‹ Manuel de petite chirurgie [electronic resource]Chapitre 8 sur 256 · BANDES · texte numérisé non relu

BANDES

Elle sert h empêcher les brins de charpie d'adhérer aux bords de la plaie, par conséquent à prévenir les déchirures qui pourraient s'opérer en enlevant le pansement. Cette bandelette est peu employée.

6° Bandelette a séton. — Si de chaque côté d'une longue bandelette étroite on enlève des fds parallèles à sa longueur, on aura la bandelette effilée ou mèche à sélon (fig. 26). Celle-ci, dont

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Fig. 25. — Bandelelle découpée. FiG. 26. — Bandelelle à séton .

les deux bords sont comme frangés, est enduite de cérat et introduite dans un trajet fistuleux, afm d'empêcher raccolement des parois du trajet.

2° Bandes.

Les bandes sont des pièces de linge étroites et dont la longueur surpasse de beaucoup la largeur.

Chaque bande a deux extrémités que l'on nomme chefs. La partie intermédiaire est appelée plein. Les bandes doivent être de toile rendue souple par l'usage; les bandes de linge neuf, trop dures, trop glissantes, difficiles à appliquer, ne peuvent former un bandage d'une solidilé convenable. Il faut éviter la présence d'ourlets, qui nuisent à l'application du bandage et qui surtout blessent les tissus sous-jacents. Les bandes doivent être coupées en droit fd et surfilées autant que possible; lorsqu'on veut ajouter une bande à une autre, il faut faire la couture de telle manière qu'il n'existe pas d'ourlets.

Une baude ne doit pas être trop longue, car son application serait fatigante pour le malade; une bande trop large s'applique mal, surtout quand les parties n'ont pas partout le même volume.

La largeur que l'on doit donner aux bandes varie avec l'usage que l'on veut en faire. Ainsi, larges d'un travers de doigt pour les lèvres, les doigts, elles peuvent avoir quatre travers de doigt quand on les applique sur le tronc; toutefois la largeur ordinaire des bandes est de 4 à 5 centimètres. Leur longueur est aussi irès-variable ; cependant on ne doit jamais employer de bandes plus longues que 15 mètres, encore celles-ci ne doivent-elles être usitées que rarenieut.

Si les bandes n'étaient pas préalablement roulées, il serait

IHvS UNlifciS.

impossible de les appliquer. Les bandes roulées sont dites à un ou à deux globes. Dans Je premier cas, un des chefs se trouve ibre; i autre est au centre du rouleau appelé globe (fi<^ 27) Dans le second cas, les deux cl.efs sont au centre des deux rouleaux reunis par le plein de la bande (fig. 28).

FiG, 27 et 2S, — Bandes.

Pour rouler une bande, le chirurgien replie plusieurs fois sur lui-môme un des chefs de la bande, de manière à en faire un petit cylindre. Il saisit entre le pouce et l'index de la main droite l'axe du cylindre; le plein de la bande est appuyé sur le bord radial du doigt indicateur de la main gauctie , et y est maintenu fixé par le pouce du même côté ; l'annulaire et le petit

FiG, 29. — Manière do rouleruiie bande.

doigt de la même main maintiennent solidement la bande dans la paume de la main gauche. .Mors les deux doigts de la main

liANDES,

lÔ

droite font rouler la bande sur son axe de droite à gauche , de telle sorte que le plein de la bande s'enroule successivement sur le pivot initial, et l'on continue ainsi jusqu'à ce que la bande soit épuisée (fig. 29). Si l'on veut rouler la bande à deux globes, on agit de la même manière, les deux chefs de la bande servant de pivot initial , et l'on termine le premier globe quand on lui a donné une longueur suffisante. En général, il y a toujours dans ces dernières bandes un globe plus petit que l'autre.

Ainsi roulées, les bandes sont employées sèches ou mouillées, soit avec de l'eau , soit avec des substances médicamenteuses résolutives, narcotiques, etc. Les bandes mouillées s'appliquent mieux que les bandes sèches, mais elles ont l'inconvénient assez grave de se resserrer après leur application; de plus, elles s'effilent davanlage.

On recouvre souvent les bandes d'une substance, dextrine, amidon, etc., propre à coller les différents tours de bande, et à faire ainsi un bandage d'une seule pièce. Nous parlerons plus loin de ces appareils, dits appareils inamovibles.

Outre les bandes de toile on peut encore se servir de bandes de coton, de percale; mais elles sont peu résistantes. Les bandes de laine sont trop épaisses, trop extensibles, échauffent inégalement la peau, toutefois elles s'appliquent mieux sur les parties. Ce qui rend leur usage peu fréquent, c'est qu'elles sont d'un prix élevé, qu'elles se salissent très-vite et absorbent trèsfacilement les miasmes putrides. Les bandes de flanelle sont cependant conseillées par quelques chirurgiens, surtout lorsqu'il s'agit d'appliquer un appareil chez les enfants.

On a encore utilisé les bandes de caoutchouc; mais, outre qu'elles sont d'un prix très-élevé, elles se distendent par la chaleur, se resserrent par le froid, et exercent sur les tissus une pression très-inégale. Les bandes de caoutchouc vulcanisé paraissent s'appliquer plus facilement que ces dernières et exercer une constriction plus régulière.

Les bandes de ruban de fil ou de colon sont mauvaises ; elles glissent facilement; elles ont surtout l'inconvénient de blesser par leurs bords tranchants et inextensibles. En Allemagne, on a remédié à cet inconvénient en faisant le ruban destiné à faire des bandes avec un fil plus fin, plus poreux, et passant, entre les anses de fil qui vont d'un bord de la bande à l'autre, une petite soie de sanglier qu'on retire lorsque la bande est terminée ; ces rubans ont, au lieu d'une lisière dure, peu extensible, une série de petites boucles qui laissent au tissu toute son élasticité. {Bandes bouclées de Percy.)

))lvS MNCKS.

§ 3. — Des liens, des lacs, de» nreud*. -

\° Liens. — On donne le nom de liens aux pièces d'appareil destinées à fixer et à maintenir les pansements, à immobiliser certaines parties, les membres fracturés par exemple, à prévenir les mouvements du malade, dans une opération, comme celle de la taille périnéale par exemple.

On comprend que la résistance, le volume et la longueur des liens soient en "rapport avec l'usage auquel ils sont destinés. Ainsi, pour soutenir les pièces de pansement appliquées sur un doigt, il suffit d'un bout de fil qui fait plusieurs fois le tour du doigt et dont les deux extrémités sont arrêtées par un nœud. S'agit-il de maintenir en place les pièces d'un appareil de fracture, on se sert, comme nous le verrons plus tard, de rubans de fil. D'autres fois, enfin, les liens sont constitués par une cravate, une serviette, une alèze, un drap replié sur lui-même, soit dans le sens de la longueur, soit dans le sens de la diagonale. C'est ainsi qu'après le pansement d'une fracture de jambe, on maintient le membre immobile sur le coussin en l'assujettissant avec un drap plié en cravate, dont le plein s'applique sur la face antérieure du membre, et dont les deux extrémités sont fixées sur les bords latéraux du lit. C'est de la même manière que l'on fixe le membre inférieur sur la pyramide de coussins qui forme le double plan incliné employé quelquefois pour le traitement des fractures de la cuisse (voy. Fraclures, Appareils à double plan incliné). Nous reviendrons d'ailleurs sur les moyens de fixité des appareils de fractures.

2° Lacs. — On donne le nom de lacs à un lien transformé en anneau; l'une de ses extrémités forme une boutonnière dans laquelle on fait passer l'autre extrémité du fil. Ce lacs prend aussi le nom de nœud coulant (fig. 38 et 39). On a encore appelé lacs tout lien destiné à embrasser un organe pour exercer sur lui une fraction plus ou moins forte : tels sont les lacs extensifs et contre-extensifs, employés quelquefois pour la réduction des fractures et si souvent pour celle des luxations.

Dès 1863, MM. Legros et Th. Anger eurent l'idée d'employer la traction exercée par le caoutchouc distendu, pour obtenir la réduction des luxations traumatiques. Toutefois, ce ne fut que plus tard (vers 1866) qu'ils mirent cette idée à exécution.

« Les lacs extenseurs et contre-extenseurs, disent ces auteurs, » sont disposés autour du membre luxé comme l'indiquent tous !) les traités de chirurgie; alors, au lieu de pratiquer l'extension

. avec des aides ou des moufles, on la pratique avec 5 ou 6 tubes „ de caolitchouc. Ces tubes sont distendus progressivement et n graduellement jusqu'à ce qu'on ait doublé leur ongueur ou ,, encore jusqu'à ce que la traction ait acquis une force égale a ,) 1 0 ou 1 5 kilogr. Celte distension obtenue, pour la ma-ntenir, » on fixe les tubes élastiques à un anneau scellé au mur ou a >) tout autre point immobile. L'appareil appliqué doit rester en » place 20 à 30 minutes. Ce laps de temps est ordinairement « suffisant pour que la contractililé musculaire soit épmsee, et » que les muscles soient relâchés... C'est le moment qu'il faut » choisir pour opérer la coaptation (1). »

Les tubes de caoutchouc, de longueur variable, employés jusqu'ici, ont ordinairement la grosseur du petit doigt. Exceptionnellement, on peut leur substituer une baude de caoutchouc analogue à celle que iAlaisoimeuve préconise pour la réduction des

hernies. . .

Les tractions élastiques, peu douloureuses, mais tatiganles, paralysent par leur action continue la contraction musculaire inconsciente et permettent de supprimer l'anesthésie, fait important en particulier daos les luxations de l'épaule. Enfin, elles substituent à des moyens violents un procédé de douceur, selon l'expression si heureuse de Malgaigne.

3° Nœuds. — Les liens et les lacs sont fixés au moyen de

l^iG. 30. — Nueud simple.

FiG. 3t.

• Nceud double.

nœuds. Les plus fréquemment employés sont : le nœud simple (lig. 30), le naud double (fig. 31), la siinple rosetle (fig. 32), le

(1) Archives gén. de méd., 1867.

^2 DES LlPHGEJj,

nœud simple et la simple rosette superposés (fig. 33), le nœud

FiG. 32. - Rosetle. FiG. 33. Nœud simple et roselle superposés.

Simple et la double rosette (fig. 34), le nœud du chirurgien (fig. 35),

Fig. 34. — Nœudsimple et double roselle. Fig. 35. — Nœud du chirurgien, le nœud d'emballeur (fig. 36), le nœud de tisserand (fig. 37),

Fig. 36, — Nœud d'emballeur. Fig. 37. — Nœud de tisserand.

constitue par une simple rosette faiio sur l'un des chefs du lieu

MÉDICAMENTS TuWUUES. 23 et dans l'anse duquel on passe l'autre chef; le nœud coulant simple

[ FiG. 38. — Nœud coulant simple. FiG. 39. — Nœud coulant double.

OU double (Bg. 38 et 39), le m'iuZ d'allonge (Ug. 40).

l'iG. -40. — Nœud d'allonge.

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