RÉSECTION OU LIMAGE DES DENTS
Les instruments ordinairement employés sont des burins. On peut en limiter le nombre à trois formes principales:
]" Vnburin droit (fig. 411), tige d'acier de forme quadrangulaire taillée obliquement à une extrémité, de façon à figurer un losange tranchant par ses deux côtés supérieurs. Cet instrument sert à enlever le tartre ou les taches au pourtour des dents inférieures et supérieures.
2° Un burin courbe (fig. 412), à extrémité identique avec celle du précédent, et destiné à détacher le tartre de la face postérieure des dents antéro-inférieures, point de la bouche où il s'attache plus spécialement.
3<* Un burin concave ou grattoir en cuiller (fig, 413). Instrument servant à gratter les faces interne ou externe des molaires. L'usage des burins dans la petite opération dont il s'agit doit être fait avec certaines précautions^ afin de ne pas léser la couche d'émail; d'ailleurs l'ablation du tartre n'offre pas ordinairement une grande résistance, et il suffit de le soulever par un petit effort brusque pour le détacher par masses assez volumineuses. Quant aux taches, un instrument mousse suffit souvent par simple frottement à les enlever.
En outre de ces instruments, il est quelquefois utile de se servir, soit de petites tiges de bois, souvent suffisantes pour enlever des taches, soit d'une petite lame d'acier mince et flexible qu'on fait passer successivement dans les interstices dentaires où l'on suppose la présence de corps étrangers ; mais dans tous les cas on doi t éviter l'emploi de préparations ou substances ayant une réaction acide, et dont l'action chimique sur les dents est toujours dangereuse; enfin lorsque l'opération est terminée, on prescrit au patient d'user de soins hygiéniques, afin d'éviter la reproduc* tion de ces corps étrangers,
§ 3. — Resection ou limage des dents.
Cette opération a pour but l'ablation d'une portion d'une dent, soit dans le cas de carie superficielle qu'on veut effacer, soit dans le but de séparer deux dents contiguës, soit pour adoucir un angle ou supprimer une saillie quelconque» Les instruments qui servent à cette opération sont des limes de formes variées : tantôt ce sont des limes plates (fig. 414), pouvant user par leurs deux faces ou par une seule et en même temps par leurs bords ; tantôt l'instrument est monté sur un porle-lime courbé en forme de baïonnette (fig. 41 5) et pouvant de la sorte être porté au fond
898 Ol'ÉRATIUNS QUI SE PRATIQUENT SUR LES DENTS.
de la bouche dans l'intervalle de deux molaires ; enfin on peut employer des limes , soit arrondies en boule , soit présentant diverses courbures (fig, 416, 44 7).
FiG. 416. Fio. 417. Fio. 415. FiG. 414. Lime arrondie Lime Lime Lime plaie,
on boule. ■ courbe, et porte-lime.
Lorsque avec la lime on veut effacer une carie superficielle siégeant, par exemple, sur un des côtés d'une dent antérieure, l'opérateur doit s'assurer d'abord que la cavité n'est pas douloureuse et qu'elle ne dépasse pas en profondeur l'épaisseur de la
OBTURATION DES DENTS. 899
couche d'émail. Alors, après avoir séparé le point carié de la dent voisine, on doit diriger l'instrument obliquement, de façon à mé nager la face antérieure de la dent affectée , en portant sur la face opposée l'actiou de l'instrument. Cette petite opération véritable résection d'une partie malade, a donc pour résultat dé transformer une cavité destinée par nature à s'accroître en une surface lisse et polie sur laquelle les aliments et les corps étran gers ne peuvent plus séjourner. Toutefois l'emploi de la lime doit être réservé aux circonstances encore assez fréquentes où par suite du peu de dimension ou de la mauvaise conformation de la cane, l'obluralion n'est pas possible.
En effet , le passage de la lime sur les dents, en outre qu'il produit un agacement souvent fort pénible, entraîne quelques inconvénients. Une dent limée est ordinairement douloureuse pendant plusieurs jours, ou bien elle reste impressionnable au contact de 1 air ou des liquides froids, l'instrument ayant aminci la couche d ivoire qui protège la pulpe centrale. D'autres fois en core cet organe peut s'enflammer : il se trouve alors étranelé aans la cavité qui le contient, et donne lieu à des douleurs oer manentes extrêmement vives. Il est souvent nécessaire afin d éviter ces divers accidents, d'appliquer après l'opération, sur la surface limee, un petit cautère actuel olivaire ou sphérique • et cette cautérisation a ordinairement pour résultat d'anéantir instantanément la sensibilité, en même temps qu'elle produit une irritation de la pulpe qui devient le siège d'une hype^production notable e dentine, et donne lieu par suite à une augmen a on de densité et d'épaisseur de la couche d'ivoire
C'est donc plus spécialement dans les cas de carie légère du bord des incisives qu'est appliquée la lime. Il faut en effpt autant que possible, en éviter l'emploi aux autres d;nts, ou le reserver aux circonstances où il est indispensable de sélrer deux molaires pour découvrir une carie inaccessible aux in rq! ments, ou bien pour isoler une dent cariée de la surface sa L d une dent voisine. ^undue saine
Quant à l'effacement des arêtes, saillies ou angles il se fera avec des limes montées, plates ou rondes, suivant les n icutions de chaque cas particulier. muications
§ 4. — Obturaiioii .les tlents.
On
— 1 upui aiion qui
erses substances la ca-
On appelle obtnralion, l'opération qui consi.i^ •. r
■vilé d'une carie , afin d'en arrêter définitivement les progrès. Dans un certain nombre de cas, la carie étant peu profonde et n'ayant causé aucune douleur, l'obturation immédiate procure une guérison complète; mais, le plus souvent, lorsqu'on est consulté, la maladie étant ancienne et ayant donné lieu à des douleurs plus ou moins vives, l'obturation devra être précédée d'un certain nombre de pansements destinés à rendre préalablement insensible le fond de la cavité. Nous n'avons pas à nous occuper ici du traitement spécial de la carie dentaire et des circonstances diverses qui l'accompagnent ; nous traiterons seulement de l'opération qui constitue la dernière partie ou la terminaison de ce traitement, c'est-à-dire l'obturation ou plombage (1).
Matières propres à Vobturation. — Les matières qui peuvent être employées sont extrêmement variées. Tantôt il est indiqué d'obturer une dent avec des matières d'une faible densité et pouvant, au besoin, s'enlever facilement : telles sont la guttapercha,la cire, les résines. On les emploie surtout lorsqu'on veut pratiquer une obturation provisoire, afin d'éprouver, par exemple, la sensibilité d'une carie à la fin du traitement, avant d'en opérer l'obturation définitive ; d'autres fois, on veut appliquer une matière solide et résistante, et l'on a recours alors à un certam nombre de substances qui , d'abord molles ou malléables, sont susceptibles, avec le temps ou au moyen de certaines manœuvres, d'acquérir dans la cavité une grande dureté : telles sont l'or en feuilles, les amalgames métalliques, les ciments, etc.
L'or en feuilles est de l'or chimiquement pur et réduit en feuilles minces. Pour les appliquer dans une cavité, on les roule entre les doigts et on les introduit à l'aide de certains instruments. Lorsqu'on a rempli la totalité de la carie avec le métal, de façon à en garnir soigneusement toutes les parties et a dépasser un peu les bords de la cavité, on exerce des pressions raénatrées, et l'on arrive ainsi à donner au métal une densité tresgrande, quelquefois comparable à celle d'un lingot véritable. Cette opération est -très-délicate et très-difficile; elle exige une longue pratique, mais donne des résultats excellents en raison de l'inaltérabilité de la substance et de la grande dureté qu elle peut acquérir. Une petite modification dans le manuel opératoire Consiste à passer rapidement dans la fiamme d une lampe a alcool
(1) Consulter l'article Carie dentaire dans le Dicliomaire Encyclopédique des sciences mddicales, t. Xll, p. 505, 1871.
OBTURATION DES DENTS. 901
la feuille d'or roulée avant de l'introduire, de façon à h recuire Cette précaution permet d'obtenir une dureté bien plus ZZe encore et des résultats plus complets. ^
Enfm, lorsqu'on a complètement introduit et foulé l'or dans la cane, on o,t égaliser soigneusement la surface de 'obturation avec une hme fine et mince, et ensuite la polir par des fro r nients ménagés au moyen de brunissoirs. ^ ^"
Amalgames - Les amalgames sont des mélanges de métaux .1 alliages ou d oxydes métalliques avec le mercure. L s'em plo.ent de préférence pour l'obturation des cavités de grandes dimensions ou siégeant au fond de la bouche dans des poTnts où leur coloration gnse ou noire n'est point aperçue, e dâns les qu.Iles I application de l'or présente des difficultés On avait autrefois obtenu des pâtes métalliques par le mélanee du cure avec l'argent réduit en limai le ou avec Ta cZr ^^^^^^ combinaison particulière de chaux et d'oxvde dtgerMd Te's
a1 rJ'l. r''''" leur surface, ont été abandonnés
Aujourd hm on mélange au mercure soit des alliages d'argent ei d or, soit des alliages d'argent et d'autres métaux Deux SL! formules par nous sont composés, l'un d'argent et rl'Ljn ^ parl.es égales l'autre d'argLt 4 d'étain 2,°de .il 1 Le
cait:': ;-éî^r r oS.'^utr""r^-^
bouche et offrent si pe i d^ ré fst^n .Tlt "r'' ^^"^ rarement employés C pc4Lnt?or/ î^'^s sont
posé d'oxyde'delinc e ,e en signaler un com-
Foduire une pâte tr - pa « ol-hl'^'"' T''"^''' « dans certaines cavités hTo^l^I^^:''?^ ^ ^^i' ^'"Ployé par exemple, tient encori pendaaTûn c- . «"térieures, sans altération aucune, sa Se"; bîanehe ''""'''''^
Inslrumenls. — Les instrument-; nn'^n 1 • l'obturation sont tantôt disposés pouï Z ^ \'
JAHAIN. — Petite chir., 50 aau ^
destinés à introduire ces matières elles-mêmes; tels sont les fouloirs spatules, brunissoirs, etc. Les rugines , appelées aussi excavateurs, sont des liges d'acier recourbées à leur extrémité suivant différents angles , et terminées par un bord tranchant (lig 418) Elles servent à débarrasser les caries des corps
FiG. 421.
Fraise.
FiG. 422.
Spatule.
FiG. 420.
Fouloirs.
FiG. 419.
Perforaleur.
FiG. 418.
Rugines.
étrangers et des parties d'ivoire ramollies qu elles renferment ordinairement, de manière à découvrir la couche same de de.)tme sur laquelle doit être dircctemenl appliquée 1 obluralion. Llles s'emploient également ainsi que d'autres instruments perforateurs (fig. 41 9) ou fraises (fig. 421), pour donner s il j a heu a la cavité une forme telle qu'elle puisse contenir et re ea r efficacement la matière introduite. Les ^o«/ons sont tf^'f «^^/^'f^ Ser, droites ou courbes,.ou bien terminées en boule et de nées à pousser dans la carie les pâtes molles, métalliques ou au-
ACCIDENTS DE L'OBTURATION. y03
très (ûg. 420); tantôt ce sont des instruments à exirémit» ou facel'fe grenue comme la surface d'une lime, et disposés de manière a fouler l'or (fig. 423). Enfm on se sert aussi, soit de spatules pour égaliser la surface des amalgames (fi<r 422) soit de brunissoirs (fig. 424) pour frotter et brunir la surface d'une aurification.
Fig. 423.
Foiiloirs pour l'aiirincalion.
Fig 424.
Brunissoirs.
Accidenls. cle l o6/,/ra</on. - Lorsqu'une dent cariée a été oh- "r '^^ précautions convenables,
c te opéra .on peut ayo.r pour résultat la guérison sans reto.u' de accKlents de la cane et la conservation de l'organe avec , " ' .stance de ses fonctions. Si, au contraire, l'obturation a été Mie dans une cav.le rest.-e sensible ou présentant sur un point u e dénuda ion do a pulpe dentaire, del accidents de d veîs 0 d"
eTr;;
.nc«., peut rester impressionnable au.x transitions de tempéra-
ture, au conlact des aliments froids ou chauds; celte sensation, que favorise singulièrement la conductibilité du métal employé, a pour siège la pulpe que protège seulement au-dessous du métal, une mince couche d'ivoire plus ou moins ramolli. D'autres fois, la pulpe, elle-même dénudée, est en contact avec la substance obturante et s'enflamme bientôt. Comprise alors entre la cavité qui la'contit'nt et la face profonde du métal, elle subit un véritable étranglement et donne lieu aux douleurs les plus vives. Si ce premier phénomène ne s'apaise pas rapidement, l'inflammation peut se propager au périoste dentaire, puis aux parties voisines, et causer des désordres plus ou moins considérables dans le tissu du maxillaire ou dans les régions ambiantes. Ces divers accidents combattus à temps cessent ordinairement lorsqu'on retire le plombage, ou plus simplement quand on le perfore de manière à dégager la pulpe. Toutefois, lorsque, par suite de la position de l'obturation, la perforation ou l'enlèvement du métal ne sont pas possibles, on peut, au moyen de divers instruments perforateurs (fig. 419), pratiquer sur un point accessible la trépanation de la cavité de la pulpe au niveau du collet de la dent, opération qui, découvrant la surface de l'organe ,. permet de procéder ensuite au traitement des lésions dont il est devenu le siège.
§ 5. — Extraction des dents.
L'extraction a pour but la suppression d'une dent lorsqu'on a perdu tout espoir de la conserver et de la guérir. Cettn opération, l'une des plus fréquentes que l'on pratique en chirurgie dentaire, est loin d'être aussi simple et aussi facile qu'on se le ligure ordinairement; et si dans un grand nombre de cas elle n exige qu une expérience et une habitude ordinaires, il en est d autres ou elle peut s-accomp3gner de complications ou d accidents plus ou Lins graves. L'opérateur ne saurait donc s entourer de tiop Tpréclaions, et devra toujours se livrer avec une f^'n^e attention à l'examen de la dent à extraire, afin d apprécier le pl s exactement possible la forme de la couronne, «.r'"^;',';,'! ' position et la direction probables des racines 1 étendue de l a - £tion dont la dent est le siège et le degré de résistance qu el peut présenter; puis il fait choix de l'instrumcnl le plus conse
"tuÎqu.r::SorSbienf.^^^ .«'eUerèun^ les conditions suivantes : ^^ enlever la total.t de organe ; J éviter la lésion des parties au sein desquelles elle est située ; S- opé-
rer avec la sûreté et la rapidité nécessaires, pour amoindrir ou épargner la douleur de l'opération.
L'extraction d'une dent, quel que soit l'instmment employé, est divisée ordinairement en trois temps : r application de l'inslrumcnt sur les points les plus résistants de l'organe; 2° rupture des adl,erences qui le réunissent aux parties voisine ; S» entraînement de la dent hors de l'alvéole en lui impnmant une direction qui doit se rapprocher le plus possible de son axe naturel.
Imlruments. — j.es instruments qui servent à l'extraction des
sent su 1 e 1' f ^'t-'^^" 1"' Paraissent sullire dans la pratique ordinaire.
A. Clef de Garengeol. — Elle se compose :
r D'un manche d'une grosseur et d'une longueur suffisantes
FiG. 425. — Crochel» ,1c clef de Gm-an-cot.
deces narti.r '"«'"^^""^s par un Jas de vis; une
enlev r Ta i.? '''''''' '"^ '«^"'^''^vis desl i.é à
dr t^ o à V cl',ê":u'"M' crochet, lequel doit être porté enlever ^ ' P°'"'°» ^« dent que l'on veut
sengagèTUtmÏÏ'e'ntrrr'r '''' ^'^^ ---le manche 'XI ne n.H '^'^-P--^"-"^^ q- forment /-"."^/on; celui.ci pr en e?' ^ élargie qui a reçu le nom de <lans laquelles'enT^ e 1 ? ï^'-'^/^P^'-i'^"'- ^'"e échancrure
en haut^t en Ls Ion L X ' h " ^'""^ ""^i'^"' "no vis qui 'en'""eamT P«'-"^e"«nt d'introduire
-onduic^rc:Œ-.ri::^^^^^
polïiX hu^tt^SeÎr"'^^^^'^ e^'u^î^iandeur provoimnc (le la dent que l'on veut extraire (fig.. 425).
La clef de Garengeot a été modifiée de diverses façons ; nous ne nous occuperons pas de ses perfeclionDcments.
Pour extraire les dents au moyen de cet instrument , après avoir constaté quelle est la dent que l'on veut enlever, après avoir déterminé le lieu où l'on veut prendre un point d'appui, on dispose le crochet comme il convient, c'est-à-dire tourné à gauche ou à droite, selon que la dent malade siège à la mâchoire supérieure ou inférieure, au côté droit ou au côté gauche ; on enveloppe le panneton d'un bourdonnet de ouate recouvert d'un petit morceau de linge, aflo que la pression exercée sur la gencive par cette partie de l'instrument ne détermine pas une contusion trop violente. On aura soin de disposer ce linge de telle façon qu'il ne gêne pas les mouvements du crochet sur le panneton.
Le malade a la tête appuyée sur le dossier d'un fauteuil, et tient la bouche suffisamment ouverte ; l'opérateur alors y introduit le doigt indicateur de la main gauche pour servir de guide a la cleL Le panneton est appliqué sur la gencive, puis on saisit la dent de façon que la couronne se trouve logée dans la courbure du crochet et que le panneton réponde de l'autre côté sur la gencive à peu près à l'extrémité de la racine. Par ce moyen la résistance a lieu sur le collet de la dent, le point d'appui sur le côté opposé de l'alvéole , et la puissance se trouve placée au manche : on a ainsi un levier du premier genre. On fait alors exécuter un mouvement de rotation de la clef, la dent se trouve
entraînée. ,
Ainsi constituée , la clef est susceptible d enlever presque toutes les dents, si ce n'est toutefois les incisives et les caoïnes. qui exigent l'emploi des daviers, ainsi que les dernières molaires ou dents de sagesse pour lesquelles nous décrirons un mstrumenl spécial. Elle a suffi pendant très-longtemps, surtout en Franc», au plus grand nombre des extractions, et ce n'est que dans ces derniers temps qu'on a proposé de la remplacer dans la grande majorité des opérations de ce genre par des mstruments qui a certains égards olfrent sur elle une superionle '"««nteslable le daviers. La clef présente en effet un certain n?'"!^''^ me je nients généraux qu'il faut signaler : r appliquée s» e l^o ^ véolaire, elle produit inévitablement la compression plus ou mo.n
grande de la gencive, compression dont J«»^"'X'ipMe narti^ de l'extraction et qui peut amener la gangrené de ^e^e F''l.e, la dénûdation de la paroi osseuse, et divers «"^^^j; , ^^^^^ ^^^^^^ en sont la conséquence; 2- la grande puissance f ^ permet difficilement d'en modérer l'action suivant es d fticul e pr ues oa imprévues de l'opération ; 3» la direction toujours
oblique, soit en dehors, soit en dedans, de la force employée n'est en relation ni avec la forme, ni avec l'axe de l'organe à enlever, ce qui expose très fréquemment à la fracture d'une portion plus ou moins étendue de la paroi osseuse alvéolaire. Ces accidents ne sont pas sans gravité, et comme leurs conséquences n'apparaissent souvent que dans les jours qui suivent l'extraction , ils échappent à l'opérateur qui n'en soupçonne pas la gravité.
Dans certaines circonstances toutefois, et en l'absence d'autres instruments, la clef peut, entre des mains exercées, rendre de grands services; aussi avons-nous dû en indiquer brièvement le manuel opératoire.
B, Daviers ou forceps. — Nous ne mentionnerons ici que pour mémoire les pinces droites ou courbes autrefois en usage dans la pratique, à mors identiques, et pouvant tout au plus servir à achever une extraction commencée avec la clef, ou pour enlever les dents temporaires plus ou moins ébranlées.
Les daviers dont nous voulons parler ici sont des instruments qui paraissent être d'origine anglaise, et conçus sur ce principe (rès-rationnel, que pour pratiquer une extraction, il faut employer un instrument pouvant s'adapter exactement sur la forme de chaque dent. La forme générale de l'instrument est celle d'une pince ordinaire à branches droites ou courbes et à mors terminés par un bord tranchant, et plus ou moins aplatis, contournés ou évasés, suivant la forme de la dent à extraire. Il en résulte que le nombre des daviers doit être considérable. Les praticiens qui en font un usage exclusif les ont multipliés à l'infini, de manière à suffire à tous les cas si variés de la pratique journalière. Il nous semble qu'on peut en limiter le nombre à sept principaux que nous allons passer en revue.
1° Deux daviers droits suivant le modèle (fig. 426), à mors égaux, disposés en cuiller, l'un large, l'autre plus étroit, destinés a extraire les incisives et les canines supérieures ou inférieures a forme toujours conique et dont le volume seul varie. La précaution de deux daviers nous paraît d'autant plus nécessaire que cet instrument esUe seul qui puisse être employé pour l'extraction de cette espèce de dents.
2» Un troisième davier (fig. 427), à mors un peu plus évasés que ceux des précédents, mais recourbés sur le manche h angle presque droit, suffira à extraire les petites molaires des deux mâchoires indistinctement ; toutefois l'extraction des petites molaires
supérieures pourra se faire dans certaines circonstances avec les daviers droits.
FiG. 426. — Davier droiv. '
3° Un quatrième (fig. 428) servira à extraire les premières et même les secondes grosses molaires inférieures. Il est rigoureu-
pi,- 427. — navier courhc.
sèment conformé comme l'exige Informe de la dent, dont la ronronne régulière et carrée surmonte deux faisceaux de racme disposés l'un devant l'aulie et séparés transversalement par un sillon que remplit .lans Taivéole une travée osseuse. Chacun des mors large et mince , est séparé en deux concavités ."gales par
une arêle saillanle destinée à pénétrer dans Je sillon, landis que les côtes en cuiller saisissent les racines.
Les deuxièmes molaires inférieures, différant peu des précédentes, seront extraites par le même instrument; ces dents sont
FiG. 428. — Davici- courbe pour les ires elles 2es molaires inférieures.
F.G. 429. - Dévier pour la i g^o^^e „,ol„iro su, érieur. gaucho '
ment accusée, el leurs rai-m^Zl' . P™ "Me-
910 OPÉRATIONS QUI SE PHATlQUIiNT SUR LES DENTS.
4" Un cinquième davier (fig. 4'29) servira à extraire la première grosse molaire supérieure gauche. Or, cette dent présente une disposition et une forme constantes : sa couronne ressemble à celle des premières molaires inférieures, mais ses racines, au nombre de trois, sont situées deux en dehors, une en dedans. II résulte de cette disposition que le davier devra présenter^ à son mors externe deux concavités séparées par une arête qui s'interpose aux racines, tandis que son mors interne offrira une concavité unique pour recevoir la racine interne.
La deuxième molaire supérieure droite, d'une forme voisine de la précédente, s'enlèvera avec les mêmes instruments.
5» Un sixième davier (fig. 430), destiné à l'extraction de la
FiG. 430. — Davier pour la i'" et la 2' molaires supérieures droites.
première ainsi que de la seconde grosse molaire supérieure droites, sera disposé absolument comme le précèdent, sauf que le mors divisé sera externe et le mors smiple p ace en dedans
6° Enfin un septième davier à mors en cuiller un peu plus mince que celui figuré fig. 426 , et un peu recourbe s.^^^^^^ manche? est de la plus grande utilité, soit F"; f [^''^J^^/, l'enfant les diverses dents temporaires, et chez 1 adulte ou débris de dents peu accessibles par leur forme a 1 emplo. d'autres instruments. ,
Les daviers que nous venons de décrire ont donc pour caractère ce borner leur action à la dent à extraire, sans comprim lu îéser les parties voisines : leur appropriation à la forme de dents 0 la di'^^ection de la puissance employée sont telles, qu «ne
extraclioa dans ces circonstances ressemble réellement à une véritable énucléation d'un organe hors de la cavité qui le contient et suivant la direction de son axe naturel. Toutefois ils ont l'inconvénient, en raison de leur volume et de leur position la plus ordinaire au milieu de l'ouverture de la bouche, de masquer quelquefois, ainsi que la main qui les tient, le champ de l'opération.
Ils ont encore le désavantage d'exercer leur action sur une dent par deux puissances opposées agissant au niveau des mors sur les deux côtés de la couronne. Or, si comme cela arrive le plus souvent, cette couronne creusée d'une cavité est plus ou moins fragile, la dent peut être brisée ou écrasée.
Cet inconvénient serait très-sérieux s'il n'était en partie compensé par la forme tranchante des mors qui, pénétrant au-dessous do la gencive, vont saisir la dent par sa partie la plus profonde au point.de division des racines, c'est-à-dire au delà des limites les plus ordinaires des caries.
L'extraction de la dernière molaire , ou -dent de sagesse , se fait, ainsi que nous l'avons dit, avec un instrument particulier, la lamjue-de-carpe (lig. 431) : il se compose d'une tige d'acier dont l'extrémité en fer de lance élargi à sa base est coudée à angle très-ouvert sur une tige droite montée elle-même sur un manche à angle droit. Cet instrument, qui peut être considéré comme spécial à l'extraction des dents de sagesse, exige toutefois dans son emploi certaines conditions indispensables : ainsi, il faut, pour qu'il soit applicable au cas dont nous parlons, que l'avant-dernière molaire et même la précédente soient conservées.
En effet, l'extrémité de l'instrument étant introduite par le plat et de dehors en dedans dans l'intervalle qui sépare les deux' dernières molaires inférieures par exemple, l'opérateur fait exécuter un mouvement de bascule dans lequel le bord supérieur du fer d(! lance prenant point d'appui sur la couronne de la deuxième molaire, son bord inférieur, répondant au collet de la dent de sagesse, la soulève en lui faisant exécuter un mouvement de bas en haut et d'arrière en avant, c'est-à-dire conforme à la direction normale de l'axe de la deni, dont les racines réunies ordinairement en un faisceau conique présentent une concavité qui regarde en haut et en arrière. L'extraction des dénis de sagesse supérieures se fera en faisant exécuter un mouvement inverse à I instrument.
Enfin, lorsque la dent de sagesse se trouve isolée au fond de la bouche par la perte de celles qui la précèdent, son extraction
912 0Pl':i\AT10NS UUl SK PRATIQUENT SUR LUS DENTS.
ne pourra s'effectuer avec la laogue-de-carpe, mais sera Irèsfacile avec un davier approprié.
L'extraclioii des racines ou débris de dents ne saurait ôlre précisée par une règle. L'opérateur devra subordonner aux dif-
FiG. 431. FiG. 432.
Langue-de-carpe. Pied-de-biche.
férents cas le manuel opératoire et le choix des instrumenls. C'est souvent dans certains cas de ce genre que la clef nous a paru rendre de grands services. S'agil-il en effet d'extraire un débris de dent Irès-creux et très -fragile, l'application d un davier aura souvent pour! résultatj l'écrasement de l'objet, tandis
que si un point résislant subsiste sur lequel peut s'appliquer l'extrémité d'un croche! , l'extraction par renversement se fera facilement.
Un autre instrument est aussi très-utile pour les cas de débris plus ou moins ébranlés ; nous voulons parler du levier simple ou pied-de-biche. Celui qui est dessiné Hg. 432, est en cuiller et susceptible d'être employé dans la plupart des circonstances. Il s'applique en dehors sur un point solide des débris et par pression directe les renverse en dedans.
Ainsi qu'on vient de le voir, nous avons décrit les instruments propres à l'extraction des dénis, sans accorder de préférence absolue à l'un d'eux à l'exclusion des autres. Nous pensons donc que operateur ne doit ni rejeter la clef de Garengeot au profit des daviers, m adopter ceux-ci à l'exclusion de la clef. Ces instruments peuvent, selon nous, rendre d'équivalents services dans les cas bien déterminés qui leur conviennent, et le praticien dans une opération dont les conditions varient si fréquemment' ne doit se séparer par idée préconçue d'aucune des ressources que lui offrent le nombre et la variété des moyens opératoiresnous recommanderons une fois de plus de subordonner toujours le choix de 1 instrument aux conditions de forme de chaciue dent et aux circonstances de siège et d'étendue des akéralions qu'elle