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DES TISANES

Laissez infuser pendant plusieurs heures et passez.

Un verre (150 grammes) représente le décocté de 8 grammes de salsepareille , de squine, et de gaïac , et l'infusé de 3 grammes de sassafras et de séné.

On peut sucrer cette tisane avec du sucre ou de la réglisse.

Décoction blanche.

Corne de cerf calcinée et porphyrisée. ..... 6 grammes

Gomme arabique 20

Sirop simple 60

Eau de fleurs d'oranger 15

Eau, quantité suffisante pour cinq verres de tisane. Mettez la corne de cerf, la gomme et Teau dans un poêlon , faites bouillir jusqu'à ce que la gomme soit dissoute, passez à travers une étamine, ajoutez le sirop, l'eau de fleurs d'oranger et de l'eau pour avoir 750 grammes, cinq verres de décocté.

On peut encore la préparer de la manière suivante : Mettez la corne de cerf et la gomme pulvérisée dans un mortier, mêlez exactement, versez le sirop et triturez; ajoutez l'eau de fleurs d'oranger et de l'eau chaude, laissez reposer un instant et décantez pour avoir 750 grammes de tisane.

Nous n'avons pas changé les proportions de la corne de cerf, parce qu'il y en a une petite partie qui reste dans le mortier ou sur l'étamine lorsqu'on décante le soluté ou bien lorsqu'on passe le décocté.

Quelques pharmacologistes recommandent de préparer cette décoction de la manière suivante , qui est l'ancienne formule.

Corne de cerf calcinée , 6 grammes

Mie de pain 18

Gomme arabique 6

Sucre 2i

Eau de fleur d'oranger 12

94 AKT DE FORMULER.

Mais nous n'hésitons pas à donner la préférence à la première formule, parce que cette décoction agit très bien, parce qu elle est toujours identique, et parce que la décoction blanche préparée avec la mie de pain varie suivant le temps qu'on emploie à faire le décocté de mie de pain, etc. Quelques pharmacologistes préfèrent la mie de pain a la gomme pour faire cette décoction, parce que la mie de pain peut, en raison de l'acide qu'elle contient, dissoudre un peu de phosphate de la corne cerf, mais nous ferons observer que la gomme a une propriété analogue , puisqu'elle est très acide.

Art. XXIX. — Des bomUons.

Les bouillons sont des médicaments hydroliques que l'on prépare en faisant bouillir , dans de l'eau , des substances animales auxquelles on ajoute quelquefois des végétaux , etc. Les bouillons ne sont pas exclusivement destinés à servir de tisane, car en raison des principes alimentaires qu'ils contiennent, ils forment la première nourriture des malades. La composition des bouillons est très compliquée. Ils peuvent tenir en dissolution la plus grande partie des principes solubles organiques et inorganiques de la chair des animaux ; une certaine quantité de gélatine et de chondrine qui se forment par l'altération de la fibre musculaire, de la matière organique des os et des cartilages, sous l'influence d'une ébullition prolongée; d'une matière organique qui prend naissance dans les mêmes conditions que la gélatine et qui comme elle se prend en gelée par le refroidissement , mais qui en diffère parce qu'elle ne constitue point une colle; de la matière grasse ; de la créatine ; des principes aromatiques ; et les principes solubles et aromatiques des végétaux, etc.

1° On peut résumer en peu de mots la préparation des bouillons, car il suffit de dire qu'il faut faire bouillir dans de l'eau, pendant un temps plus ou moins long, 6 à 8 heures, une certaine quantité de matière animale avec une petite quantité de sel marin (50 centigrammes par verre) ; d'enlever l'albumine qui se coagule et se présente à la surface du liquide , sous forme d'écume ; de mettre les légumes qui doivent aromatiser , modifier , par leurs principes sucrés et mucilagineux , la saveur des bouillons ou en augmenter les propriétés médicales ; d'ajouter un peu de caramel , pour que le bouillon soit plus agréable à l'œil ; enfin de le laisser refroidir pour séparer la matière grasse qui est tenue en suspension , ou bien de le verser, pendant qu'il est chaud , dans un entonnoir , de laisser la matière grasse se rassembler à la surface et de décanter.

2** On peut encore préparer avec beaucoup d'avantage les bouillons au bain-marie. Pour cela on divise la chair, on la place dans un bain-marie d'étain, on y ajoute la quantité d'eau prescrite, le sel marin, etc. , et l'on chauffe pendant six heures, on passe avec expression et Ton clarifie de suite avec du blanc d'œuf. La clarification du bouillon est très facile lorsqu'il est chaud : lorsqu'il est froid elle exige beaucoup plus de précaution.

Faites bouillir pendant quatre ou cinq heures, laissez refroidir et passez pour avoir cinq verres de bouillon. On peut le sucrer.

Un verre représente sensiblement les principes solubles de 20 grammes de rouelle de veau»

Bouillon de veau.

RoueUe de veau

Sel marin

Eau

100 grammes.

Bouillon de colimaçon.

Colimaçons de vigne privés de leurs intestins. 100 grammes.

Hachez les colimaçons et chauffez le tout dans un vase fermé au bain-marie, pendant six heures, passez et clarifiez avec un peu d'albumine. On peut sucrer ce bouillon.

Un verre représente les principes solubles de 20 grammes de colimaçons.

Il n'est pas toujours nécessaire de clarifier les bouillons.

On donne le nom à'émulsion à de l'eau qui tient en suspension , à la faveur d'une matière albuminoïde et d'une certaine quantité de matière gommeuse contenues dans les graines , une huile fixe , une résine , etc., également contenues dans les graines.

Les émulsions, qui se distinguent des autres préparations pharmaceutiques, parce qu elles ont une certaine ressemblance avec le lait des animaux, sont tantôt destinées à remplacer les tisanes, et tantôt destinées à servir de véhicule aux potions.

Les émulsions ne constituent pas seulement des médicaments internes , car Témulsion de moutarde est quelquefois employée à l'extérieur à cause de ses propriétés rubéfiantes.

On met au nombre des émulsions , des médicaments qui sont préparés, avec une huile fixe , une huile volatile, une résine, etc., séparées des végétaux, de l'eau et un mucilage de gomme arabique ou un jaune d'œuf. On peut dissoudre la résine, lorsqu'elle n'est pas employée en grande quantité, dans un peu d'huile , et émulsionner la solution

Sel marin Eau

Art. XXIXI. — Des émulsions.

DES ÉMULSIONS, 97

avec un mucilage; mais un jaune d'œuf est souvent préférable, parce qu'il a la propriété de dissoudre entièrement la résine ou d'en dissoudre une partie. Cependant, si la proportion de résine est considérable , il est bien plus avantageux de préférer le mucilage de gomme arabique, parce que la résine ou les acides qu'elle contient, modifient la matière albuminoïde du jaune d'œuf (la vitelline).

Les gommes résines , en raison de leur composition qui peut être représentée par un mélange ou par une combinaison de gomme et de résine, qui prend naissance pendant la vie des végétaux , peuvent former une émulsion, lorsqu'on les triture avec de l'eau. On peut cependant , si l'on veut, ajouter un peu de gomme; mais cette addition n'est pas toujours nécessaire, car avec quelques précautions que nous indiquerons en temps convenable , on peut se passer de toute addition.

Les émulsions ont été divisées en émulsions naturelles et émulsions artificielles. Les émulsions naturelles sont celles qui sont préparées avec les semences des végétaux. Les émulsions artificielles sont toujours préparées avec les huiles, les résines , etc., extraites des végétaux. Ces divisions, assez naturelles en apparence, ne peuvent cependant être maintenues qu'à la condition de placer au nombre des émulsions naturelles , les émulsions préparées avec les gommes résines, car ces corps contiennent tous les éléments nécessaires pour former une émulsion.

La préparation des émulsions sera parfaitement comprise lorsqu'on aura lu les deux formules suivantes.

Émulsion d'amande.

Amandes amères mondées 5 grammes.

Amandes douces id. (1) 45

(1) On peut, pour monder les amandes, les jeter dans l'eau bouil-

Sirop simple 100

Eau de fleur d'oranger 20

Eau, quantité suffisante pour obtenir 5 verres ou 750 grammes d'émulsion.

Un verre ( 150 grariimes ) représente l'émulsion de 1 gramme d'amandes amères, et de 9 grammes d'amandes douces, Il grammes d'eau de fleurs d'oranger et 20 grammes de sirop.

Mettez les amandes dans un mortier de marbre, écrasezles avec un pilon de bois, puis épistez~les en ajoutant un peu d'eau de temps en temps, jusqu'à ce que la consistance de la pâte ne laisse plus craindre la séparation de l'huile (un peu d'habitude fait facilement reconnaître cet état de la pâte et la quantité d'eau qu'il faut ajouter); alors, épistez fortement, jusqu'à ce que les am^andes soient bien broyées, ajoutez: de l'eau, délayez et passez à travers une étamine; pesez le sirop, l'eau de fleurs d'oranger et ajoutez l'émulsion.

On peut supprimer les amandes amères et employer 50 grammes d'amandes douces.

En remplaçant les amandes par du chènevis ou des noisettes on prépare des émulsions assez utiles.

Les pharmaciens ne sont point encore d'accord sur le procédé qu'il faut suivre pour faire une émulsion. Beaucoup ont blâmé Baumé de n'avoir employé qu'une petite quantité d'eau pour piler les amandes, et beaucoup ont proposé de faire sécher les amandes et de les piler avec du sucre, ou bien avec du sucre et de l'eau. Le but qu'on se propose

lante, les laisser ainsi jusqu'à ce que l'épisperme s'enlève facilement, et remplacer Teau chaude par de l'eau froide ; ou bien, verser de l'eau à 80 degrés sur les amandes et les laisser infuser jusqu'à ce que la pellicule s'enlève facilement ; ou mieux, faire macérer les amandes dans de l'eau froide jusqu'à ce qu'il soit possible de les monder. Les amandes doivent être essuyées dès qu'elles sont mondées, puis exposées à une douce température, jusqu'à ce qu'elles soient parfaitement sèches.

DES ÉMULSIONS. 99

d'atteindre, quand on veut faire une émulsion avec des amandes, étant, sans contredit, de broyer les amandes afin de pouvoir leur enlever tous leurs principes solubles , de manière que l'huile qu'elles contiennent soit parfaitement unie à ces principes , et que le liquide obtenu soit d'un blanc de lait très beau, nous ne voyons pas comment les pharmaciens peuvent appuyer les reproches qu'ils adressent à Baumé, car si nous cherchons à nous rendre compte de la valeur de leurs objections, nous sommes conduits aux conclusions suivantes.

La dessiccation des amandes est nécessaire, parce que les amandes nouvellement mondées sont flexibles et élastiques, et parce que beaucoup de fragments de ces amandes, en raison de cette élasticité , s'étendent et s'aplatissent sous le pilon.

L'addition du sucre n'a pour but que de faciliter le broiement des amandes et de faire entrer dans les émulsions , les loochs et le sirop , dans toutes les préparations où les émulsions sont prescrites , une plus grande quantité du parenchyme des amandes, puisque, quel que soit le poids du sucre employé, l'huile ne s'en sépare pas moins.

Le sucre et l'eau conviennent mieux que le sucre seul parce que le sucre facilite la division des amandes, et leau empêche l'huile de se séparer.

Ce n'est pas un avantage médical d'obtenir une émulsion d'amande très chargée de parenchyme, puisqu'elle doit être difficile à digérer.

L'eau seule est l'intermède le plus utile et le plus nécessaire pour obtenir une émulsion agréable et de bonne médication.

Le sucre n'est pas utile pour lier les matières émulsives, puisque l'eau sufttt.

Les amandes contiennent assez de synaptase pour que

100 ART DE FORMULEH.

leur huile soit parfaitement unie à l'eau employée pour constituer une émulsion.

Ce fait est certainement bien prouvé par la possibilité d'unir à l'émulsion une certaine quantité d'huile, sans se servir d'autre auxiliaire que des principes des amandes.

Et enfin, le procédé de Baumé, modifié par la dessiccation des amandes, est encore préférable a tous les procédés proposés.

Émulsîon d'huile d'amande.

Huile d'amande ^0 grammes.

Gomme arabique pulvérisée 20

Sirop de sucre

Eau de fleurs d'oranger 20

Eau, quantité suffisante pour obtenir 5 verres d'émulsion ou 750 gramm.

Un verre représente 10 grammes d'huile.

Faites un mucilage avec la gomme et un partie du sirop, versez l'huile peu à peu et ajoutez un peu de sirop ou d'eau, dès que le mélange augmente de consistance ; terminez en versant l'eau peu a peu.

On ajoute quelquefois aux émulsions des extraits, des sels, etc.

Les autres émulsions n'étant employées qu'en potions ou en lavements, nous n'en traiterons qu'en nous occupant de ces préparations.

Art. XXIV, — Des limonades.

Les limonades sont des médicaments peu sucrés et faiblement acidulés, destinés a remplacer le^ tisaneset à servir de boissons rafraîchissantes.

On distingue deux espèces de limonades : les limonades non gazeuses et les limonades gazeuses. Les limonades non gazeuses se subdivisent en limonades préparées à la tempé-

DES LÏMÔNÀBES, 101

rature ordinaire et limonades cuites. Les limonades gazeuses peuvent être également subdivisées en limonades médicamenteuses et limonades non médicamenteuses.

Les limonades non gazeuses sont extrêmement faciles à préparer, puisqu'il faut simplement dissoudre un acide dans de l'eau et la sutrer; ou bien dissoudre 60 ou 80 grammes d'un sirop acide quelconque dans de l'eau.

Pour obtenir les limonades vineuses, il faut remplacer 200 grammes d'eau par 200 grammes de vin blanc.

Pour préparer les limonades cuites, on fait bouillir les fruits acides dans de l'eau pendant une demi-heure , on passe, on sucre, etc. Lorsqu'on prépare une limonade avec le fruit des aurantiacées , on enlève l'écorce, on coupe le tissu utriculaire en quatre parties, on retire les semences, on ajoute un peu de zeste, et l'on fait bouillir le tout comme pour les limonades des autres fruits.

On préfère souvent les limonades cuites aux autres limonades, parce qu'elles contiennent une certaine quantité de matières mucilagineuses qui tempère l'acide des fruits; aussi on remplace quelquefois Feau qu'on emploie pour préparer les limonades avec les acides par un soluté de gomme arabique ou un décocté d'orge, etc.; mais il ne faut pas oublier que ces solutés ont la propriété de masquer et même de saturer une partie de l'acide employé.

Pour préparer les limonades gazeuses, on introduit dans un appareil à compression le sirop, l'eau, etc., on fait dissoudre dans ce liquide cinq fois son volume de gaz acide carbonique et l'on met en bouteille. On peut se contenter de verser le sirop dans les bouteilles et de remplir les bouteilles ^vec de l'eau gazeuse, etc.

Limonade d'acide citrique.

Acide citrique 1 gramm. 50 cent.

Sirop simple 60 ou 80

Alcoolé de citron (huile volatile) (1). 1 goutte.

Eau pour 5 verres de limonade.

Dissolvez l'acide avec un peu d^eau et mêlez. Cette limonade est tempérante, rafraîchissante; on l'emploie toutes les fois que la soif est vive.

Limonade sulfurîque (2).

Acide sulfurique pur à 66^ 1 gramme.

Sirop simple 60 ou 80

Alcoolé d'orange (huile volatile) 1 goutte.

Eau pour 5 verres de limonade.

Mêlez.

Cette limonade est tempérante, rafraîchissante et astringente; on l'emploie dans les coliques de plomb et les maladies de la peau.

Soluté acide pour remplacer les oranges lorsqu'on ne peut pas en avoir.

Acide citrique 8 grammes.

Gomme arabique pulvérisée 8

Sirop simple

Eau •••••

Alcoolé d'orange (huile volatile) .... 6 gouttes.

(1) On prépare les alcoolés d'huile volatile en mêlant

Huile volatile pure S parties.

Alcool absolu

(2) Oû peut employer avec avantage le mélange suivant :

Acide sulfurique à 66° 200 grammes.

Eau distillée 200

Mêlez, laissez refroidir et filtrez, si vous employez Tacide du commerce, pour séparer le sulfate de plomb qui se dépose. Il faut 2 grammes de cet acide pour cinq verres de limonade. On peut graduer, pour préparer facilement cette tisane , un tube eltile a la lampe, de manière que l'acide qui peut s'écouler d'un seul jet du tube pèse 2 grammes. Beaucoup de malades supportent très bien 3 grammes de cet acide ou i gramme 50 centigrammes d'acide sulfurique.

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