'air, de façon que la pression ne soit pas diminuée et que le milieu conllné où sont placés les malades ne s'altère pas par suite de la combustion respiratoire. Un manomètre indique la pression qu'on développe dans l'appareil ; des glaces résistantes permettent l'entrée du jour dans la chambre où s'installent les malades.

Les affections de poitrine, comme la phthisie, la bronclnle chronique, l'emphysème, seraient améliorées par les bains d'air comprimé; les affections strumeuses, la chlorose, le rachitisme, etc., pourraient encore être traités par ce moyen assez puissant; toutefois, l'action thérapeutique de ces bains est encore mal connue et mérite cependant une sérieuse attention (1).

6° Pulvérisation des liquides. Pulvérisateur. — On peut, dans une certaine limite toutefois, rapprocher de l'emploi des topiques à l'état de vapeur ou de gaz, l'usage des liquides simples ou médicamenteux réduits à l'état de poudre très-fine. Grâce à cette division excessive, ces liquides pourraient plus facilement pénétrer dans les cavités de l'économie, et en particulier dans l'intérieur des bronches, car tel était le but que s'était plus spécialement proposé M. Sales-Girons en s'occupant de l'intéressante question de la pulvérisalion.

Cette modification dans l'état des liquides, eaux sulfureuses, chlorurées-sodi(|ues, de mer, de goudron, etc., s'obtient à l'aide d'un appareil que l'on peut ainsi décrire : un vase complexe, d'où un liquide comprimé s'échappe en jet filiforme, lequel, rencontrant à distance convenable un disque résistant, s'écla-

(1) A. Tardieu, Nouv. Dict.deméd. et de chir., 1. 1, p. àll, 1864.

UIvS MEDICAMIiNTS TOl'IQUIiS.

bousse OU se brise dessus, de maDière à produire une poussière iKliiide d aillant plus abondanie et , plus fine .,ue la compression intérieure est plus grande. Celte compression s'eiïeclue à la surface du liquide par une accumulation forcée d'air au moyen dune pompe foulante, et est manjuée en atmosphères sur la manomètre (fig. 6â). *

Fig. 63. — Pulvérisateur de M. Sales-Girons,

Gela dit, ajoute M. Sales-Girons, prenons un appareil vide et meltons-le en état de fonctionner pour l'usage auquel il est destiné. Gelte opération se fait en trois temps :

4" Remplir aux trois quarts le vase A, avec le liquide ordonné par le médecin.

2" Produire la compression intérieure, eù faisant de bas en

PULVÉRISàTlON.

haut jouer le piston B, jusqu'à ce que le liquide soit monté dans le manomètre G, au chiffre 3 ou 4 au plus, ^ u

"« Ouvrir le ;ohinet H, et, la poussière se produisant par la grande ouverture du tambour G, se placer de manière a en recevoir le torrent sur les lèvres et le nez.

Pour mettre le liquide médicamenteux dans 1 appareil, on .ou'ne dan e sens d'ouvrir la vis I, et la branche IF se sépare du va e A. Cela fait, on couche l'appareil sur le côte oppose, on met un entonnoir dans l'ouverture laissée libre et 1 on verse e iquide. Après quoi, la branche IF est remise a sa place en 1 adapiant et^en tïurn^nt la vis dans le sens de fermer; on serre assez fortement pour que la jonciioû soit complète.

Pour produire la compression lorsque le vase est muni du liquide, il faut prendre la poignée B du piston, et faire monter et descendre de toute sa longueur la lige de ce piston. A chaque coup de bas, on doit voir, après les premiers coups 1 ascension du liquide dans le tube du manomètre. Or .1 ne faut jamais dépasser le chiffre 4 de l'échelle. Il suffit de dire qu il y aurait

EF est la clef du filet d'eau capillaire ; G, le tambour qui dirige la poussière liquide vers la bouche du malade ; H le robinet qm donne passage au liquide à pulvériser, et qui doit être ferme pendant qu'on comprime l'air dans le réservoir A.

Lorsque, dans le cours de l'inhalation, le manomètre est descendu au-dessous du chiffre 2, on peut, sans fermer le robinet H, donner quelques coups de piston pour renouveler la compression et activer la pulvérisation; mais on doit toujours se souvenir de s'arrêter lorsque le liquide est arrivé entre les chiflres 3 et 4 de l'échelle du manomètre. ,. -j - »

Le robinet H qui donne lieu à la pulvérisation liquide étant ouvert, il faut faire attention au point où le lilet d'eau rencontre le petit disque, sur lequel il se brise; et comme il importe que la poussière ne se produise que d'un seul côte du tambour G, il faut diriger ce petit disque de manière que le filet liquide le rencontre, non sur son milieu, mais presque à sa circonlerence et du côté où la poussière doit sortir du tambour pour être reçue «ur les lèvres du malado. Du reste, le disque porte uu coup de lime en onglet, à la place môme sur laquelle le filet doit s ecla-

La poudre d'eau se produisant, le malade doit se placer de manière à la recevoir sur les lèvres et en face. La distance de la bouche aux bords du tambour est relative à la quantité de poussière qu'il est nécessaire de faire pénétrer dans la poitrine. Lors-

l>lvS MEDICAMENTS TOPIQUES.

qu'on vomira agir avec ménagement, il faudra se tenir à une certaine dislance et se rapprocher à. mesure que le malade arquerra de l'habitude et de la tolérance. Nous en dirons a ut nt de la durée des séances. ""lam

Le malade doit respirer p«r /a 6o«c/te el valurellemenl Toute façon de respirer qui le forcerait à s'étudier serait faclice et partant fatigante; toutefois, par intervalle le malade fera bien de prendre une inspiration plus profonde dans le but de faire pénétrer la poudre d'eau plus avant dans les bronches. La respii'alion doit se faire par la bouche, et non pas seulement par le nez comnie on en a l'habitude, parce que l'expérience démontre que la voie buccale est la plus directe, la plus large, en un mot la plus assurée pour faire arriver le liquide dans les bronches

L'appareil pulvérisateur, à cause des pièces de précision qu'il contient, exige quelques soins lorsqu'on veut s'en servir, comme lorsqu on en a fait usage.

Il faut que le liquide ne contienne aucun petit corps qui puisse venir boucher ou obstruer le canal qui produit le lilet d'eau capillaire. 11 importe donc que l'appareil soit bien netloyé à l'intérieur, et que les liquides que l'on y introduit soient liltrés. ou pour le moins décantés.

Le manomètre est une des pièces qu'il faut soigner le plus particulièrement. On ne doit pas y voir de gouttes ou gouttelettes d eau avant de pomper. Lorsqu'il y en a, il suffit de chauffer légèrement le tube de verre pour réduire lentement ces gouttes d'eau en vapeur. La colonne de liquide qui s'y élève à mesure qu'on fait jouer le piston doit aussi être unie on sans interposition de bulles d'air. Quand cela arrive, il faut supposer un dérangement grave et ne pas continuer de pomper.

La pompe elle-même peut se détériorer par l'usage, et encore plus par le repos. Comme le pislon a besoin de frotter exactement contre les parois de la pompe, il peut arriver que le cuir de ce piston s'use, s'aplatisse ou se dessèche. Alors il faut retirer ce pislon, relever le cuir, le graisser avec de l'axonge, et le remettre à sa place.

Lorsqu'on pleine pression du liquide, la séance de respiration est finie ou qu'on rinlerronipl, il faut avoir soin de décharger l'appareil ou de faire sortir l'air comprimé. Pour cela, on incline l'appareil comme on fait pour le remplir de hquide, et l'on tourne Ja vis de jonction de manière à l'ouvrir un peu. Dès le premier tour, l'air s'échappe, et la pression intérieure cesse.

Si l'on se sert de liquides chauffés, il faut que leur température ne s'élève pas au-dessus de 30 degrés centigrades.

PULVÉRISATION

L'appareil pulvérisateur décrit ci-dessus a été modifié et simplifié d'abord par M. Charrière, puis par MM. Robert et CoUin (fig. 64); le liquide à pulvériser est contenu dans le réservoir A, le°corps de pompe B est soutenu par un trépied, le liquide à pulvériser sort par le robinet E et se pulvérise dans le petit tambour F ; un vase I sert à recevoir le liquide qui n'est pas réduit en poudre.

Fig, 04. — PulYérisaleiir de MM. Robert et CoUin.

M. Luër a présenté à la Société de chirurgie (1) un appareil pulvérisateur modifié (fig. 65). 11 a remplacé la pompe aspirante et foulante par une seringue G, à piston mû par une manivelle E. A celle seringue s'adapte un tube flexible d'élain, de 50 centimètres de long, et terminé par un ajutage de melcliior G, percé d'ouvertures capillaires. Le liquide se trouve ainsi réduit en fines goutteleties. Pour obtenir un jet plus longtemps continu, le même fabricant a construit peu après un appa-

(1) 12 novembre 1862.

DES MEDICAMENTS TOPIQUES

reil à deux corps tic pompe, dont le mécanisme peut ôire cornpare a celui de la machine pneumatique (Société de chirurqie décembre 1 8G2). '

Nous ne pouvons décrire ici tous les appareils pulvérisateurs inventes par MM. Fournie de l'Aude (1), Sales-Girons (2), Galezovvski (3), Galante (4), Uenault (5), Siegle de Stutlgard (6), etc • presque tous les fabricants d'instruments de chirurgie ont aussi les leurs; tels sont les appareils dits néphogènes de Tirman et Mathieu, de Guéride, etc. D'une façon générale, tous ces appareils sont spécialement destinés h pulvériser les liquides

l'ig. 05. — Appareil pulvérisateur de M. Liier,

médicamenteux ou les eaux minérales employés dans le Iraitt-

(1) Académie des sciences, 15 juillet 1861.

(2) Gaz. des hôpit., 186û, p. 95, et Acad. de méd., 7 févrierl865.

(3) Gaz. des hôpit., 1864, p. 95 (Soc. de chihurgie). (uyAcad. de médecine, 9 février 1864.

(5) Ibid., 22 mai 1865.

(6) Ibid., 21 mars 1865. ' ■• - .

PULVÉRISATION

ment des affections du pliai-ynx, du laryiu et des bronches ; le liquide pulvérisé doit être aspiré par le malade, qui se place comme cela est indiqué dans les figures 63 et 64.

Dans d'autres circonstances ces pulvérisateurs sont destines à réduire en poussière des liquides volatils, comme l'élher par exemple, et out pour objet de provoquer Vanesthésie locale; nous, y reviendrons à propos des ancsthésiques.

Enlin quelques pulvérisateurs ont été plus spécialement construits dans le but de porter des liquides jusque dans les cavités naturelles, tel est l'appareil de Foucher (1) pour les irrigations d'eau pulvérisée dans la vessie (fig. 66).

i'^ig. CO. — Appaioil do Foucher, pour lus inrigalions d'eau pulvérisée dans la vessie.

L'instrument se compose d'une sonde à double courant ayant deux conduits à son extrémité manuelle, dont un B, muni d'un robinet, est disposé pour recevoir une poire en caoutchouc servant à insuffler de l'air dans la vessie. L'autre conduit est muni d'un écrou A, qui sert à fixer la sonde au tuyau flexible d'un pulvérisateur quelconque.

L'extrémité vésicale de la sonde se termine par deux tubes capillaires produisant deux jets de liquide qui, se brisant l'un contre l'autre, déterminent une pulvérisation qui s'irradie sur toute la surface muqueuse de la vessie. Un capuclion D à ouverture latérale protège les deux tubes capillaires.

Foucher crut d'abord qu'il était nécessaire d'insuffler de l'air dans la vessie avant d'y faire arriver le liquide pulvérisé ; il cessa bientôt cette manœuvre préparatoire, le jet, du liquide élaut

(1) Acad. de médecine, 17 janvier 1865,

assez intense pour agir sur les parois muqueuses, même en traversant l'urine contenue flans la vessie.

Nous signalerons encore le pulvérisateur larymjim de M. i.ùer, destiné surtout ii projeter des solutions caustiques sur l'oi'ilice supérieur du larynx, 11 n'est autre qu'une seringue offrant un corps de^ pompe en verre ou en cuivre doré, munie de crochets afin d'être facilement maniable d'une seule main. La tige du pistou est graduée par un curseur, ce qui permet de doser le liquide qu'on veut employer. L'appareil étant rempli, on y visse une canule courte ou un petit ajutage en platine, à oriilce capillaire, selon qu'on veut porter la solution caustique plus ou moins profondément.

Beaucoup de ces appareils pulvérisateurs peuvent en même temps servir à administrer des douches fdiformes ou capillaires, utilisées, d'après les conseils de M. le docteur de f.aurés, dans les maladies dont les symptômes principaux sont des troubles de la sensibilité et de la motilité, par exemple dans les névralgies, dans les paralysies (1), etc. 11 suffit pour cela de remplacer le tube ou seulement l'ajutage qui donne le jet de liquide à pulvériser par un autre, présentant un orifice d'un diamètre un peu plus grand ; on a ainsi un appareil qui, comme celui de M. Mathieu (fig. 67), peut servir à donner des douches dans les cavités anfractueuses naturelles ou résultant de plaies , d'ouvertures d'abcès, de fistules, etc.

La valeur du mode de traitement des affections des voies respiratoires par les liquides pulvérisés a été très- vivement discutée et même regardée comme nulle par quelques auteurs.

Pour M. Sales-Girons, les liquides ainsi pulvérisés pénétreraient non-seulement dans le larynx, mais encore dans la trachée, et jusqu'aux divisions bronchiques. On comprend toute l'importance d'une semblable pénétration, permettant de porter directement des médicaments sur la muqueuse des voies respiratoires.

Mais cette opinion a été combattue par beaucoup d'auteurs, les uns admettant une pént'iration incomplète, d'autres la rejetant tout à fait. M. de Pielra-Santa a aussi reproché à ce mode d'administration des eaux minérales, de modifier leur composition chimique et leurs propriétés thérapeutiques. La pulvérisation aurait encore le grave inconvénient d'abaisser nolable-

(1) Gazelle des hôpitaux, 1865, p. 211 et 503,

PULVÉRISATION

ment la température des liquides soumis à son action. Ce fait a été constaté par MM. Demarquay et Giraud-Teulon.

Ces opinions si diverses sur la pulvérisation des liquides ont donné lieu à un grand nombre de communications à l'Académie de médecine. Une commission fut chargée de les apprécier, et son savant rapporteur, M. Poggiale, a fait connaître les résultats de son examen et de ses expériences dans la séance du 7 janvier

Fig. 67. — Pulvérisateur à levier de M. Mathieu.

Les nombreuses questions à résoudre pouvaient se ramener aux quatre suivantes :

1° Les liquides pulvérisés pénètrent-ils dans les voies respiratoires ?

2« Éprouvent-ils un refroidissement en sortant des appareils pulvérisateurs ?

3" Les eaux sulfureuses sont- elles modifiées dans leur composition chimique par la pulvérisation ?

12(5 DES MÉDICAMENTS TOI'IQUES

4° Peut-on, clans l'étal actuel de nos connaissances, préciser les ellels thérapeutiques tie l'inhalalion ?

Pour résoudre la première question, des expériences out été instituées avec le concours de MM. Demarquay et Gobley. Chez des lapins auxquels on avait fait respirer une solution de perchlorure de fer pulvérisée, le cyanoferrure de potassium a décelé la présence du sel de fer dans tout l'arbre respiratoire, en le colorant en bleu. Une deuxième série d'expériences a été faite sur une femme portant depuis longtemps un tube à trachéotomie. Les résultats ont prouvé la pénétration des liquides pulvérisés jusque dans la trachée.

« En résumé, les expériences sur l'homme et sur les animaux, celles de MM. Moura-Bourouillou et Tavernier, les recherches de M. Fournié sur l'introduction des poussières dans les voies respiratoires, elles essais de M. Henry sur un lapin et un cochon, ne laissent aucun doute sur la pénétration de l'eau pulvérisée, n

La seconde question a trait au refroidissement des liquides en sortant des appareils pulvérisateurs. Ce refroidissement est dû principalement à deux causes : l'évaporation rapide d'une partie de l'eau pulvérisée , et le changement d'état de l'air comprimé, au moins pour certains appareils. Les causes de ce refroidissement sont donc très-variables, et il faut en outre tenir compte de la température de l'eau soumise à la pulvérisation.

ce 11 est donc incontestable que les eaux minérales peuvent éprouver un refroidissement considérable par la pulvérisation ; mais je crois, dit M. Poggiale, devoir rappeler qu'il n'existe pas pour cela de loi générale , et que, dans ce genre d'expériences, il faut toujours indiquer les conditions dans lesquelles on se place.

» Avant de terminer cette partie de notre rapport, il convient de rappeler que M. Tampier a indiqué, dans une lettre adressée à l'Académie , le moyen qu'il emploie de remédier au refroidissement de l'eau pulvérisée. Ce moyen consiste à la faire arriver dans un espace confiné, tel que l'hydrofère, dont la température soit supérieure à celle de l'eau , et dont la saturation par de la vapeur d'eau soit complète.

» Il faut donc , pour éviter le refroidissement dans les salles de respiration, que l'air soit saturé de vapeur d'eau, ce qui doit avoir lieu incessamment, et que sa température soit un peu plus élevée que celle de l'eau que l'on veut pulvériser. »

La troisième question a pour but l'étude des modifications subies par les eaux sulfureuses soumises à la pulvérisation.

PULVÉRISATION

M. Poggiale fit à cet égard de nombreux essais avec le coucours de M. Lambert, pharmacien aide-major au Val-de- Grâce,

Or, il résulte de ces recherches que la solution d'acide suifhydrique , et les eaux minérales renfermant ce gaz à l'état de dissolution, perdent par la pulvérisalioa une grande quantité de ce principe sulfureux, tandis que les eau\ qui renferment surtout du sulfure de sodium, comme celles des Pyrénées, ne sont point altérées, ou sont très-légèrement modifiées par la pulvérisation. Mais il faut aussi tenir compte des modifications subies I par les eaux minérales sulfureuses au contact de l'air. On sait I qu'elles sont très-altérables; l'hydrogène sulfuré qu'elles contiennent disparaît, et les sulfures alcalins ne tardent pas h s'oxyder. Aussi les résultats mentionnés ci-dessus ne sont-ils pas entièrement applicables aux salles de respiration , ainsi que le fait remarquer M. Poggiale.

(( En effet, la pulvérisation se fait là dans des conditions différentes. L'appareil est alimenté par une pompe aspirante et foulante qui puise l'eau dans un réservoir au contact de l'air ; la source se trouve parfois à une distance assez considérable de la salle de respiration; la température de l'eau minérale est ordinairement élevée à 45 ou 50 degrés, et l'eau pulvérisée reste longtemps exposée à l'air de la salle. »

11 résulte de ces conditions défavorables une altération sensible de l'eau sulfureuse; toutefois, si l'eau de la source sulfureuse arrive jusqu'aux appareils sans être en contact avec l'air, « la perte des principes sulfureux ne doit pas être plus considérable, à la même distance des robinets, dans les salles de respiration, qu'avec les appareils portatifs. » Et cette perte lient surtout au contact de l'air, ainsi que M. Poggiale l'a expérimenté à Amélie-les-Bains.

La dernière question a pour but de préciser les effets thérapeutiques de l'inhalation des liquides pulvérisés.

Cette question est extrêmement difficile à résoudre ; les divers mémoires présentés à l'Académie contiennent à cet égard les opinions les plus contradictoires. Tandis que les uns nient de la façon la plus absolue l'efficacité de ce mode d'administration des eaux minérales, les autres, au contraire, avec MM. Sales-Girons, Auphan et Demarquay, ônt eu à se louer de l'emploi de cette médication. Telle est aussi l'opinion de Trousseau , qui depuis assez longtemps employait les liquides médicamenteux pulvérisés contre les affections chroniques des voies respiratoires.

DES BANDAGKS.

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