‹ Manuel de petite chirurgie [electronic resource]Chapitre 69 sur 256 · BOITE DE M. GAILLARD · texte numérisé non relu

BOITE DE M. GAILLARD

bout pour recevoir plus facilement la jambe. Cette plancbe est percée de quatre séries de trous (deux séries à droite et deux à gauche). Les rangs de droite sont éloignés de 0™,15 des rangs de gauche. Chaque série est disposée obliquement, de manière qu'un faible intervalle soit laissé d'un trou à sou voisin. Si r le bout de la planche est fixé un piton à vis, ou, au besoin, un tirefond de tonnelier, ou une vri|le (fig. 208).

2° De deux planchettes de sapin longues de O'^.iO ; larges de 0"',12, et épaisses de 0",010 (fig. 208). °

3» De quatre chevilles de chêne longues de 0°',23 : épaisses au gros bout de 0"',0]d..

Fig. m

— Boîte montée de M. Gaillard (de Poitiers).

i De trois coussins de balle d'avoine : un sert de sommier et les deux autres de garnitures latérales. En cas d'urgence on peut remplacer ces coussins par de la filasse, du colon cardé', du menu toin, de la mousse choisie.

J" Enfin, de quelques compresses, des liens de fil, et des coussms supplémentaires.

d/plir""?'' planches venues et quatre chevilles

de cha pentter peuvent faire l'affaire et servir très-utilemenl

"onnees plus haut ne sont que des moyennes

La figure 209 représente les pièces de l'appareil de M Gaillard, reunies pour former la boîte. ^

Application. La coaplalion élant opérée, le membre estlé jambe les petits coussins latéraux, .ouverts chacun de sa com-

3ia APPAREILS DE rUACTUKES.

presse protectrice. Les deux planchettes latérales sont appliquées à droite et à gauche du memhre ; un aide les rapproche l'une de l'autre par une forte pression, les chevilles fixées de chaque côté maintiennent les planchettes dans une solide position, et la jamhe se trouve emboîtée (fig. "210).

Si l'on veut comprimer un peu plus, il est facile de rapprocher les chevilles opposées, en fixant un lien de fil autour de leurs tôtes. Le membre malade se trouve ainsi maintenu d'une manière très-exacte en arrière et sur les côtés, depuis le genou jusqu'à la plante du pied ; il ne peut ni se dévier, ni s'incliner. Sa face supérieure, libre et découverte, peut recevoir toute espèce de pansement.

FiG. 210. — Appareil de M. Gaillard (de Poilieis), appliqué à la jambe.

Une petite cravate embrasse la partie inférieure de la jamhe et le cou-de-pied, et va s'enrouler autour du piton a vis ou de la vrille ; elle fixe le pied à la planche d'une manière solide, et si l'on déplace le pilon, on peut exercer sur le pied une tractiou oblique. D'ailleurs, en prolongeant mie des planchelles latérales, on peut, dans les fractures de l'extrémité inférieure de la jambe avec déplacement du pied, empêcher la déviation en de ans ou e^^^ dehors. Si le malade est indocile on place deux ou trois ci ava s qui enveloppent à la fois la planche, les planchettes et le membr ces cravates peuvent maintenir une attelle et exercer une pression sur la face antérieure de la jamhe, dans le cas ou les fra?,n nt se déplaceraient en avant. Enfin, au heu de cerceau on met sur le membre deux fils de fer courbés en denn-cercle et se lixant, par leurs extrémités, dans les trous de la planchette en dehors des chevilles.

L'appareil des fractures de cuisse présente la P'^^ g'-f^f^"^" lo<^i; avec celui que nous venons de décrire. La planche hyponar-

APPAREIL POLYDACTYLE.

thécique est double, une des portions est placée sous la jambe ; l'autre, la plus petite, est mise sous la cuisse, ces deux portions sont articulées par des charnières ou des lanières de cuir, de sorte que l'on peut tenir le membre dans la rectitude la plus absolue ou le placer sur un double plan incliné dont il est possible de graduer à volonté le degré d'inclinaison à l'aide de

FiG. 211. — Double plan incliné de M. Gaillard (de Poitiers).

coussins ; des planchettes assujetties avec des chevilles corn* plètent l'appareil (fig. 2i<).

§ — AiiparcH ikolydaciylc de M. Jules Roiis.

Déjà, en 1 849, M. J. Roux a publié (1 ) un travail où il expose les avantages de son nouvel appareil. Celte méthode, apphcable aux fractures du fémur, fut généralisée par lui, et a été l'objet d'un mémoire très intéressant lu à l'Académie de médecine (2), L'appareil que propose le savant chirurgien de Toulon nous paraît, malgré le nombre de pièces qui le composent, appelé à rendre des services réels, aussi allons-nous l'exposer avec quelques détails. ^

Il se compose :

4" D'un plateau de bois (fig. 212), long de 1 mètre, large de

(1) J. Roux, liemarques el olservallons sur los (raclures du fémur, m Revue médico-chirurgicale, t. V, 1849, p. 87.

(2) Leçons sur les appareils à fracture et à compression, in Union médicale, novembre et décembre 1858.

APPAREILS DE FRACTUtlES.

0'",30 à ses cxtréiTiitôs et de O^jSS dans sa partie moyenne élargie en vue d'une plus grande stabilité. Son épaisseur, de 0'",02 vers l'extrémité antérieure, n'est plus que de 0",01 à son extrémité postérieure. Ce plateau, vide dans sa partie centrale

FiG. 212. — Plateau de bois de l'appareil de M. J. Roux.

pour lui donner plus de légèreté, est garni sur ses bords, en avant seulement, de petites pointes à tête ronde. Les trous dont il est percé sont, sur les trois lignes du milieu, parallèles, séparés les uns des autres de 0",01 , et servent à recevoir un treuil, des chevilles à turion uniforme, et au besoin des cordes pour suspendre tout l'appareil. A son extrémité pelvienne se trouvent des charnières latérales de fer, à tête de compas, destinées à réunir le plateau à l'extrémité de la pièce qui doit supporter le membre.

2° D'une planche de bois brisée en deux planchettes inégales, l'une jambière, l'autre crurale {Ci§. 213), articulées par une char-

FiG. 213. — Planclieltes jambière cl crurale de Vappareil de M. J.Roux.

nicre de bois fixée par une double broche à écrou mobile. Celle planche se superpose au plateau, s'articule avec lui, en le dépassant de 0"',01 vers son extrémité pelvienne (fig. 216).

I.a planchette jambière est longue de 0»\52, large de 0'",2()

APPAREIL POLYDACTYLE.

à son exlrémité inférieure, épaisse de 0",02. La plancliede crurale, de 0'",23 de longueur, de 0^^,26 de largeur à son exlrémilé supérieure, a 0'",02 d'épaisseur, exceplé à cette même extrémité, où elle est fortement creusée en gouttière dans sa portion moyenne seulement. Pour s'accommoder aux dimensions variables de la cuisse chez les divers malades, la plancheite crurale s agrandit par l'écartement des deux pièces qui la composent et par le glissement de deux plaques de fer formant coulisse double avec rivure au centre et accompagnement sur les bords. L'espace qui en résulte est rempli par une ou plusieurs allonges de bois (fig. 21 4), supportées dans leur partie moyenne par les deux

Q o 4 et

Fig. 214. —

Allonges, clievilles et bequillon de l'appareil de M. J. Rou

tetf;;!"""^"'" sur les côtés à la manière des al-

nlnn^hL^'- ''T' f''"'^"''^^,' P^^t se servir seulement de la Ïrate jamb.ere que l'on sépare aisément de la planchette

son^A^nkdJ' allonges, excepté en arrière,

sontga.ms de pe ,tes pomtes à lête ronde, distantes de 0'%018 Jll'f'^'^^^^^ éesdelromAe O-Mll de diamètre, dispo és

ment nSf"' "T P-^"^^ P'^'-^''^'^^ transveLl !

Zres rla fl? «ont à 0^,003 les uns des

autres dans le premier sens, à 0-,004 dans le second- leur

ro°:l cl^^s'el'srirètrt '''' ''''''' '''' ^^^^^^

Deux rangées de trous creusés sUr la portion moyenne d*. U

A l'extrémité de cetle planchette sont deux enlailles do Hlnr geur des chevdles, pour maintenir la flexion de l'appar n ' pêcher les mouvements de latéralité.

APPAREILS DE FIlACTUIlES.

30 De chevilles; il y en a de trois sortes : les crurales, hautes de 0"',2r) ; les jambières, de 0'",22', les supports, de 0"',38 ; mais toutes se ressemblent par la forme, par le turion, qui est toujours de 0"",01 de diamètre sur 0™,02 de hauteur, afin de s'adapter indistinctement à tous les trous de l'appareil ; par les mortaises, creusées à égale liauleur du turion ; par les faces, qui sont de 0'",02 de large pour celles qui portent les mortaises el de 0",018 pour celles des côtés (fig. 214).

4° Un bcquillon avec trous et mortaise, de O'^jSS de longueur, de 0",04 de largeur, de 0"',0'l d'épaisseur, pouvant se fixera l'un des côtés de l'extrémité pelvienne de la planchette crurale à l'aide de deux chevilles crurales à turion suffisamment allongé, permet, dans quelques cas, de prolonger l'appareil jusqu'au dessus de la hanche (fig. 214).

La figure 21 8 montre le membre fracturé étendu dans l'appa-

Pic, 215. — Appareil polydaclyle [appliqué à la jambe.

reil,en extension continue, le tibia comprimé par une pointe métallique.— Des coussins très-épais, de coton, avec ou sans découpures profondes et multiples sur les bords, entourent les trois quarts du membre et le dépassent aux extrémités. — Un élrier (modèle Gariel) est fixé sur des chevilles de réflexion. — La cheville placée à l'exlrcmité de l'appareil, cheville-supporl, opère l'extension continue par l'enroulement des lacs qu'on arrête aux pitons du plateau. La contre-extension s'exerce à l'arcade des pubis, par la première cheville crurale, qui est, à cet effet, cylindrique et entourée d'un étui matelassé.

La figure 216 représente le membre dans la demi-flexion. Des chevilles, plantées dans les trous du plateau el enchâssées dans

APPAREIL POLYDACTYLE.

les entailles terminales de la planchette jambière, retiennent celle-ci au degré d'inclinaison que l'on désire. Des chevillessupports placées derrière le pied, sur cette même planchette, et garnies d'un coussin, tiennent lieu de semelle. D'ailleurs, onpeut soutenir le pied avec une pièce de linge tendue entre ces mêmes chevilles, placées alors sur les côtés. Elles servent en même temps à garantir le pied contre le poids des couvertures, rôle que jouent les autres chevilles pour le reste du membre qu'elles dépassent. Cette disposition remplace les cerceaux inséparables des autres appareils.

Application et mode d'action de Vappareil polydactyle. — On place le membre sur les planches horizontales munies d'un cous-

Fio. 216. — Appareil polydactyle appliqué k la cuisse.

sin recouvert d'une toilé cirée, on relève de chaque côté la toile cirée et le coussin, on place assez de chevilles sur les parties latérales pour maintenir le tout en place : l'appareil peut rester dans l'extension ou être porté dans la demi-flexion.

Le plateau qui supporte les planchettes leur donne une fixité que l'on ne saurait obtenir sur un matelas nécessairement inégal.

Les chevilles mobiles sont disposées autour du membre, de manière à en suivre les contours, à en reproduire la forme, et font l'office des doigts, doigts rigides, à la vérité, mais que le coussin d'enveloppe transforme en pelotes élastiques.

Partout oîi la main de l'opérateur, modolantle membre, exerce une action eflicace , une ou plusieurs chevilles ont leur raison d'être appliquées pour soutenir les tissus, les presser doucement, le!j comprimer s'il le faut ; et, lorsque ces nuances d'une action

JAMAIN. — Pctile cliir. 5c édil. 20

APPAREILS DE FRACTURES

unique dcvronl s'exercer en avant ou en arrière du membre, oa les obtiendra à l'aide d'une bande, d'un lien coaplaleur passant au-dessus et au-dessous, et dont les extrémités engagées dans les mortaises des chevilles latérales s'arrêteront aux clous de ceinture. Par la seule direction imprimée aux chevilles ou aux bandes complémentaires, le membre, dans son ensemble ou dans son extrémité libre seulement, pourra être porté dans l'adduction, dans l'abduction, en avant, en arrière.

Dans celte substitution des chevilles aux doigts, où il est parfois convenable d'isoler chaque élément, d'en réunir plusieurs, ou même de les disposer en séries continues, le point essentiel est de ne jamais excéder le degré de pression exercé par la main et les doigts de l'opérateur. Il faut même se rappeler toujours que cette compression, momentanément supportée avec facilité, peut bientôt devenir intolérable, et de là, l'obligation d'une applijcation bien calculée et la nécessité d'une surveillance active, constante, plus facile ici qu'ailleurs, puisque les parties sont à découvert, et les éléments de l'appareil isolés. 11 suffit en effet de reculer de quelques millimètres une ou plusieurs chevilles, pour dissiper toute douleur et conjurer tout danger d'étranglement ; modification simple que le malade peut, pour ainsi dire, au gré de sa sensibilité, faire accomplir, en l'absence du chirurgien, par la première personne venue, ou, à la rigueur, accomplir lui-même.

Les chevilles, disposées autour du membre, peuvent figurer dans leur ensemble deux attelles, avec cet avantage capital , que, brisées perpendiculairement à leur axe en fragments indépendants, elles se moulent sur les parties, en dessinent les contours.

Dans les appareils de ce genre, la contre-extension est Iresfacile. On prend un point d'appui : r à l'arcade des pubis, où vient arc-bouter la première cheville crurale interne convenablement matelassée ; 2° à la mortaise du béquillon externe où s'engage et se réfléchit le lien qui embrasse l'anneau de daim de Baudens ; 3° au gousset d'une ceinture propre à recevoir le béquillon lui-même ; 4" enfin, à l'aisselle, à l'aide d'un béquillon supplémentaire plus long. ^

L'extension, appliquée avec le secours d etriers, de bracelets, au pied, au-dessus des malléoles, au-dessous ou au-dessus du genou, s'obtient aisément en employant un treuil mobile {(\g. 21 /) que fixent solidement au plateau, dans les trous de sa ligne moyenne, deux lurions retenus par une seule clavette; dans les grands efforts de traction, ce treuil doit remplacer la cheville-support. Il al'avantage,ea se mobilisant, de rendre toujours

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