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II. Bandage de corps. — Le bandage de corps est une ser

FiG. 120. — Bandage de corps; face postérieure.

vielte pliée suivant sa plus grande largeur, de manière à faire un rectangle très-allongé ; on l'applique sur le tronc : 1 ° pour maintenir des topiques ; 2° pour tenir dans l'immobilité la partie autour de laquelle on le place, la poilrine par exemple, afin d'empêcher les fragments des côtes fracturées de jouer l'un sur l'autre dans les mouvements d'inspiration et d'expiration ; 3" pour comprimer l'abdomen à la suite de In paracentèse, de l'accouche-

DliS BANUAGtS.

ment ; 4° dans les fractures de la clavicule, il enveloppe le hras et le lliorax, et empêche par conséquent les mouvemenis du membre en le maintenant solidement lixé le long du tronc ; 5» enfin il s'oppose au déplacement des viscères dans les évenirations, etc. I.e liandage de corps est certes un des bandages les plus employés, un des plus faciles à appliquer; on le place

FiG. ■121. — Bandage Je corps; face antérieure.

autour de la partie qu'on veut envelopper, et on le fixe en avant avec des épingles. I Comme il est souvent à craindre qu'il ne vienne à glisser, soit en haut, soit en bas, on le lient fixé avec un scapulaire ou des sous-cuisses (voy. Bandage en T) ; le bandage de corps peut êiro soutenu supérieurement par le triangle cervico-dorso-sternal de Mayor, ou par la cravate cervico-thoracique. Ainsi maintenu, le bandage de corps est très-solide, ne se dérange point, et ne cause au malade qu'une gène moins grande que celle que lui fe-

CRAVATES

raient subir des baudages plus compliqués, comme le bandage spiral du tronc.

La figure 1 20 représente le bandage de corps maintenu en arrière par la cravate dorso-cervico-steruale, et dans la figure 4 21 les deux pointes de la cravate fixées en avant.

li° Cravates.

Sous le nom de cravates, Mayor désigne les bandages exécutés avec un mouchoir plié en cravate.

l'ic. 122. — Cravate bis-axillaire.

I. Cravate bis-axillaire. — Ce bandage, destiné à maintenir s topiques dans l'aisselle, est appliqué delà manière suivante I partie moyenne de la cravate est placée dans l'aisselle, du

DES BANDAGES

côté malade ; les deux chefs, conduits en avant et en arrière, s'entrecroisent sur l'épaule, et, passant en avant et en arrière du cou, sont réunis par un nœud dans l'aisselle du côté opposé (fig. 122).

Le nœud fait dans l'aisselle est très-gênant, aussi conseillonsnous de garantir la peau avec une épaisse compresse.

Fig. 123. — Cravale oarpo-cervicale.

II. Cravate ordinaire. — Nous ne ferons que mentionner la cravate ordinaire destinée à maintenir les topiques à la région du cou, et qui remplace si avantageusement le bandage circulaire du cou.

III. Cravate carpo-cervicale. — Elle embrasse le carpe par sa partie moyenne ; ses deux extrémités nouées forment une anse .qui es.t;'^,^ue dans vm anse semblable constituée par une seconde

CRAVATES

cravate dont le plein prend son point d'appui sur la face postérieure du cou. Cette cravate maintient l'avant-bras fléciii sur le bras (fig. 123).

I IV. Cravate TARSO-ROTULiENNE. — Par son plein elle embrasse la plante du pied, et est fixée à un lien circulaire disposé autour

Fio.'124. — Cravate larso-rolulienne.

ie la cuisse au-dessus delà rotule; elle fléchit le pied sur la jambe (fig. 124).

V. Cravate tarso-pelvienne. — Son plein embrasse le coule-pied, et ses deux extrémités sont fixées à un lien circulaire lisposé autour du bassin ; elle étend le pied sur la jambe et

DliS liANDAGES.

maintient Mchie la jambe sur la cuisse el la cuisse sur le bassin (fig. 125).

FiG. 125. — Cravate tarso-pelvieniio.

VI. Cravate cabpo-olécranienne. — Embrassez le poignet avec un des deux chefs de la cravate ; conduisez celle-ci en avant en passant sur le bord interne du métacarpe, puis sur sa face palmaire ; enveloppez complètement les doigts de dehors en de-

CRAVATES

dans et d'arrière en avant ; arrivé sur le bord externe du doigt indicateur, étendez fortement la main sur l'avant- liras, fléchissez l'avant-bras sur le bras, et venez fixer l'autre chef de la cravate à la partie inférieure du bras, au-dessus de l'articulation du coude (fîg. 126).

Dans ce bandage la puissance de traction s'exerce sur la face palmaire de la main. On maintient donc la main dans l'extension

Fio. dSC. — Cravate carpo-olécrânienne.

forcée ; en exerçant la traction en sens inverse, c'est-à-dire sur la face dorsale, on tiendrait la main dans la flexion forcée.

Tels sont les bandages qui, dans cette méthode déligatoire, tiennent le premier rang. Il en est une seconde série qui remplit assez bien les indications, mais dans laquelle les bandes sont préférables, à cause de la chaleur que produit l'épaisseur du mouchoir et de la gêne que sa pression détermine : tels sont les bandages circulaires, avantageusement remplacés par une bande, en

DES liANDAGES.

général de peu de longueur, que l'on se procure facilement. Toutefois les bandages circulaires compressifs peuvent être faits provisoirement avec un mouchoir, lorsqu'on manque des objets nécessaires au premier pansement .

Dans une troisième série, nous trouverons des -bandages qui doivent être à peu près complètement rejetés : tels sont les bandages croisés compressifs , les bandages unissants; car, dans ces deux espèces, les indications sont si mal remplies, qu'il est pour ainsi dire impossible de les mettre en pratique, et les derniers surtout sont tellement gênants, qu'ils ne sauraient être acceptés dans aucun cas.

11 est des indications qu'on ne peut remplir, même de la manière la plus imparfaite, avec le mouchoir. Ainsi, il est impossible de faire un bandage spiral convenable avec un ou plusieurs mouchoirs. Quoi qu'il en soit, ces bandages peuvent toujours être appliqués provisoirement , mais ils ne doivent pas rester longtemps en place : aussi faul-il se hâter de faire un pansement définitif.

Enfin, on peut rejeter complètement la corde, que Mayor fait avec un mouchoir : il est beaucoup plus simple de prendre un cordon, ou même une corde ordinaire, qu'on se procure plus facilement.

§ 8. — f^y)«tèine rtôHKntoii'o de Ollgnl (de Cinilinc).

M. Rigal (de Gaillac) a proposé un système de déligation chirurgicale qui se rapproche beaucoup de celui de Mayor, en ce que les bandages sont exécutés avec des linges pleins, mais qui en diffère essentiellement par la manière dont sont fixées le-; pièces de linge. Tandis que les appareils de Mayor sont maintenus avec des nœuds et quelquefois avec des épingles, ceux de M. Rigal sont assujettis par des tissus ou des fils de caoulchoue. « Cette combinaison, dit l'auteur, a l'avantage d'assujettir les les pièces d'un pansement, de manière qu'elles ne se dérangent jamais. En dépit des mouvements les plus variés d'un malade, le degré de compression déterminé par le chirurgien reste sensiblement uniforme; le jeu de la mâchoire inférieure, celui de •la cage osseuse du thorax, les inclinaisons diverses du tronc, la flexion et l'extension alternatives des membres, toi:t cela ne change en rien les dispositions primitivement établies. Ce mode d'appareil agit mieux que ne saurait le faire la main la plus habile et la plus intelligente.

BANDAGE DÉLIGATOIRE.

« Nos liinjes sont presque toujours une fronde ou un triangle, sauf la calotte et la demi-calolle, que nous croyons plus conve- I nable encore pour tous les bandages de la tête.

» Le chirurgien doit établir une distinction importante entre ! les tissus élastiques. Les moins extensibles renferment dans leur trame le caoutchouc, qui ne peut être isolé fil à fil. Les plus extensibles se composent des brins susceptibles d'être parfilés comme la charpie. Les meilleurs brins sont ceux dont l'enveloppe, la gaine, est la plus lâche (1).

» Pour maintenir un linge plein avec ces sortes de cordages, il faut trouver des appuis, des points d'antagonisme. Un z'egard jeté sur le corps humain les fait découvrir à l'instant même. Le menton, pour le sinciput; le sinciput et la nuque , pour le bas du visage. Une aisselle, pour l'aisselle du côté opposé; l'une ou l'autre pour infléchir la tête à droite ou à gauche , toutes deux pour en maintenir la rectitude, toutes deux encore pour soutenir les bandages appliqués sur le thorax. Ensemble elles empêcheront un appareil d'obéir aux tractions dont le point d'appui serait donné par des sous- cuisses. L'arrêt fourni par la jonction des extrémités pelviennes avec le tronc sera utilisé en sens inverse.

)/ Parlerai-je des membres supérieurs et inférieurs..., des ressources que présentent le coude, le genou, le talon, le coude-pied et les interdigilalions de la main ou du pied? Non, une semblable énumératipn est inutile pour le chirurgien qui aura compris le principe, inutile pour celui qui ne le concevrait pas. Le premier saura désormais tirer parti de toutes les saillies pour entraîner un point vers un autre, pour soutenir, pour comprimer, pour étirer. Au besoin, il saura se créer des résislances à l'aide de pièces de sparadrap configurées selon les indicaiions posées dans son esprit , en empruntant des étais à des attelles , à un siège , à la charpente d'un lit. Le second aura sous la main des richesses dont il ignore la valeur, et que jamais il ne saura mettre à profit (2). »

A la place du mouchoir, qui, d'après ^expression de M. Rigal^ donne idée du meilleur bandage applicable à une infinité de cas, mais qui présente des plis et des godets facilitant le déplacement des pièces d'appareil, M. Rigal conseille des linges pleins de formes variées ; ils sont très-peu nombreux, bien cousus et parfaitement établis pour trois tailles, grande, moyenne el petite; ils abrogent les pansements, seront lessivés sans se parfiler.

;1) Bulletin de l'Académie de médecine, t, IV n ''08. (2) Ibid,, t. IV, p. 1209. '

216 DES BANDAGES

Les liens élastiques ronneiil des anses ou des ccinlui es, d'autres l'ois sont croisés en X, sont convertis en Y par un nœud, enfin sont disposés comme un lacet.

Les principaux bandages proposés par M. Riga! sont les suivants :

i" Bandages de la tête.

a. La calotte ou le bonnet (jrcc est béant en arrière et lacé avec des lils élastiques. Le lacet peut être passé dans des œillets à point de boutonnière, ou formés de métal et fixés comme ceux des corsets. Il est facile de substituer aux œillets un moyen beau- . coup plus simple : une série de rubans de fil peut être cousue à plat de chaque côté des bords de la fente, de manière à former des anses dans lesquelles on engage le lacet, que l'on peut ainsi serrer et desserrer à volonté.

Nous ferons encore remarquer qu'un simple serre-tête de toile fendu en arrière peut parfaitement remplacer la calotte grecque. M. Rigal décrit encore la demi-calotte qu'il place en avant, en arrière et sur les côtés.

Le déplacement de la calotte et de la demi-calotte peut être prévenu par un mouchoir plié en triangle ou en cravate, dont le plein est appliqué à la région sincipitale et les deux extrémités sont nouées sous le menton.

L'appareil que nous décrirons plus loin, sous le nom de fronde du berger, peut également fixer la calotte.

b. La capeline simple. — Elle est formée à l'aide d'un mouchoir plié en deux longitudinalement; la partie moyenne est placée sur le milieu du front, les deux chefs sont ramenés sur les parties latérales de la face et fixés sous le menton ; l'angle formé au-dessus du front est replié en dessous et fixé avec une épingle.

G. La capeline fixe. — Elle se compose d'un mouchoir plié en triangle. Le milieu de la base du mouchoir est placé sur le milieu du front; les deux chefs pendent sur le côté des joues, le sommet est dirigé vers la nuque. Les deux angles qui se trouvent formés de chaque côté des deux chefs sont repliés et fixes avec des épingles. Les deux chefs sont amenés sous le menton, y sont entrecroisés et fixés de chaque côté à la région temporale ; la

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